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Vincent, tiens la flamme droite!
« Ce 22 octobre à Pontarlier, en quittant la présidence de l’ANEM pour la céder en confiance à Vincent Descoeur, je refermerai une tranche de vie qui n’aura été exceptionnelle que pour moi, avec, comme unique fierté, celle d’avoir gardé la flamme droite comme au premier jour. En troussant cet édito, le dernier d’une série commencée en octobre 2006 dans mes montagnes ariégeoises, je mesure combien l’institution est plus forte que les hommes et aussi que les femmes, puisqu’elles grimpent désormais aux cimaises de nos territoires sacrés. La force de l’ANEM, la voilà ! On milite, on soutient, on arrive, on combat et on s’écarte. Génial est le type qui a inventé cette gouvernance en alternance et il faut y être passé pour comprendre qu’il y a là tout pour honorer la fonction politique, la dépersonnaliser en ces temps atrocement voués aux mangeurs de caméras et avaleurs de micros, la sublimer pour une cause juste et collective, très peu partagée d’ailleurs par une pensée politique à dominante urbaine. Les têtesde- colin-froid-mayonnaise qui ne rêvent que réorganisation - concentration - disparition, vous diront qu’une telle association pour représenter et défendre des territoires excentrés et dépeuplés fait dépassé, décalé, désuet et peut-être même dérisoire. Pour ma part, je continue à déplorer qu’en dépit de leur goût prononcé, en vacances ou en week-ends, pour les vertus bienfaisantes de la vie, de la nature et de la liberté, ces oracles n’aient pas encore compris que l’avenir de notre société ne passait pas par la prédiction jubilatoire de l’un d’eux, déclarant récemment que dans vingt ans 92 % des Français vivraient dans 35 métropoles. Et voilà pourquoi la réforme des territoires est une monstruosité, et voilà pourquoi l’ANEM existe, et voilà pourquoi l’ANEM est grande. Vincent, tiens bon la flamme droite !»
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