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RÉFORME DES COLLECTIVITÉS LOCALES

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plm 206

Consulter le PLM 206 Sommaire du n'206 - juin 2010

Communiqué de presse Réforme territoriale : forte mobilisation des parlementaires de la montagne à l’Assemblée et au Sénat

Communiqué de presse Réforme territoriale : mobilisation des élus de la montagne pour réécrire le texte de la Commission des lois

 
 
Agriculture

Sommaire du PLM 195
Dossier "Agriculture"

Nouvelle prime à l’herbe
Tiraillements sur les seuils minimaux de chargement

Le décret mettant en oeuvre les mesures de réorientation de la politique agricole commune (PAC) annoncées le 23 février devrait être publié d’ici l’été. Au coeur du dispositif, la nouvelle prime à l’herbe soumise à un seuil de chargement minimal fait l’objet d’importants débats pour éviter d’exclure en grand nombre les élevages les plus extensifs.

Ainsi que le soulignait la motion adoptée le 9 avril par le comité directeur de l’ANEM, le seuil de chargementminimumà respecter pour pouvoir bénéficier de la nouvelle prime à l’herbe risque d’exclure d’importantes zones d’élevage très extensives situées en montagne. Seraient concernés des territoiresméridionaux où la moyenne départementale des taux de chargement tombe en dessous de 0,5 UGB/hectare, telles la Lozère, une partie importante des Alpes (même la Savoie serait touchée!) ou bien encore la Corse.

Un enjeu de 2 euros par hectare

L’exclusion pourrait concerner un nombre assez important de bénéficiaires : on parle de 80 % des éleveurs dans les Alpes-de-Haute- Provence… et par conséquent des surfaces loin d’être négligeables, même si beaucoup de ces exploitations paraissent de taille modeste. Au sein des groupes de travail chargés de lamise au point réglementaire de l’aide, les socioprofessionnels s’efforcent de trouver les modalités qui éviteraient d’exclure radicalement ce type d’éleveurs. Plusieurs pistes sont donc en concurrence. L’une d’elles consisterait à permettre à l’éleveur de ne déclarer que les surfaces nécessaires et suffisantes pour obtenir le bon taux de chargement au regard du cheptel dont il dispose. Une autre disposition, plus rigoureuse, viserait à ne rendre éligibles que les exploitations « professionnelles », c’est-à-dire dont le cheptel se reproduit. Enfin, une troisième solution reviendrait à pondérer les hectares en les surcotant en fonction de l’intérêt des milieux qu’ils abritent (landes, chaumes, alpages, parcours, etc.).
Il est à espérer que cette nouvelle prime à l’herbe n’entraînera pas un effet couperet pour des territoires entiers. L’enjeu semble pourtant modeste en termes financiers, puisque le rattrapage des exclus n’abaisserait le niveau de la prime envisagée de 75 euros l’hectare à 73 euros.


JOURNÉES DE L’ALPAGE
LE PASTORALISME TOUJOURS ACTIF MALGRÉ L’ADVERSITÉ

Megève accueillait du 24 au 26 avril la cinquième édition des Journées de l’alpage. Cette manifestation qui tient à la fois du salon professionnel et du festival grand public a attiré plus de 20 000 personnes. Le bilan que les éleveurs et les techniciens alpagistes ont dressé, à cette occasion, de leur secteur d’activité, a confirmé leur esprit d’entreprise et d’adaptation dans un contexte aux difficultés récurrentes.

Au nombre des multiples manifestations inscrites à ces Journées de l’alpage, entre concours de bovins de race abondance, salon des techniques alpagistes, rencontres littéraires, projections de films, figurait un forum intitulé « Nouveaux enjeux du pastoralisme: intérêt d’une coopération entre les massifs ». La tribune réunissait autour de Jean-Paul Amoudry, président de la Société d’économie alpestre (SEA), et de Jean-Pierre Chomienne, commissaire à l’aménagement des Alpes, des représentants des services des chambres d’agriculture, des conseils régionaux Rhône- Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et de la direction régionale de la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER).
Le forum a évoqué l’apport majeur à la gestion de l’espace que représentent les 900 groupements pastoraux présents sur les Alpes, les Pyrénées, lesVosges et une partie duMassif central. Ceux-ci font actuellement l’objet d’une collecte de donnéesminutieuse qui devrait aboutir à une cartographie fine, de même qu’à la formulation de besoins de formation du secteur.

Des professionnels en adaptation permanente

Mais ce débat a surtout rappelé l’importance du sylvopastoralisme, notamment dans la Drôme et en Haute-Savoie, pour endiguer l’enfrichement et la reforestation, et aussi l’apport novateur d’expériences de défrichement pastoral permettant de reconquérir des prairies d’altitude tout en alimentant des chaufferiesbois (tel le programme Patubois dans le Jura, pour lequel un guide spécial a été édité).
Par contre, les incertitudes et perturbations liées au changement climatique, de même que les difficultés de maîtrise des prix du foncier, sans oublier la propagation des prédateurs, sont parmi les préoccupations rémanentes des éleveurs et des techniciens alpagistes.
Cette matinée était également l’occasion de présenter l’état d’avancement du programme Pastor’Alp, qui est le volet pastoral de la convention interrégionale du massif des Alpes (CIMA). Celui-ci combine trois types de travail en réseau: l’accompagnement des éleveurs par la mise en place d’organisations collectives et le recensement des groupements et leur évaluation qualitative pour parvenir à une gestion multi-usage des alpages ; l’anticipation et l’innovation, en procédant à des études et des expérimentations techniques ; la communication, en proposant aux professionnels, aumoyen de supports partagés, une stratégie collective d’information.


La prime au lait de montagne jugée bienvenue mais insuffisante

Les 45 millions d’euros annoncés pour financer la future prime au lait de montagne, soit 20 euros pour 1000 litres, soulèvent des convoitises.
Destinée à être versée aux producteurs laitiers montagnards qui considèrent qu’elle apportera une petite majoration bienvenue à leurs revenus (estimée à 1 500 euros par exploitation en moyenne), ceux-ci redoutent que les entreprises de collecte en récupèrent une partie en abaissant le prix du litre collecté.
En d’autres termes, cet effort supplémentaire en faveur de la production laitière en montagne attend le complément d’autres mesures propres à compenser la totalité des surcoûts générés par la dispersion et l’éloignement de la production montagnarde.


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