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Sommaire du PLM 220
| Plus de 60 propositions
pour l’emploi en montagne |
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Il y a un peu plus d’un an, en mars 2010,
Laurent Wauquiez, alors secrétaire d’Etat
chargé de l’Emploi, a confié à François
Vannson, député des Vosges, la présidence
d’une mission parlementaire sur le développement
des emplois dans les territoires
de montagne. L’objectif de cette mission était double: accroître la compétitivité des
zones de montagne en saison haute en
développant la formation des personnels
locaux d’une part, et d’autre part, pérenniser
les emplois en saison creuse.
Après la constitution d’un groupe de travail
et de nombreuses auditions auprès des
acteurs concernés, le rapport de la mission
devrait être remis à Xavier Bertrand, ministre
du Travail, de l’Emploi et de la Santé,
dans le courant du mois d’octobre. Bien que
le rapport soit encore provisoire, plus de
soixante propositions ont été identifiées.
Pour la Montagne fait le point sur la teneur
de celles-ci, dont l’approche très large pourrait
alimenter de nombreuses perspectives
d’évolution pour le développement de
l’emploi en montagne.
- Le rapport s’appuie sur l’audition de plus d’une centaine d’élus
et d’acteurs socio-économiques.
- Les propositions couvrent tous les aspects de l’emploi en montagne.
- Plusieurs propositions visent le soutien de l’activité économique
montagnarde comme moteur essentiel de l’emploi.
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| Un rapport foisonnant d’idées
pour relancer l’emploi montagnard |
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Les enjeux en termes de maintien et de
potentiel d’emplois liés, emplois directs
ou indirects, sont majeurs pour le développement
des territoires de montagne
sur le long terme. Le rapport Vannson
s’est donc donné pour objectif de proposer
des solutions qui permettraient de
garantir l’attractivité en montagne, en
plaçant les ressources humaines au
coeur de la stratégie de développement.
Le rapport part du préalable que « toutes
formes de stratégie de développement touristique
et économique qui pourraient être mises
en place pour asseoir et conforter une activité riche et diversifiée à l’année, doit avoir pour
corollaire des réponses adaptées en termes
de qualification des salariés, de sécurisation
des parcours, de fidélisation des ressources
humaines ».
Le rapport s’articule autour de trois questions:
-
Quelles sont les potentialités
de développement qui
pourraient rendre les territoires
de montagne attractifs
pour la clientèle touristique
et, en tant que territoire de
vie, garantir ainsi une activité économique forte et pérenne?
- Quels sont les moyens à mettre en oeuvre
pour sédentariser et fidéliser les ressources
humaines, à la fois en améliorant leur cadre
de vie et en sécurisant leurs emplois ?
- Comment créer un cadre national qui permet
de mettre en oeuvre le potentiel des territoires
de montagne?
Une soixantaine de propositions résultent de
ce long travail de réflexion et d’auditions. Elles
vont de la simple recommandation à la rédaction
de décrets, en passant par l’institution de
cadres nationaux, d’instances de concertation
et la mise en place d’expérimentations, de
groupes de travail et de lancement d’études.
Sont concernés des domaines aussi variés
que la promotion touristique, le calendrier
scolaire et les classes de découvertes, l’investissement
dans les remontées mécaniques, la
cohérence des massifs au niveau européen,
la qualification des travailleurs, mais aussi le
logement, les transports, la santé, etc.
Plusieurs de ces propositions insistent sur
l’utilité de disposer d’outils d’observation statistique
qui permettraient de mieux cerner les
réalités socio-économiques de la montagne.
L’ensemble constitue un corpus très riche qui
recense et pourrait servir de référence sur les évolutions qu’il serait souhaitable de mettre
en oeuvre pour alimenter une véritable stratégie
pour l’emploi en montagne.
Il faut maintenant attendre de savoir quelle
suite le ministre donnera à ces propositions.
