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DOSSIER.
Changement climatique
Coup de froid sur Copenhague
Le rendez-vous manqué de la capitale danoise reporté à Mexico |
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Sommaire du PLM 201
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Entre le 7 et le 18 décembre, les représentants diplomatiques de 192 pays ont négocié sans succès, dans la capitale danoise, les modalités et les objectifs de réduction de gaz à effet de serre qui devaient prendre la succession de ceux du protocole de Kyoto, dont l’application arrivera à expiration en 2012. Alors qu’il devait marquer une étape majeure dans l’histoire de l’humanité, en exprimant une prise de conscience, au plus haut niveau sur le plan international, de la nécessité vitale pour l’homme de ménager les ressources énergétiques de la planète, le Sommet a abouti à un accord final a minima. De surcroît, celui-ci n’engage pas réellement les Etats signataires de façon coercitive. L’échéance ne serait toutefois que reportée. La prochaine conférence des Parties de la convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, qui doit se tenir à Mexico en décembre prochain, cherchera à nouveau à dégager un accord ambitieux qui comprendra à la fois engagements contraignants sur le long terme pour les émissions de gaz à effet de serre, mécanismes d’aide au développement et mise en place de processus de contrôle des engagements. C’est pourquoi PLM a décidé utile de récapituler les données de la problématique en y consacrant un dossier. |
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- L’accord soumis à l’approbation des 119 chefs d’Etat et de gouvernement présents à Copenhague laisse chacun libre de fixer ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre pour 2020.
- Le seul engagement concret vise à maintenir le réchauffement global de la planète en dessous de 2 °C.
- Selon Barack Obama «cette avancée pose les fondations d’une action internationale dans les années à venir».
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| Une déclaration provisoire en guise d’accord final |
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L’acte final du Sommet reste à l’état de brouillon. L’accord minimaliste auquel sont parvenus les chefs d’Etat et de gouvernement rend incertaine la reconduction des acquis du protocole de Kyoto et laisse le soin à la prochaine conférence des Parties de dégager le consensus qui n’a pas pu être trouvé à Copenhague.
La Conférence des Parties prend note de l’accord de Copenhague du 18 décembre 2009 ». C’est en ces termes laconiques que s’est achevé le Sommet de Copenhague, qui a mobilisé durant douze jours quelque 15000 délégués et 119 chefs d’Etat et de gouvernement, pour un bilan carbone de 41000 tonnes de CO2, soit l’équivalent de ce que produisent annuellement les soixantehuit plus petits pays du monde…
L’accord auquel il est fait référence est un texte de deux pages et demie enchaînant constats et déclarations de principe, ce qui en fait davantage une déclaration d’intentions qu’un accord véritablement contraignant. Au-delà de ce qui relève du constat, tels la nécessité d’actions à long terme et le besoin d’une coopération Nord-Sud renforcée, le seul engagement normé consiste à respecter la limite du réchauffement global de la planète en dessous des 2 °C. En annexe, chaque Etat est invité à venir consigner les objectifs de réduction qu’il se fixe pour 2020… en précisant son année de référence. Autant dire que la logique du protocole de Kyoto, qui fixait au moins un seuil minimum d’engagement commun, est mise à mal.
C’est tout ce qui reste de la proposition initiale d’accord qu’avait fait circuler la présidence danoise dès la deuxième journée de la conférence, et qui prévoyait par ailleurs une réduction de 50 % des gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2050, par rapport au niveau atteint en 1990.
L’accord aurait dû en principe porter sur trois types d’engagement dont la négociation devrait reprendre dans la perspective de la prochaine conférence des Parties (COP16) à Mexico en décembre 2010.
L’engagement le plus emblématique consistera à annoncer un objectif de réduction globale des six gaz à effet de serre à l’horizon 2020, par rapport à leur niveau d’émission de 1990 (si possible). La conférence de Copenhague a achoppé principalement sur ce point, dans la mesure où l’adhésion des Etats-Unis comme celle de la Chine, absentes du protocole de Kyoto, était assidûment recherchées.
