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Un parti au-dessus des partis et des ennuis…
«C’est le futur qui dira si notre 25e congrès va rester ou non dans les annales mais ce qui est sûr, c’est qu’il restera à jamais dans ma mémoire. Passons sur les symboles, les 25 ans de l’ANEMsous ma présidence, la neige descendue des Ecrins, ou encore une revigorante mobilisation au fond des Hautes-Alpes. Le piment est ailleurs, le péril aussi.
Ce congrès, je l’ai trouvé dur. J’ai même craint parfois qu’il ne bascule dans le piège politicien que l’ANEM a su éviter pendant son quart de siècle. Il était clair que notre association consensuelle devait débattre de réformes conflictuelles. Ce n’est peut-être pas nouveau mais, comme je l’ai dit en fin de congrès, ce qui a changé, c’est que les attaques contre les équilibres de nos montagnes sont désormais frontales. Moi aussi, je vais droit au but. En l’état (c’est le cas de le dire…), la réforme des collectivités territoriales va restreindre la liberté de gestion de nos élus tout en actant le pire, c’est-à-dire l’éloignement des points de décisions de nos villages et vallées.
Celle de la taxe professionnelle va leur enlever l’autonomie en matière fiscale et les réduire au rang de petits télégraphistes inopérants. L’irruption de la télévision numérique terrestre peut créer de nouvelles réserves d’Indiens et les montagnards craignent que même La Poste n’y fasse plus les commissions. Enfin, la taxe carbone, bonne initiative mais mauvais impôt à mon goût, aura pour nos citoyens des conséquences néfastes à court terme. Ce n’est pas l’apocalypse, c’est la réalité du terrain.
Vous comprendrez mieux alors l’âpreté des échanges sur ces sujets, qui dépassaient le cadre strict des clivages politiques, pour relever de l’un de ces bons vieux débats de société, société territoriale, cela s’entend. Et c’est bien dans ce cadrelà que les deux motions les plus rudes sur la gouvernance et la taxe professionnelle ont été adoptées à l’unanimité, scellant ainsi une nouvelle victoire du parti de la montagne, ce trésor que Vincent Descoeur et moi avons la mission de mettre à l’abri de toutes sortes de convoitises malsaines.
Si l’alerte est passée pour l’esprit ANEM, rien n’est réglé pour sa survie, c’est-àdire le sort réservé à nos collectivités. Mme Kosciusko-Morizet à L’Argentière, le Premier ministre et M. Le Maire au Conseil national de la montagne, ont paru sensibles aux spécificités de la montagne reconnues par la loi fondatrice de 1985. Mais qu’ils ne comptent pas sur nous pour baisser la garde! La partie est trop périlleuse pour excuser tout parti pris.»
Henri Nayrou, président de l’ANEM Député de l'Ariège |
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