Mais en tout état de cause, certaines ne pourront
pas voir le jour avant l’élection présidentielle. |
| Repères: UNE PRÉOCCUPATION QUI N’A RIEN DE RÉCENT |
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La question de l’emploi en montagne
n’est pas nouvelle. De nombreux
travaux ont été réalisés ces
dernières années aussi bien sur
le développement économique et
touristique des territoires de
montagne, que sur l’emploi des
saisonniers et des pluriactifs.
De même, le Conseil national
de la montagne (CNM) et la Direction
générale de la compétitivité,
de l’industrie et des services (DGCIS)
ont mené différents travaux et
groupes de travail sur la question.
On rappellera parmi ceux-ci:
- -
« Attractivité des stations de sports d’hiver: reconquête des clientèles
et compétitivité internationale »,
Vincent Rolland, 2006.
- -
« Guide de l’environnement social
des saisonniers et des pluriactifs en
stations de montagne », ANEM, 2006.
- -
« Le Logement des travailleurs
saisonniers du tourisme », Lilian Halls French et Alain Simon, 2003.
- -
« Propositions pour l’amélioration
de la situation sociale et
professionnelle des travailleurs
saisonniers du tourisme »,
Anicet Lepors, 1999.
- -
« Droit à la pluriactivité »,
Hervé Gaymard, 1994.
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QUESTIONS À FRANÇOIS VANNSON,
député des Vosges |
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PLM: Parmi la soixantaine de propositions du
rapport, quelles sont celles qui vous paraissent
les plus essentielles?
François Vannson: Le choix que j’ai fait d’élargir
la mission à l’ensemble des problématiques
ayant un impact sur l’emploi en montagne m’a
conduit à faire des propositions concernant des
domaines très variés. Il est donc véritablement
difficile de hiérarchiser les propositions les
unes par rapport aux autres.
Néanmoins, je considère que les préconisations
les plus importantes sont notamment celles
qui sont regroupées dans la dernière partie du
rapport et qui fournissent des pistes sur les
outils et les dispositifs à mettre en place au
niveau national pour que l’ensemble des
préconisations du rapport soient suivies d’une
mise en oeuvre opérationnelle.
Il s’agit par exemple de la mise en place d’un
réseau national des pluriactifs et des employeurs
PLM: Quel avenir voyez-vous pour les
propositions de votre rapport?
F.V.: Nous travaillons beaucoup avec la DATAR (1),
la DGCIS (2) et le CNM (3) et nous comptons énormément sur les services de l’Etat
pour qu’une mise en oeuvre immédiate de
ces propositions soit possible.
L’objectif est notamment de faire en sorte
que les bonnes pratiques constatées puissent être
partagées et reproduites ailleurs. Mais au-delà du cadre national, la mise en oeuvre de certaines
propositions relève de la concertation locale.
Aux acteurs locaux, les comités de massifs entre
autres, de se saisir de celles-ci.
En termes de calendrier, le contexte de l’élection
présidentielle ne devrait pas tellement
impacter le devenir du rapport dans la mesure où l’ensemble des acteurs du secteur, quelle
que soit leur tendance politique, ont été associés à sa rédaction, ce qui en fait un rapport
très consensuel. Il est donc de l’intérêt de tous
que ces propositions soient suivies d’effet.
Bien entendu, je resterai très mobilisé sur ces
sujets après la remise du rapport afin
notamment de veiller à la mise en oeuvre
effective des propositions formulées. Ce rapport
n’a pas vocation à rester dans un tiroir!
(1) Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire
et à l’attractivité régionale.
(2) Direction générale de la compétitivité, de l’industrie
et des services.
(3) Conseil national de la montagne |
| Créer des outils adaptés à la réalité montagnarde |
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En toute logique, le rapport souligne que
pour remédier aux difficultés spécifiques
du marché de l’emploi en montagne, il
est d’abord nécessaire de remédierà l’insuffisance de moyens d’observation
et d’information à son sujet.
