DOSSIER.
REFUGE DE MONTAGNE
GARDIEN : VERS UN METIER A PART ENTIERE |
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Sommaire du PLM 196
Dossier "Pluriactifs et saisonniers "
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Du 17 au 19 mai, plus d’une centaine de gardiens de refuge et de professionnels du tourisme venus de divers pays européens de montagne, tels que la Bulgarie, l’Espagne, l’Italie, la Suisse, la Norvège, et bien entendu la France, se sont retrouvés au centre de congrès d’Aussois, au sein du parc national de la Vanoise (Savoie) pour tenir les premières rencontres européennes sur les refuges de montagne. Organisée par la Direction des études et de l’aménagement touristique de la montagne (DEATM) de Toulouse pour le compte d’ODIT-France, cettemanifestation a surtout été l’occasion de faire le point sur les différences de pratiques et de traitement juridique d’une réalité, qui pourtant présente d’importantes similitudes, et d’amorcer une prise de conscience au sein d’une profession dont l’harmonisation au niveau européen devrait s’imposer comme une impérieuse évidence. Le présent dossier revient sur les principaux enseignements de ces premières rencontres qui se transformeront peut-être en rendez-vous réguliers. |
| LE TOUR D’EUROPE DES REFUGES |
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Il existe un grand nombre et une grande diversité de refuges à travers les différents massifs de montagne d’Europe. Tous ont en commun d’assurer les deux missions fondamentales et intimement liées que les pratiquants de sports de montagne en attendent, à savoir hébergement et sécurité. Mais autour de cette fonction basique, les prestations fournies peuvent connaître d’importantes variations dans la qualité et l’élaboration des prestations, la rigueur des réglementations et des modes de gestion.
Avec un peu moins de 250 refuges gardés (voir encadré), le parc français de refuges demontagne est analogue à celui de l’Autriche qui en comprend 232 (dont 174 sont gardés), ou de la Bulgarie (250). Il figure loin derrière ceux de l’Italie, qui en compte 763, ou de la Norvège où l’on en dénombre 720 (dont plus des deux tiers ne sont pas gardés), ou encore de l’Allemagne où ils sont 600. Avec 153 cabanes(1), la Suisse est aumême niveau d’équipements que la Slovénie (156).
Cependant, les effectifs nationaux des parcs de refuges ne constituent pas à eux seuls, loin s’en faut, un indicateur de leur performance touristique. Les habitudes des usagers, les prestations fournies et leur encadrement juridique peuvent conduire à des réalités bien différentes.
Des niveaux de prestations très variables
La durée de la saison de gardiennage peut être plus oumoins longue, allant de deux ou trois mois (juillet et août en Norvège, du 20 juin au 20 septembre en Italie par exemple), à l’année complète (ce qui est le cas pour deux tiers des cabanes suisses).
La plupart des refuges andorrans (26 sur 28) ne sont pas gardés. Idem pour 527 des 720 refuges norvégiens qui sont équipés en libre-service, fournissant aux usagers bois de chauffage, matériel de couchage et vivres avec paiement autodiscipliné.
Il en va de même de la qualité des équipements d’hébergement et des prestations de restauration (allant de la vente de produits d’épicerie à la restauration à la carte en passant par le buffet ouvert ou le plat unique), plus ou moins tributaires des réglementations applicables. Certains refuges s’apparentent à des auberges, comme c’est assez souvent le cas en Allemagne ou en Autriche, avec un service très voisin de l’hôtellerie-restauration classique.
Une tendance générale à réduire les dortoirs
En matière de confort, la tendance générale, répondant à une demande croissante des usagers, consiste à réduire la capacitémoyenne des dortoirs. La qualité des équipements sanitaires est également très variable, la possibilité de se doucher étant loin d’être systématique, les normes de confort les plus exigeantes en ce domaine semblant s’appliquer en Espagne et en Italie.
Plusieurs pays, tels que la Suisse, Andorre ou la Norvège, ne disposent pas d’une définition légale ou réglementaire des refuges, les considérant par défaut comme des établissements recevant du public (ERP). L’existence d’une définition juridique permet d’attribuer aux refuges un régime particulier et de leur assigner notamment des objectifs d’intérêt public.
Si généralement la mission de secours apparaît systématiquement, certaines législations y ajoutent celles d’encouragement à la pratique des sports de montagne (par exemple en Espagne et en Italie) ou de tourisme social et d’éducation à l’environnement (comme en Bulgarie).
(1) En Suisse, les refuges s’appellent des cabanes |
| LES ENJEUX POUR DES REFUGES DURABLES |
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Apportant une contribution spécifique à la protection de l’environnement, au progrès social et au développement économique, le refuge présente toutes les aptitudes pour devenir un modèle de développement durable en site isolé.
Au regard de l’avenir, les refuges affrontent quatre défis majeurs : être des lieux pédagogiques d’initiation à l’environnement montagnard, s’intégrer pleinement dans l’économie des vallées, fonctionner sans impact sur le milieu naturel, et enfin, pratiquer une gouvernance équitable entre les différents acteurs concernés. Pour y répondre on constate toutefois, d’un pays à l’autre, des tendances, des approches et des priorités bien distinctes.
Les attentes des usagers peuvent être diversifiées et portent souvent sur l’information, l’hygiène, la qualité de la cuisine et les conditions de repos, mais également sur les aspects environnementaux, notamment d’un point de vue pédagogique. Ainsi, dans le Piémont italien, on constate par exemple que les attentes du public portent avant tout sur le domaine écologique et la gestion environnementale, tandis qu’en Savoie une étude récente a montré qu’elles portent davantage sur les éléments de confort et de convivialité.
