|
Sommaire du PLM 203
Dossier "Urbanisme"
| L’objectif de mixité sociale clairement confirmé |
|
 |
Alors que la loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains (loi
SRU) s’achemine sur ses dix ans, une question
orale sans débat au Sénat le 27 janvier a permis
au secrétaire d’Etat au Logement, Benoist
Apparu, d’apporter des précisions intéressantes
sur l’application dans les petites communes de
l’obligation de mixité sociale. |
 |
LAu travers de sa question, le sénateur du Val-de-Marne, Christian Cambon, a fait valoir la
situation subie par les communes qui ne disposent
pas des emprises foncières nécessaires.
Dans sa réponse lue par le secrétaire d’Etat aux
Transports, le secrétaire d’Etat au Logement et à l’Urbanisme, Benoist Apparu, a clairement
confirmé que le gouvernement resterait désormais
inflexible sur l’application de cette règle. Il
met ainsi un terme aux velléités d’aménagement
du dispositif manifestées en 2009 lors de la discussion du projet de loi de mobilisation
pour le logement et la lutte contre l’exclusion.
Il apparaît donc impossible que des situations
spécifiques puissent à nouveau faire l’objet
d’examen compréhensif, comme ce fut le cas
pour la commune de Vincennes, dans le Val-de-Marne, dont l’objectif triennal de logements
sociaux à construire a été diminué de 20 % pour la période 2008-2010 afin que
soient prises en compte ses particularités…
Dans le même temps, Benoist Apparu a
exprimé le souhait que l’Etat « soit également
un partenaire et un facilitateur, afin d’aider les
collectivités locales à mettre en place une
réelle mixité sociale », et pour cela qu’il « joue
intelligemment entre les dispositifs existants,
les mesures souhaitables et celles qui sont
effectivement réalisables, le droit existant et
l’ensemble des subtilités juridiques ». |
| Le non-respect de la loi peut coûter très cher |
|
 |
L’exemple de sa commune de d’Ormesson-sur-Marne,
cité par le sénateur Christian Cambon, montre le
poids que peut représenter sur les finances d’une
commune la contribution imposée par la loi en cas
de non-respect des 20 % de logements sociaux.
D’une population de 9800 habitants, cette commune, à dominante pavillonnaire, de ce fait ne possède
pas de terrains constructibles. Par ailleurs, les logements
sociaux dont elle disposait ont tous été vendus à leurs
occupants et ne sont donc pas pris en compte pour
le quota des 20 %. La commune – qui compte
aujourd’hui 0,8 % de logements sociaux et a réalisé 11 % de son obligation triennale sur la période
2005-2007 – a donc fait l’objet d’un prélèvement
annuel de 95000 euros, porté à 180000 euros depuis
le 1er janvier 2009. Deux nouveaux programmes
de logements sociaux ayant été lancés, la subvention
municipale a bien été déduite, mais cette prise en
compte n’intervient qu’avec un décalage de deux ans. |
| Un programme de rattrapage jusqu'en 2020 |
|
 |
Un programme de rattrapage de construction de logements
sociaux a été spécialement conçu pour les communes
n’atteignant pas les 20 %. Celui-ci est défini par périodes
triennales (actuellement 2008-2010) et vise la résorption du
déficit de logements sociaux à l’échéance 2020. Pour chacune
de ces périodes, la commune participante souscrit à un
contrat de mixité sociale, définissant les actions et les moyens à mettre en oeuvre pour atteindre l’objectif de la période
triennale et lui permettre de bénéficier d’un accompagnement
dans sa recherche de solutions.
Pour satisfaire l’obligation légale, le parc social doit croître
d’au moins 15 % de la part de logements restant à construire.
Plusieurs méthodes sont mobilisables: outre la construction,
qui nécessite des disponibilités foncières, la commune
peut opter pour une politique d’acquisition consistantà acheter, voire préempter des bâtiments et à les aménager en
logements sociaux. Pour ce faire, la commune peut soit
mettre en oeuvre son droit de préemption urbain, soit modifier
son plan local d’urbanisme (PLU). La modification du PLU
consiste à créer des emplacements réservés et à majorer le
coefficient d’occupation des sols (COS) pour faciliter
la production de logement social. Les petites communes
peuvent également recourir au plan local de l’habitat
(PLH). Celui-ci permet de fixer des objectifs à l’échelle de
la commune et de déterminer la typologie des logementsà réaliser. Enfin, lorsque la commune appartient à une
intercommunalité, le PLH permet, si les autres membres
de l’établissement public de coopération intercommunale
(EPCI) sont d’accord, de mutualiser les objectifs
d’une commune. |
| Des pénalités incitatives qui s'avèrent efficaces |
|
 |
L’article 55 de la loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU)
impose aux communes de plus de 3500 habitants (et 1500 en Ile-de-france) un nombre de
logements locatifs sociaux supérieur à 20 % du total des résidences principales. Cette obligation ne
porte toutefois que sur une catégorie de communes bien circonscrite: elles doivent en effet appartenir à une agglomération de plus de 50000 habitants comprenant au moins une commune de plus de
15000 habitants. Au 1er janvier 2005, 38 communes classées montagne se trouvaient encore
dans cette situation.
Mais aujourd’hui, selon le secrétaire chargé du Logement et de l’Urbanisme, 55 % des communes
dont le taux de logements sociaux était inférieur à 20 % au moment de l’entrée en vigueur de la loi
SRU, il y a bientôt dix ans, sont parvenues à respecter ce seuil légal, montrant ainsi l’efficacité des
mécanismes de pénalité et d’incitation mis en place simultanément.
La pénalité, prévue par l’article L.302-7 du code de la construction et de l’habitation, consiste en
un prélèvement annuel effectué sur les ressources fiscales de la commune et fixé à 20 % du potentiel
fiscal par habitant multiplié par le nombre de logements sociaux manquants.
En cas de carence constatée par le préfet au bout des trois années, le prélèvement fiscal versé par la commune peut être alourdi. Celui-ci peut représenter jusqu’à 5 % maximum du montant effectif
des dépenses de fonctionnement de la commune. |
|
 |
|