Contrairement à son objectif initial, la mission
menée par le député François Vannson
s’est intéressée de près à de multiples aspects
concrets et quotidiens de la gestion des territoires
montagnards et de la gouvernance à mettre en oeuvre pour tenir compte des spécificités
de ces territoires et pour renforcer
leur attractivité.
Le rapport sur l’emploi en montagne, à l’instar
de la plupart des observateurs du développement
des territoires de montagne, a en
effet constaté l’absence d’outils adaptés à différents
niveaux d’interventions, qui permettent
d’appréhender la réalité montagnarde.
Plusieurs des propositions du
rapport vont donc dans le sens
de la mise en place de structures
nationales qui auraient
pour objectif d’apporter une
meilleure connaissance des
spécificités de l’emploi en territoire
de montagne et aussi
d’impulser, d’harmoniser et de
soutenir les dispositifs mis en
oeuvre au niveau local.
Sur la problématique de la saisonnalité et de la pluriactivité par exemple,
plusieurs constats ont été faits. D’une part, il
n’existe pas d’indicateurs de mesure de la saisonnalité ni d’« observatoire » de la saisonnalité au niveau national, alors que cela permettrait
de mieux appréhender le phénomène
et d’en tenir compte dans la définition des
politiques de l’emploi.
D’autre part, s’il existe des lieux d’accueil des
saisonniers et pluriactifs au niveau local, les
modalités de fonctionnement, de gouvernance,
de financement et les missions de ces
structures varient fortement en fonction des
territoires, ce qui ne permet pas toujours aux
pluriactifs et aux employeurs de s’y retrouver.
Le rapport de François Vannson propose donc de mettre en place des outils
et une coordination à l’échelle
nationale à travers notamment:
-
La création d’un portail d’entrée
de la saisonnalité. Cette
proposition consiste à créer un
portail Internet unique où chacun
pourrait trouver des informations
pratiques sur les lieux
d’accueil, les démarches de
recherche d’emploi ou d’accès
au logement, les offres d’emploi
et de formation et le calendrier des saisons
(proposition n° 66)(1).
- La structuration en réseaux des lieux daccueil
des saisonniers, pluriactifs et employeurs
(proposition n° 67).
- La création d’un « Comité de coordination
interministériel sur la saisonnalité et la pluriactivité en territoires de montagne » qui permettrait
d’impulser et de suivre des axes de
travail opérationnel afin d’améliorer l’emploi
dans les territoires de montagne et de « chapeauter» les instances de concertation locale
(propositions n° 68 et 69).
(1) La numérotation est celle de la version provisoire du rapport |
TRIBUNE LIBRE À ROBERT DE CAUMONT,
ancien président de l’Association des lieux d’accueil des travailleurs saisonniers (ALATRAS). |
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« Les mesures proposées par François Vannson ne coûtent pas cher
et peuvent rapporter gros. »
« Investi par le ministre du Travail d’une
mission sur “le développement des emplois
dans les territoires de montagne”,
le député des Vosges vient d’accomplir
un travail considérable de collecte
d’expériences auprès des acteurs de tous les
massifs. Ses propositions confirment et
renforcent les termes essentiels des rapports
antérieurs et des suggestions des
12e Rencontres nationales sur la pluriactivité et la saisonnalité, qui se sont tenues en
mai aux Menuires: diversification des activités,
gestion des complémentarités saisonnières,
adaptation des formations, sécurisation
des parcours professionnels. Pour affronter la compétition internationale,
François Vannson rappelle que la qualité de l’accueil touristique passe par la qualification,
les droits sociaux, le logement décent,
la santé, les transports, bref, l’amélioration
de la vie quotidienne des saisonniers.