Modernisation et mise en réseau
Les politiques conduites par les collectivités face à ces demandes parfois éparses peuvent elles aussi être très diverses. Ainsi, les pouvoirs publics italiens, tout comme le conseil général de Savoie, pratiquent des aides visant avant tout à faire des refuges une composante d’une offre touristique montagnarde performante.
D’autres acteurs publics, tels que l’Agence régionale de l’environnement Midi-Pyrénées (ARPE) ou bien le parc national de la Vanoise, font porter leur effort sur l’exemplarité des refuges, en tant qu’interfaces indispensables entre les randonneurs et l’environnement et outil de sensibilisation pour découvrir la montagne.
D’une manière générale, les politiques conduites à l’égard des refuges suivent plus ou moins en parallèle deux tendances : la réhabilitation ou la modernisation des refuges avec une intégration optimale à l’environnement (en recourant aux normes HQE, voire HQS (1), comme c’est le cas pour les quatorze refuges de la grande traversée des Alpes) et leur mise en réseau, qu’il s’agisse d’harmoniser leurs périodes d’ouverture sur un itinéraire de randonnée, ou bien de la possibilité de réserver des nuitées en ligne, comme dans le cadre du programme européen franco-italien ALCOTRA. Mais un constat s’impose : c’est avant tout son gardien qui fait l’identité d’un refuge.
(1) HQE: haute qualité environnementale – HQS: haute qualité de service. |
| GARDIEN DE REFUGE, UN MÉTIER QUI SE PROFESSIONNALISE |
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Il existe dans tous les pays européens concernés des formations de gardien de refuge combinant apprentissage en matière d’hôtellerie, d’accueil et d’assistance au secours. Peu ont toutefois institué un diplôme spécifique, comme c’est le cas en Bulgarie ou en France.
La formation française des gardiens de refuge est née d’une volonté de la profession et d’un souhait des institutions. Relayée par la loi, elle a été réalisée par l’université de Toulouse-Le Mirail, financée par l’Etat, les régions et les acteurs professionnels. Le diplôme universitaire national de gardien de refuge de montagne (bac + 2), créé en 2005, peut être obtenu par le biais de la validation des acquis professionnels (VAP).
La création de ce diplôme, dont l’enseignement est dispensé à Foix (Ariège), et comporte des sessions dans les Pyrénées et dans les Alpes, a conduit à lamise en place d’un partenariat avec l’université de Saragosse (Espagne) dans le cadre du projet FOREMON (formation transfrontalière des gardiens de refuges), et tend aujourd’hui à s’exporter vers d’autres pays de l’arc alpin. |
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On dénombre en France 249 refuges répartis entre les Alpes du Nord (151), les Pyrénées (51) et les Alpes du Sud (47).
Leurs propriétaires peuvent être de natures très diverses : commune (pour 31 d’entre eux), parc national (5 pour le parc des Pyrénées, 16 pour celui de la Vanoise), office national des forêts (3). Mais les deux catégories les plus importantes sont les particuliers (92) et le secteur associatif (102).
Hormis la part très marginale qu’y prennent le Club alpin italien (propriétaire du refuge de Giacoletti dans le Queyras) et la Société des touristes du Dauphiné (STD), propriétaire de 5 refuges dont 4 en Isère et un dans le parc des Ecrins dans les Hautes-Alpes, le Club alpin français (CAF), avec 97 refuges, reste le principal acteur du secteur, notamment dans les Pyrénées où il en détient 53 %, alors qu’il n’en possède que 35 % dans les Alpes.
Les refuges privés sont généralement gérés directement par leurs propriétaires. Pour ce qui concerne les autres, ils donnent lieu à des délégations de gérance pouvant conférer aux gardiens de refuge des statuts différents : fermiers quinquennaux tant pour l’hébergement que pour la restauration pour ce qui concerne les gardiens de refuge des parcs nationaux; mandataires pour l’hébergement, et commerçants indépendants pour la restauration, sur la base d’un contrat annuel comme c’est le cas pour ceux du Club alpin français et de la STD. |
| Comment passer le relais des générations ? |
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Entre essoufflement des générations qui ont contribué aux grandes heures des clubs alpins français et frilosité des enseignants pour encadrer des sorties scolaires d’initiation à la montagne qui comporteraient une étape en refuge, les analyses de fréquentation confirment un vieillissement progressif des usagers de refuges.
La relève par de nouvelles générations de pratiquants de la montagne semble avoir bien du mal à s’engager, d’où la multiplication par les collectivités investies dans le domaine touristique d’actions visant à encourager l’éducation à l’environnement, dont le Grenelle de l’environnement a souligné toute l’importance. Le conseil général des Hautes- Alpes, par exemple, a ainsi mis en place une « nuit des refuges » et conduit un partenariat avec l’USEP (1) pour la montée en refuge des enfants scolarisés du primaire.
(1) Union sportive de l’enseignement du premier degré. |
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- Tous les refuges demontagne en Europe ont en commun lesmêmes objectifs de sécurité et d’initiation à lamontagne.
- En fonction des traditions locales et des demandes des usagers, les refuges offrent des prestations très diversifiées.
- Lemétier de gardien de refuge n’est pas encore organisé au niveau communautaire.
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| Pour tout savoir sur les refuges BIBLIO de montagne en Europe |
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Cette brochure éditée par ODIT-France compare la réalité des refuges dans dix pays de différents massifs européens: Alpes, Pyrénées, Balkans et Scandinavie. La monographie détaillée sur chaque pays donne une image complète de l’état du parc, des régimes et des orientations de gestion pratiqués, des réglementations en cours ainsi que des pratiques traditionnelles et des attentes de la clientèle.
Les Refuges de montagne en Europe Collection Dossier ODIT-France n° 30, 120 pages. |
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