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La montagne oubliée
«L’ANEM, même gérée vertueusement par le parti de la montagne, n’est pas pour autant un bataillon d’alignés. Ainsi, sur la réforme des collectivités territoriales qui fait l’objet d’un dossier dans ce PLM, je ne peux passer sous silence les conséquences prévisibles pour la montagne de notre pays. Je le fais en responsabilité, en conscience, de manière résolue, non polémique et encore moins politique.
La création de conseillers territoriaux, venus de nulle part et se dirigeant vers nulle part, ne me semble pas être la bonne solution pour améliorer le fonctionnement de nos institutions qui en ont pourtant bien besoin. Mais regrouper les mandats de conseillers régionaux et généraux, pour fusionner régions et départements, présente à mon sens autant de cohérence que marier un rhinocéros avec une lampe à souder. Il existe d’autres pistes pour rationaliser.
Qui peut contester par exemple les chevauchements et les hiatus entre des cantons vieux de plus de deux cents ans et des communautés de communes, territoires de pertinence choisis récemment par des élus de terrain afin de trouver des solutions en matière de cumul de mandats et de strates à comprimer? Ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres d’une réforme fléchée dès son origine et qui, au niveau de la représentativité et de la proximité, va nuire gravement à nos territoires excentrés, peu peuplés et déjà en difficulté.
Mais, petites causes, grands effets, cette réforme peut aussi mettre en péril l’existence même de l’ANEM, et ce risque ne fait que décupler nos énergies pour que, demain, la représentation des territoires de montagne ne soit pas condamnée au silence. Bientôt, je ne serai plus président de l’ANEM mais je compterai les points.»
Henri Nayrou , président de l’ANEM Député de l'Ariège |
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