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Alors que le protocole de gestion du loup pour la saison 2010-2011 s’apprête à se mettre en place et que le prédateur progresse sur le massif alpin, le procès d’un chasseur, à Gap, poursuivi pour avoir abattu un loup au cours d’une partie de chasse autorisée, a suscité le 18 février une manifestation de plus d’un millier d’éleveurs.
Entre 12000 et 15000 manifestants, principalement des éleveurs mais aussi des élus, ont défilé dans les rues de Gap le 18 février pour manifester. Ils voulaient apporter leur soutien au chasseur qui a abattu accidentellement le 7 décembre 2009 un loup de deux coups de feu: le premier pour se défendre, le second, selon ses dires, pour abréger les souffrances de l’animal.
Chasseur aguerri, l’inculpé est militaire de carrière et non éleveur. Le parquet a requis contre lui 4500 euros d’amende et le retrait de son permis de chasser.
La mobilisation lors de cette manifestation, suffisamment importante pour être relayée dans les médias nationaux, vient confirmer l’étendue et la permanence d’une exaspération qui semble suivre la progression de l’installation du loup sur le territoire.
Le bilan de la saison écoulée établit en effet une « accoutumance » aux prédations qui ont décimé, en 2009, 3133 moutons en quelque 906 attaques. Ces chiffres sont d’autant plus marquants que les moyens de protection des troupeaux qui sont déployés sont globalement « efficaces », mis à part les procédures de retrait avec tir létal qui n’ont jusqu’ici pas permis les régulations escomptées.
De ce fait, l’expansion du loup ne semble pas connaître de limite territoriale et son implantation permanente sur certains territoires ne va pas sans heurts. Il en est ainsi dans la Drôme, département où l’activité pastorale est particulièrement vulnérable, où ont eu lieu l’an dernier 72 attaques faisant 218 victimes. Désabusés, plusieurs éleveurs ont annoncé, au cours d’une réunion technique de présentation des nouvelles mesures de prévention, qu’ils fermeraient les sentiers de randonnée afin de ne pas exposer les promeneurs au danger éventuel des chiens de protection. |