Le projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche est un rendez- vous important pour consolider l’avenir de l’agriculture de montagne. Néanmoins, le texte ne comportant pas de dispositions particulières, élus et représentants agricoles ont identifié une douzaine de points sur lesquels des amendements pourraient apporter de substantiels progrès à l’exercice de l’agriculture dans ces territoires. Revue de détail.
Sans avoir épuisé à ce stade toutes les possibilités d’amendement en faveur de l’agriculture de montagne, la liste qui suit résume à grands traits les domaines dans lesquels une spécificité montagne pourrait être prise en compte dans la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche.
Lier produit et territoire
L’affirmation de ce lien au nombre des objectifs de la politique de l’alimentation conduirait à développer les filières courtes et à une incitation au rapprochement géographique entre producteurs et transformateurs, propice notamment à l’obtention de la dénomination « montagne ».
Adapter les outils généraux aux particularités de la montagne
Le rappel de ce principe, issu de l’article 8 de la loi Montagne, tend à conforter la pérennisation d’une politique spécifique consacrée à l’agriculture de montagne.
Insérer un volet montagne dans les plans régionaux
L’objectif est d’obtenir que le plan régional détaille les actions spécifiques ou complémentaires que l’Etat mènera dans chaque région pour l’agriculture de montagne. Il devrait pour cela tenir compte des orientations fixées en ce domaine par le schéma interrégional demassif, et indiquer celles qui ont vocation à être contractualisées dans le cadre des conventions interrégionales de massif.
Il pourrait être soumis pour avis à la Commission permanente des comités de massif ainsi qu’aux chambres d’agriculture, tant régionales que départementales.
Promouvoir l’indication de provenance montagne au niveau européen
Il s’agit de réaffirmer avec plus de clarté que l’indication de provenance montagne correspond à un véritable signe de qualité, en obtenant sa reconnaissance au niveau communautaire.
Assortir la contractualisation de garanties pour les producteurs de montagne
Porter à trois années, au lieu d’une seule, la durée des contrats entre producteurs et acheteurs, et les rendre obligatoires pour les grandes productions structurantes (celles couvertes par un accord professionnel élargi) permettra de sécuriser les plus petites exploitations.
Permettre aux collectivités d’arbitrer en faveur des territoires
Sans que cela soit systématique, les collectivités départementales et/ou régionales doivent pouvoir s’intéresser aux contractualisations de filières pour y faire respecter leurs stratégies locales (approvisionnement bio pour la restauration scolaire, par exemple…).
Etendre la couverture du risque agricole aux « ravageurs »
Le fonds national de gestion des risques en agriculture pourrait ainsi couvrir, lorsqu’ils atteignent des dimensions exceptionnelles, les ravages provoqués notamment par les campagnols ou les sangliers…
Laisser la maîtrise du foncier en montagne aux montagnards
Pour cela, pourrait être prévue une composition appropriée de la commission départementale sur le foncier, dès lors que le changement d’affectation de terres agricoles situées en montagne serait en jeu.
Relancer la gestion des biens sectionnaux
Il s’agit de permettre aux collectivités locales d’ester en justice en l’absence de section syndicale constituée, afin de maintenir la dimension d’usage collectif de ces espaces.
Inciter à l’exploitation des forêts de montagne
Les incitations porteraient sur la mise en place d’équipements de débardage par câble et sur la réduction des coûts d’exploitation sur les prix « rendus bord de route ».
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