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PLM : Comment envisagez-vous l’avenir du tourisme en France et plus particulièrement en zone de montagne ?
Jean-Michel Couve : Pour des raisons qui tiennent à sa nature même, à la diversité des activités qu’il recoupe et aux modes de transports internationaux, le tourisme est largement mondialisé. De ce fait, l’économie touristique française sera de plus en plus dépendante des concurrences internationales ainsi que des situations et des événements se déroulant dans les autres pays du monde.
Comme l’a révélé l’Organisation mondiale du tourisme, depuis 1990 notre tourisme n’a cessé de perdre des parts de marché en Europe et dans le monde. Pourtant, toujours selon l’OMT, les consommations touristiques mondiales évaluées aujourd’hui à 4000 Mds de dollars sont estimées pour 2015-2020 à 6000 Mds de dollars. Elles vont donc croître dans d’exceptionnelles proportions. C’est dire à quel point notre tourisme a le devoir de se réformer pour inverser la tendance constatée jusqu’alors et prendre sa juste et pleine part au développement mondial.
Quant à notre tourisme de montagne, qui constitue l’un des pôles d’attractivité essentiel de notre industrie touristique, il a connu lui aussi une baisse de ses résultats. De plus, il est quasi certain qu’il subira les effets du changement climatique, et je pense que son avenir dépendra de sa capacité à se diversifier et à valoriser son offre touristique en dehors de la période hivernale.
PLM : Les élus de la montagne prônent le développement équitable et durable pour leurs territoires. Que pensez-vous de cette exigence ?
J.-M.C. : Je la trouve particulièrement pertinente car elle ne fait que prendre en compte des réalités qui concernent aussi bien les patrimoines de la montagne que les populations qui y résident et y travaillent.
La montagne constitue une richesse naturelle qu’il nous faut impérativement préserver tout en y favorisant la création d’activités économiques propres à faire vivre ses populations. Les activités touristiques doivent donc y être conçues et maîtrisées afin de qualifier l’existant et non pas le dénaturer. C’est une raison supplémentaire pour inventorier et valoriser le maximum d’atouts de ces territoires hors de la période hivernale.
PLM : Celle-ci se décline notamment en « tourisme durable en montagne 365 jours par an », qui suppose notamment la diversification de l’offre. Est-ce réaliste?
J.-M.C. : Dans ces conditions, il est clair que la diversification sera indispensable pour éviter de conditionner la vie et les richesses au seul atout de la neige: découverte de la nature et des paysages, de la faune et de la flore, partage des modes de vie, activités sportives, équipements dédiés au bien-être et à la remise en forme constituent des axes de développement.
Sans compter qu’étant médecin, je sais, mais encore faudrait-il le démontrer, que « la montagne… ça me soigne ». |