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Megève accueillait du 24 au 26 avril la cinquième édition des Journées de l’alpage. Cette manifestation qui tient à la fois du salon professionnel et du festival grand public a attiré plus de 20 000 personnes. Le bilan que les éleveurs et les techniciens alpagistes ont dressé, à cette occasion, de leur secteur d’activité, a confirmé leur esprit d’entreprise et d’adaptation dans un contexte aux difficultés récurrentes.
Au nombre des multiples manifestations inscrites à ces Journées de l’alpage, entre concours de bovins de race abondance, salon des techniques alpagistes, rencontres littéraires, projections de films, figurait un forum intitulé « Nouveaux enjeux du pastoralisme: intérêt d’une coopération entre les massifs ». La tribune réunissait autour de Jean-Paul Amoudry, président de la Société d’économie alpestre (SEA), et de Jean-Pierre Chomienne, commissaire à l’aménagement des Alpes, des représentants des services des chambres d’agriculture, des conseils régionaux Rhône- Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et de la direction régionale de la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER).
Le forum a évoqué l’apport majeur à la gestion de l’espace que représentent les 900 groupements pastoraux présents sur les Alpes, les Pyrénées, lesVosges et une partie duMassif central. Ceux-ci font actuellement l’objet d’une collecte de donnéesminutieuse qui devrait aboutir à une cartographie fine, de même qu’à la formulation de besoins de formation du secteur.
Des professionnels en adaptation permanente
Mais ce débat a surtout rappelé l’importance du sylvopastoralisme, notamment dans la Drôme et en Haute-Savoie, pour endiguer l’enfrichement et la reforestation, et aussi l’apport novateur d’expériences de défrichement pastoral permettant de reconquérir des prairies d’altitude tout en alimentant des chaufferiesbois (tel le programme Patubois dans le Jura, pour lequel un guide spécial a été édité).
Par contre, les incertitudes et perturbations liées au changement climatique, de même que les difficultés de maîtrise des prix du foncier, sans oublier la propagation des prédateurs, sont parmi les préoccupations rémanentes des éleveurs et des techniciens alpagistes.
Cette matinée était également l’occasion de présenter l’état d’avancement du programme Pastor’Alp, qui est le volet pastoral de la convention interrégionale du massif des Alpes (CIMA). Celui-ci combine trois types de travail en réseau: l’accompagnement des éleveurs par la mise en place d’organisations collectives et le recensement des groupements et leur évaluation qualitative pour parvenir à une gestion multi-usage des alpages ; l’anticipation et l’innovation, en procédant à des études et des expérimentations techniques ; la communication, en proposant aux professionnels, aumoyen de supports partagés, une stratégie collective d’information.
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