Un programme ambitieux d’aide au développement devrait constituer le deuxième axe d’un accord « historique ». Un fonds spécial financerait dans les pays les moins avancés des projets de développement énergétiquement vertueux. Sur ce plan aussi, outre les habituelles réticences des pays développés à mobiliser des fonds pour la coopération (L’Union européenne offrant 7,32 milliards d’euros sur trois ans), les négociations se sont heurtées au refus de certains pays émergents d’y contribuer.
Enfin, le troisième point d’accord sur lequel devra plancher la COP16 de Mexico consistera à mettre en place une instance internationale de contrôle des engagements souscrits. Certains annoncent une organisation mondiale de l’environnement, d’autres un conseil de sécurité climatique de l’ONU. A ce stade, tout reste bien sûr en devenir…
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COPENHAGUE = COP 15
Le terme COP désigne la « Conférence des Parties » (en anglais « Conference of the Parties ») associée à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ellemême issue du Sommet de Rio, dont le siège est installé à Bonn, et entrée en vigueur le 21 mars 1994. Quant au chiffre, il correspond à un simple numéro d’ordre. Ainsi, la première conférence sur le climat, qui s’était réunie à Berlin en mars/avril 1995, a été intitulée COP1, en 1997, celle de Kyoto fut la COP3, et en décembre 2007 celle Bali, chargée de préfigurer celle de Copenhague, fut la COP13. La COP16 doit se tenir en décembre 2010 au Mexique.
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| QUESTIONS À YVON BONNOT, président de l’Association nationale des élus du littoral |
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Le président de l’Association nationale des élus du littoral (ANEL) et maire de Perros- Guirec, dans les Côtes-d’Armor, confirme chez les élus littoraux le même type d’inquiétude que chez les élus de montagne pour ce qui concerne le devenir de leurs territoires au regard du changement climatique.
PLM : Quels sont les effets attendus du changement climatique sur le littoral français?
Yvon Bonnot : La montée des eaux annoncée devrait accentuer l’érosion et influer sur le trait de côte. En 2004, le géographe Roland Paskoff posait déjà la question « Les plages vont-elles disparaître? »(1) pour alerter sur les solutions à envisager, car c’est l’économie du littoral et ses multiples activités qui se trouvent en grande partie exposées. Le littoral français connaît depuis vingt ans une croissance quasi continue avec 6 millions de résidents permanents et une densité de 261 habitants au km² dans les communes littorales. Or, en 2006, l’IFEN(2) établissait qu’un quart du littoral français était en recul, dont 25,9 % de littoral en zone urbanisée.
PLM : Face à ces problèmes, quelles réponses ont été préconisées?
Y. B. : Depuis quelques années, Etat et collectivités territoriales se préoccupent de la défense du trait de côte. Plus récemment, dans le cadre du Grenelle de la mer, des propositions ont été faites pour un aménagement du littoral intégrant le changement climatique : prévision et prévention des risques naturels majeurs, entretien des ouvrages de défense contre la mer…
Le Livre bleu, adopté par le Comité interministériel de la mer (CIMER) le 8 décembre 2009, confirme l’engagement de l’Etat aux côtés des collectivités et du secteur privé en faveur de nouvelles énergies marines renouvelables : l’éolien offshore(3) et l’hydrolien(4) et en direction de la recherche de nouvelles technologies permettant de réduire les pollutions marines (bateaux et ports du futur) et les émissions de gaz à effet de serre. Il s’engage également à promouvoir la préservation des ressources halieutiques et la recherche de nouvelles sources alimentaires et médicinales en mer (algues…) avec les scientifiques et les professionnels de la pêche. Une véritable politique de communication à l’égard des populations résidentes et touristiques doit en outre être menée pour préserver ce patrimoine exceptionnel qui en fait l’attractivité.
Le manque de moyens financiers adaptés pour répondre aux enjeux du développement durable de nos milieux respectifs doit générer une réflexion commune de la part de nos deux associations pour préserver ces territoires spécifiques que sont le littoral et la montagne.
(1) Les plages vont-elles disparaître? Ed. Le Pommier, 2004.
(2) Institut français de l’environnement, remplacé dans ses missions depuis juillet 2008 par la sous-direction de l’information environnementale et celle des méthodes, données et synthèses environnementales du service de l’observation et des statistiques.
