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A la tête d’une délégation de l’Association composée de sept parlementaires(1), le président Henri Nayrou et le secrétaire général Vincent Descoeur ont rencontré le 4 novembre le ministre de l’Alimentation de l’Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire, pour le sensibiliser à la situation de l’agriculture en montagne.
La crise agricole actuelle, notamment celle du secteur laitier, fut bien entendu au coeur de la rencontre qui dura près d’une heure et demie, les élus plaidant en faveur de mesures d’urgence énergiques qu’ils avaient déjà demandées dans leur motion du 25e congrès : « année blanche » pour soulager les trésoreries, versement dès 2009 de 20 euros la tonne destiné au lait de montagne, maintien de la prime herbagère agro-environnementale (PHAE), et prorogation des quotas faute d’une contractualisation.
Tout en se déclarant serein pour l’avenir de la production laitière en montagne grâce à son exigence de qualité, le ministre a insisté sur le fait que vouloir maintenir les quotas au-delà de 2015 était irréaliste compte tenu du contexte de négociation au niveau communautaire. Il s’est en revanche déclaré résolu à faire aboutir une organisation contractuelle de la filière sur un rythme quinquennal qui garantirait prix et volumes dans un cadre légal fixé par la prochaine loi de modernisation agricole.
Plusieurs élus de la délégation ont insisté sur l’importance déterminante d’une action efficace d’incitation à la qualité, sachant que seulement 30% du lait de montagne pour l’instant est concerné par les appellations d’origine contrôlée (AOC). S’agissant de la non-reconduction de la PHAE à partir de 2010 (voir en page 5), Bruno Le Maire l’a justifiée en arguant d’une impossibilité due à la réglementation européenne, mais a aussitôt affirmé qu’il réfléchissait à une mesure nationale de substitution.
De même, il s’est voulu rassurant sur la disparition, dans le projet de loi de finances pour 2010, des crédits bénéficiant à la création d’associations foncières pastorales, en considérant que le coût de cette action était suffisamment modeste pour qu’il puisse être satisfait par redéploiement.
D’autres dossiers appelant une solution pérenne ont également été évoqués, tels que le pastoralisme face aux prédateurs, la restauration des terrains en montagne (RTM), l’avenir de la politique agricole commune (PAC), la révision des zones agricole défavorisées… Les élus ont par ailleurs rappelé leur volonté de voir publier rapidement le code de la montagne.
En conclusion, Henri Nayrou et Vincent Descoeur ont demandé que la future loi de modernisation agricole prenne impérativement en considération les difficultés spécifiques des exploitants des zones rurales et de montagne.
(1) Henri Nayrou, député de l’Ariège, Vincent Descoeur, député du Cantal, Jean-Marie Binetruy, député du Doubs, Bernadette Bourzai, sénatrice de la Corrèze, Pierre Jarlier, sénateur du Cantal, Martial Saddier, député de la Haute-Savoie, Thierry Repentin, sénateur de la Savoie, ainsi que Pierre Bretel, délégué général de l’ANEM. |