Et comme les temps sont durs, entre la crise
et le bilan des vingt-cinq ans de la loi
montagne, le rapport a le mérite de proposer
des mesures qui ne coûtent pas cher
et peuvent rapporter gros: l’amélioration
de l’outil statistique, l’intensification
de l’information (Guide des saisonniers)
et de la formation biqualifiante, le renforcement
des lieux d’accueil et de leur réseau, la mise en place d’un outil de coordination
interministérielle.
Je regrette toutefois qu’en ce qui concerne
le principe de reconduction automatique
du contrat de travail saisonnier on ait préféré l’incitation à la modification de l’article L.1244-2
du code du travail. Selon moi, une solution à court terme consisterait par exemple à saisir
une opportunité conjoncturelle, comme
le maintien de la TVA à 5,5% dans l’hôtellerie restauration
et le “soulagement” de ce secteur, pour introduire dans le code
du travail l’alternative entre la prime de précarité et la reconduction du contrat de travail
pour la saison suivante.» |
| Les élus de l’ANEM très investis |
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Conscients depuis des années des enjeux liés
au développement de l’emploi en zone de
montagne, les élus de la montagne ont pris
une part active dans plusieurs débats et
groupes de travail sur les différentes thématiques
mises en évidence dans le rapport du
député des Vosges.
Sur la condition des saisonniers et pluriactifs
l’Association a notamment publié, en avril
2006, un guide méthodologique intitulé « Environnement social des saisonniers et des
pluriactifs en station de montagne: réalités et
perspectives ». Cette étude a tracé des pistes
d’améliorations à apporter aux dispositifs
législatifs et réglementaires en vigueur, en
invitant les professionnels du secteur à faire évoluer les pratiques. La plupart de ces propositions
sont toujours d’actualité, même si
certaines avancées ont été obtenues.
L’ANEM participe également à différents
groupes de travail, notamment sur la réhabilitation
de l’hébergement touristique, sur la
question du vieillissement des installations de
remontées mécaniques, le financement des
investissements, sur l’école en zone de montagne,
etc. L’Association restera donc très
attentive au devenir des propositions contenues
dans le rapport |
| LE BILAN DE LA LOI MONTAGNE EN PORTE-À-FAUX |
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Alors que le député des Vosges, François
Vannson, conduisait les
auditions et rédigeait
son rapport, cinq
inspecteurs généraux
ont remis au Premier
ministre un rapport
relatif aux vingt-cinq
ans de la loi Montagne
dans la perspective
d’une mise à jour de la
loi de 1985. On notera
que tout au long du
rapport ils déplorent,
comme le député, le
manque de chiffres et
de données statistiques
pour appréhender la
réalité montagnarde.
Leurs conclusions
mettent en évidence
des évolutions
significatives, bien que, selon eux, pas toujours
imputables à la loi
Montagne et estiment
que cette loi, qui
consacre la spécificité de ces territoires en
raison de leurs
handicaps naturels,
a perdu de son intérêt
et plaident plutôt
pour une politique
de massif menée
au niveau régional.
La redéfinition de la
politique de la
montagne, qui pourrait
intervenir suite à ces
conclusions, aura un
impact non négligeable
sur l’intérêt accordé aux propositions
faites pour l’emploi
en montagne par
le député des Vosges. |
| PLUSIEURS POSSIBILITÉS
POUR REBONDIR |
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Les Assises de la
saisonnalité, le
11 octobre à Albertville
(Savoie), ainsi que les
Rencontres nationales
de la montagne
prévues le 3 novembre à Paris, feront sans
doute le point sur les
propositions pour
l’emploi en montagne.
Il serait souhaitable
que le prochain CNM
puisse l’évoquer.
On peut présumer que le rapport du député François Vannson
sera décrypté et remis
en question durant
le Festival des métiers
de montagne qui
se tiendra du 15 au
18 novembre 2012 à Chambéry.
L’élection présidentielle
passée, nous devrions
connaître les suites que
le gouvernement
en place aura décidé de donner au rapport. |
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