(3) Source d’énergie exploitant les vents marins.
(4) Utilisant la force des courants marins, de la houle et des vagues notamment. |
| La longue route de Rio à Copenhague |
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Le chemin parcouru aura été long pour que se mette en place au niveau international un outil permettant aux Etats de s’engager sur des objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).
En 1992, les conclusions du Sommet de la Terre à Rio reconnaissaient l’importance des effets du changement climatique et ont suscité la mise en place d’une convention(1) dont les 189 signataires prenaient l’engagement de « stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ».
Le protocole de Kyoto, que 172 pays ont signé, vint le compléter en 1997, en chiffrant cet engagement à « une réduction de 5 % au moins » sur une durée de cinq ans (2008-2012) de leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau de 1990.
Chaque pays adhérent au protocole peut donc fixer son propre objectif de réduction au-delà de –5%. L’Union européenne par exemple a affiché –8 % et réparti cette obligation entre les Etats membres selon le niveau d’émissions de GES atteint par chacun. C’est en vertu de cette logique que la France n’est tenue à aucune réduction, mais que l’Allemagne s’est retrouvée avec un objectif de –21 %.
Toutefois, le protocole n’est entré en vigueur et ses obligations ne sont devenues contraignantes que le 16 février 2005 (2), le temps d’atteindre les ratifications requises de cinquante-cinq Etats au moins (ce qui fut acquis en mai 2002) et représentant 55 % des émissions de GES de 1990 (ce que permit la ratification de la Russie en novembre 2004).
La mise en oeuvre du protocole de Kyoto a joué un rôle majeur dans la prise de conscience des enjeux climatiques par le grand public. Il a aussi montré la crédibilité de l’économie carbone, au travers des trois mécanismes de flexibilité que sont les permis d’émission (que peuvent acheter et vendre entre eux les pays industrialisés), la mise en oeuvre conjointe (MOC) permettant d’obtenir des permis d’émission en développant en dehors de son territoire des projets visant à limiter les émissions de carbone, et les mécanismes de développement propres (MDC) analogues aux MOC mais en partenariat avec un pays en voie de développement).
Néanmoins, les résultats engrangés sont encore modestes si l’on s’en tient aux réductions de GES effectivement atteintes. Ainsi, l’Agence européenne de l’environnement relevait en 2007 qu’elles avaient régressé en 2005 de 0,8%en un an, soit 2 % seulement par rapport à 1990. Elle restait malgré tout optimiste en considérant que l’Union à quinze dépasserait probablement l’objectif du protocole de Kyoto… grâce, il est vrai, au marché de la compensation carbone. C’est cette mécanique maintenant rodée qu’il était question d’huiler et de renforcer à Copenhague.
(1) Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC).
(2) Pour ce qui est de la mise en oeuvre en France, voir le décret 2005-295 du 22mars 2005 (JO du 31mars 2005). |
TRIBUNE LIBRE À CHRISTIAN BOUDAY, vice-président du conseil général du Doubs,
représentant de l’ANEM au comité de pilotage de l’année internationale de la biodiversité en France |
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«La façon de traiter l’enjeu climatique sera déterminante pour l’avenir de la biodiversité.»
« En matière d’environnement, tout est inextricablement lié, comme le résume assez justement le terme de “biosphère“. C’est bien pour cela que la conférence de Copenhague a constitué un rendezvous historique et que son accord final, même a minima, devrait jeter les fondements d’une nouvelle ère, porteuse d’une relation entièrement repensée entre l’homme et la nature.
Au-delà des polémiques sur l’importance de la contribution humaine au réchauffement de la planète, il faut, malgré sa timidité, saluer la prise de conscience universelle et politique qui s’est produite à Copenhague sur la mise en danger globale de nos écosystèmes et des moyens de survie de notre propre espèce. Les effets multiples du changement climatique qui s’abattent en premier lieu sur les milieux naturels, tels que sécheresses, immersions des îles, typhons, pluviométrie décalée, catastrophes naturelles, ne sont que les précurseurs de mutations qui s’imposeront également au vivant au prorata de l’épuisement ou de la raréfaction des ressources naturelles tant énergétiques que vivrières : appauvrissement de la diversité des variétés végétales et des espèces animales, migrations massives de réfugiés climatiques.
