«Pas de montagne sans école»
«Alors que les travaux sur la carte scolaire de la prochaine rentrée se poursuivent au sein des académies, nous sommes souvent alertés par des élus désemparés à qui on a annoncé la fermeture de l'école de leur commune. Le scénario serait classique à cette époque de l'année, n'était-ce le nombre anormalement élevé de ces alertes qui tiennent autant à la décision globale de ne pas renouveler un fonctionnaire sur deux, qu'aux retraits d'autres services publics sur le territoire déjà éprou- vés au titre de la révision générale des politiques publiques (RGPP).
Le Centre d'analyse stratégique, sous l'autorité du Premier ministre, a rendu récemment un rapport qui contredit ces choix en rappelant que le taux de réussite et le taux d'encadrement sont nécessairement liés alors qu'ils ne cessent de se dégrader.
Cette logique purement comptable est d'autant plus injuste qu'elle ne tient aucunement compte des besoins spécifiques de certains territoires, notamment de montagne, ou encore de quartiers sensibles où se concentrent les difficultés sociales.
Que l'on puisse nous opposer, au nom du "discernement", un taux d'encadrement plus favorable en montagne qu'ailleurs pour justifier ces fermetures n'est pas recevable dans la mesure où ce traitement différencié est légitime et qu'il a été politiquement choisi.
Si l'ampleur de ces fermetures devait se confirmer, cela installerait une situation éminemment critique qui risque de devenir irréversible, et pas seulement pour la montagne qui, en la matière, sert de révélateur. La priorité en faveur de l'éducation, tout comme celle en faveur de l'amé- nagement du territoire, doit rester intransigeante, car il n'en va pas moins que de l'avenir de notre culture et de notre identité. Comment pourrions- nous y renoncer ?»
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