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Reconnus comme nuisibles,
les campagnols terrestres
ravagent les prairies des
zones de moyenne montagne
(Cantal, Haute-Loire,
Jura…) de façon cyclique,
pareillement aux criquets
pèlerins.
Leur capacité de nuisance est liée à une reproduction
surprenante: un seul couple peut être à l’origine de 100 à 200 campagnols en
quelques mois seulement. Et lorsque l’on sait
qu’un seul campagnol entraîne une perte allant
de 6 à 10 kg de foin par an, provoquant un
manque à gagner pouvant atteindre 10000à 25000 euros par exploitation – ce qui représente
plus de la moitié du fourrage autoproduit –, il y a lieu de prendre des dispositions.
Ce fléau récurrent se manifeste selon un cycle
moyen de trois années, et les moyens d’éradiquer
efficacement ces invasions ont leurs
limites. En effet, seuls sont efficaces l’empoisonnement
de ces animaux par un anticoagulant
(bromadiolone), désormais interdit, ou
bien la destruction de leur réseau de galeries
souterraines très dense. Mais le retournement
des prairies permanentes n’est en principe pas
autorisé par la réglementation communautaire,
qui en fait une condition suspensive du versement
de la prime à l’herbe…
Pour cette raison, les parlementaires de montagne,
lors du débat à l’Assemblée sur le projet
de loi de modernisation de l’agriculture et de la
pêche, ont voulu faire couvrir les dommages
provoqués par les campagnols terrestres par le
nouveau fonds de gestion des risques en agriculture,
qui remplacerait le fonds national de
garantie des calamités agricoles. Ils l’ont
défendu tant en commission qu’en séance, afin
d’insister sur le péril encouru par les exploitations.
Le ministre Bruno Le Maire a d’abord fait
valoir (en commission) que couvrir ce type de
dégâts serait trop onéreux, puis il s’est ralliéà l’idée de confier le sujet au Conseil général de
l’alimentation, de l’agriculture et des espaces
ruraux, qui pourrait proposer des solutions réalistes
et satisfaisantes. A suivre… |