Le résultat de Copenhague, cela aurait dû être aussi l’expression d’une solidarité internationale plus sincère et généreuse… ne serait-ce que par pragmatisme. Les alertes spectaculaires que nous ont livrées les dérèglements climatiques nous pressent à agir pour résoudre les problèmes du Sud afin de contribuer à soulager ceux du Nord. Plus de vingt ans après la création du concept de développement durable, la force du principe “penser au niveau global, agir au niveau local“ finira bien par s’imposer.
C’est donc à une formidable révolution copernicienne que nous pourrions bien assister dans les années qui viennent. » |
| Agir contre le changement climatique… est-ce un faux combat ? |
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L’accumulation de phénomènes météorologiques inquiétants, conjuguée à diverses campagnes de sensibilisation au cours desquelles les films Une vérité qui dérange d’Al Gore et Home de Yann Arthus-Bertrand ont joué un rôle marquant, semblait avoir amené un consensus quasiment universel sur l’urgence d’une action internationale contre le changement climatique. Pourtant, l’unanimité sur ce point n’est pas si flagrante, notamment au sein de la communauté scientifique. « Climato-sceptiques » et « dénégateurs », majoritairement anglo-saxons, sont ainsi revenus sur le devant de la scène dès l’ouverture de la COP15.
Un nombre non négligeable de chercheurs (parmi lesquels le géologue Vincent Courtillot, le géochimiste Claude Allègre, ou encore le physicien Freeman Dyson) rappellent qu’aucune certitude scientifique n’est établie en matière de changement climatique. L’imprécision ou les nombreuses insuffisances des données, la malléabilité des chiffres selon le choix des années ou des périodes de référence, les raccourcis et approximations peuvent laisser place au doute.
A la suite de la révélation d’un piratage de courriels, les rapports du GIEC(1), constants dans leurs conclusions alarmistes, se trouvent suspectés d’être sélectifs dans leur présentation, et donc partiaux…Mais l’argument le plus marquant des « climato-sceptiques » consiste à rappeler que l’humanité doit relever d’autres défis, tels que l’accès à l’eau, l’explosion démographique, ou la gestion des déchets, dont l’urgence et l’importance ne sont pas moins probantes que celle du changement climatique.
Que l’homme y prenne une part déterminante ou pas, les effets du changement climatique sur les écosystèmes nod’une éthique en matière d’émission de gaz à effet de serre. Ainsi, la Mer de glace a reculé de 100 mètres en 2009, soit le double de la moyenne des années précédentes (2). La glace parvient désormais à fondre au camp de base n° 2 de l’Himalaya situé à 6500 m. Un morceau de rocher a pu être arraché au pergélisol (permafrost) du sommet.
Des fragments en ont été offerts par le Premier ministre népalais à différents chefs d’Etat, dont le président américain Barack Obama, le Premier ministre britannique Gordon Brow, et le président de la République Nicolas Sarkozy). La banquise a régressé de 40 % en moins de vingt ans et son épaisseur moyenne s’est amincie de 3mètres à 1,5mètre (les étés 2007 et 2008 étant les années de fonte les plus importantes observées par satellites) (3)…
Enfin, l’un des enjeux principaux de la COP 15 était de mettre en place un programme ambitieux d’aide Nord-Sud au développement. Le changement climatique n’aurait-il été exploité que comme un déclencheur efficace en la matière?
(1) Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, créé en 1988 conjointement par le programme des Nations Unies pour l’environnement et l’Organisation météorologique mondiale pour étudier les risques climatiques immédiats ou àmoyen terme encourus par les pays en voie de développement et les pays industrialisés.
(2) Selon Luc Moreau, glaciologue, intervenant à l’ENSA, observateur du recul des glaciers qu’il considère habituellement comme un phénomène ordinaire.
(3) Selon Jean-Claude Gascard, coordonnateur du programme européen Damoclès.rdiques ou de montagne sont néanmoins spectaculaires et plaident en faveur |
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