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Agriculture

Sommaire du PLM 204
Dossier "Agriculture"


Salon de l'agriculture : le Cantal s'affiche

La race Salers, typiquement cantalienne, était à l’honneur du 47e Salon international de l’agriculture puisqu’il avait pour mascotte la vache Aïda qui en illustrait les affiches. Au-delà de ce symbole, c’est toute l’agriculture du Cantal qui s’est mise en vitrine sur un stand de 250 m² pour la cinquième année consécutive au service d’une véritable stratégie marketing.
Au travers de l’excellence de ses productions, elle vise à combler son déficit de notoriété et à promouvoir l’attractivité de son territoire, à la fois comme destination touristique et terre d’accueil. Le pari semble sur le point d’être gagné puisque selon l’observatoire Spot Auvergne, la destination Cantal a enregistré d’avril à septembre 2009, par rapport à 2008, une hausse entre 5 et 6 % du nombre de nuitées pour une moyenne nationale de seulement 1 %. Comme le résume Vincent Descoeur, président du conseil général, qui s’inscrit dans cette dynamique, « il faut afficher la fierté des Cantaliens, et convaincre que la ruralité a quelque chose de moderne à proposer».


Un bilan mitigé

La 47e édition du Salon international de l’agriculture, qui a fermé ses portes le 7 mars, n’aura finalement pas atteint l’objectif des 700000 visiteurs que s’étaient fixé ses organisateurs. Avec 650000 entrées seulement, la fréquentation du salon a enregistré un recul sensible au regard des 670000 atteintes l’an dernier.
Ce chiffre s’expliquerait par la conjonction de deux événements supposés dissuasifs: la tempête Xynthia, d’une part, qui a immobilisé les visiteurs potentiels des régions touchées, et les risques de perturbations liés aux suites de la crise laitière. Deux manifestations de producteurs ont effectivement eu lieu au cours de la semaine, dont celle organisée par l’Association des producteurs de lait indépendants (APLI) qui a mobilisé près de 2 000 professionnels.


L’électricité solaire d’origine agricole reste au même tarif

Malgré la baisse de 30 % des tarifs de rachat de l’énergie photovoltaïque, intervenue en janvier, pour juguler la spéculation, les agriculteurs ayant construit des hangars équipés de panneaux solaires pourront, sous conditions, continuer à bénéficier de l’ancien tarif.

L’arrêté du 10 juillet 2006 (1) qui fixait les tarifs d’achat de l’électricité solaire aux producteurs indépendants prévoyait un prix de 60 centimes/kWh pour les panneaux installés sur des bâtiments, contre 32,8 centimes pour des panneaux àmême le sol. Cette distinction a suscité le développement de sociétés qui proposent la construction pratiquement gratuite de hangars agricoles équipés de panneaux solaires, leur rémunération provenant des revenus tirés de la vente de l’électricité.
Ces derniers mois, le ministère de l’Ecologie, de l’Energie et du Développement durable s’est inquiété de la bulle spéculative ainsi créée. Celle-ci, en atteignant plusieurs dizaines de milliards d’euros d’engagement financier, aurait pu conduire inéluctablement à une augmentation de près de 10 % du prix de l’électricité. Pour l’éviter, tous les dossiers déposés entre le 1er novembre 2009 et le 11 janvier 2010 (soit 23400 demandes) ont été refusés en attendant qu’un nouvel arrêté en date du 12 janvier (2) fixe les nouveaux prix d’achat (42 centimes au lieu de 60) et les conditions d’éligibilité.
La publication de ce nouveau barème a provoqué un vif émoi, car près de 15000 demandeurs pour de petites installations, dont de nombreux agriculteurs, se sont retrouvés évincés du système. Aussi, le ministre Jean-Louis Borloo a-t-il annoncé le 17 février que les projets d’une puissance de moins de 36 kilowatts-crête (kWc), c’est-à-dire d’une superficie inférieure à 360 m2 de panneaux solaires, continueront à bénéficier du tarif de 60 centimes. En outre, pour les installations comprises entre 36 et 250 kWc, les agriculteurs pourront également bénéficier, sous conditions, de ce même tarif. Parmi celles-ci figurent l’obligation d’être intégrées à un bâtiment agricole, celle de faire l’objet d’une déclaration préalable ou d’une demande de permis de construire avant le 11 janvier 2010, l’attestation du préfet certifiant qu’au 11 janvier 2010 le producteur est l’exploitant agricole et propriétaire du bâtiment (ou qu’il en dispose dans le cadre d’un bail rural) et que celui-ci est nécessaire au maintien et au développement de l’exploitation agricole.
Ces modalités ont été officialisées par deux nouveaux arrêtés modificatifs datés du 16 mars 2010 (3). Entre-temps, en réponse à une question orale sans débat le 25 février à l’Assemblée, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a confirmé que de nombreux projets portés par les agriculteurs méritaient « une forme de commission de recours ». Elle a donc annoncé la mise en place d’un groupe de travail spécifique qui réexaminera les dossiers recalés.


Repères : Le solaire, une énergie qui a de l'avenir

Les prévisions annoncent une hausse inévitable du prix de l’électricité produite à partir d’énergies fossiles (charbon, gaz) ou nucléaire, du fait de la conjonction d’une demande énergétique toujours croissante et de nouveaux surcoûts importants tels que la taxation carbone (inéluctable selon certains) ou l’alourdissement des exigences de sûreté et de retraitement nucléaire. Parallèlement, le coût de production de l’énergie photovoltaïque devrait baisser, grâce aux progrès techniques et aux gains réalisés avec le développement de sa production.
La technique photovoltaïque présente des possibilités de réduction de coûts beaucoup plus grandes que toutes les autres. De plus, il faut tenir compte des économies sur le réseau électrique qui pourraient être permises par une installation décentralisée. Ces facteurs donnent une chance à cette technique et expliquent qu’elle bénéficie d’incitations gouvernementales qui lui permettent de se développer en dépit de coûts plus importants que toutes les autres, développement qui est d’ailleurs une des conditions à la baisse des prix.


Agro-Environnement : L'agriculture reprend la main

Le président de la République l’a annoncé au cours d’une table ronde au Salon de l’agriculture: « Il faut que nous changions notre méthode de mise en oeuvre des mesures environnementales en agriculture. » Les ministres en charge respectivement de l’Ecologie et de l’Agriculture, Jean-Louis Borloo et Bruno Le Maire, ont ainsi reçu pour instructions de réunir rapidement un groupe de travail pour établir une nouvelle méthode d’analyse qui s’appuiera à la fois sur l’analyse comparée (évaluer notre efficience dans un domaine donné au regard des autres Etats membres), sur la prise en compte de l’impact économique et social et le chiffrage des bénéfices attendus de chaque mesure. Une façon d’annoncer bien en amont la ligne de défense de la France en matière de développement rural dans la PAC de l’après-2013, qu’elle souhaite au service de la redynamisation rurale et pas seulement à celui de la préservation environnementale… A suivre, donc.


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