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Sommaire du PLM 194
Dossier "Environnement"
ACCÈS A L’EAU
UN BESOIN FONDAMENTAL QUI DEVRAIT ETRE UN DROIT |
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Du 16 au 22 mars 2009, le 5e Forum mondial de l’eau a réuni à Istanbul (Turquie) 20000 acteurs du secteur de l’eau en provenance de plus de cent cinquante pays: gouvernements, élus, entreprises, associations…Cette importante manifestation triennale organisée depuis 1997 par le Conseil mondial de l’eau, à mi-chemin entre le salon professionnel et le sommet international, a pour ambition de faire progresser le débat politique international sur les enjeux majeurs liés à l’eau. Les résultats de la conférence, s’ils sont mitigés, ne sont pas pour autant négligeables. Ils fournissent une bonne occasion de remettre en perspective les attentes et les propositions des élus de lamontagne au regard de la politique de l’eau.
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| UNE RESSOURCE SOUS TENSION |
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Le rendez-vous du Forummondial de l’eau permet de faire à grande échelle un point régulier sur les données et les évolutions des enjeux mondiaux sur l’eau. Ainsi, à Istanbul, les informations plutôt alarmistes que livre un récent rapport de l’ONU, se sont trouvées en partie atténuées par les réponses que les professionnels proposent de leur donner.
Aujourd’hui encore, un milliard d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable, et chaque année trois millions de décès sont dus à la mauvaise qualité des eaux. L’eau est donc une ressource de plus en plus convoitée, et les experts annoncent que dans vingt ans la moitié de la population mondiale se concentrera dans des zones de stress hydrique, c’est-àdire où la pénurie en eau représente une menace permanente.
Paradoxalement, les scientifiques considèrent que les effets du changement climatique contribuent très peu aux tensions croissantes sur cette ressource par rapport à la multiplication des usages qui génère d’importants gaspillages. Parmi eux, l’agriculture reste de loin le premier poste avec 70 % de la consommation. Cette proportion peut même atteindre 90%dans les pays peu développés, faute de techniques d’irrigation adéquates.
Organiser des solidarités pertinentes entre amont et aval
La maîtrise durable de la ressource en eau passe donc avant tout par une gestion rigoureuse et économe des utilisations. Un des résultats majeurs du forum d’Istanbul a donc été de plébisciter l’institution d’une empreinte en eau (water footprint), à l’instar de l’empreinte carbone, pour chaque bien de consommation produit.
Les professionnels de l’adduction d’eau et de traitement des eaux usées considèrent que la ressource n’est pas menacée d’épuisement et que les besoins de l’avenir pourront être raisonnablement couverts par de « nouvelles ressources », à savoir le recyclage après traitement des eaux usées d’une part, et la dessalinisation de l’eau des océans, d’autre part. Toutefois, simultanément, l’essor des biocarburants et l’insuffisance, voire le recul, de l’aide au développement, contribuent à accroître les pressions sur la disponibilité des ressources en eau.
C’est à ce contexte général que viennent s’ajouter les relations entre l’amont (dans lequel la montagne tient une place prédominante) et l’aval. Considéré au niveau planétaire, ce lien se présente avant tout comme un rapport de force déséquilibré, au profit de l’amont, qui concerne quelque 260 bassins fluviaux transfrontaliers et qu’une convention internationale (1), activement soutenue par la France, s’efforce d’organiser.
(1) La convention sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation a été adoptée par les Nations Unies en 1997. A l’heure actuelle, elle a été signée par seize pays et ratifiée par neuf autres. La France vient d’engager le processus de ratification. |
Une déclaration finale au rabais…
et néanmoins progressiste |
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Adoptée le 22 mars, à l’occasion de la 16e Journée internationale de l’eau, la déclaration ministérielle du forum d’Istanbul replace l’eau au centre des problématiques en matière de climat, d’énergie, de développement, d’alimentation et de santé.
Elle consacre en tout premier lieu la nécessité de collecter et de traiter les eaux usées, de pratiquer un recouvrement durable des coûts des services d’eau en combinant tarifs accessibles et subventions publiques, de lutter contre les pénuries et d’économiser sur les consommations, d’abord dans le secteur agricole. Tous ces points, bien que déclaratifs, constituent autant de progrès sur lesquels le précédent forum n’avait pu s’accorder à Mexico. Mais la déception majeure réside dans l’obstination des Etats à ne pas reconnaître l’accès à l’eau comme un droit, mais simplement comme un besoin fondamental. Un pas que les élus locaux ont franchi dans leur Pacte d’Istanbul pour l’eau par lequel ils s’engagent à accroître leur capacité d’adaptation aux changements mondiaux.
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| La présence concrète des acteurs français |
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Le Partenariat français pour l’eau (PFE) a été créé en 2007 pour proposer des solutions concrètes et les inscrire dans les politiques de l’eau. Le PFE rassemble une centaine des acteurs français de l’eau présents à l’international : ministères, ONG, entreprises, collectivités territoriales (la plupart des associations d’élus, mais aussi le conseil général de l’Hérault…), organismes de bassin et organisations scientifiques et techniques. On peut trouver sur son site les documents issus du forum d’Istanbul : www.partenariatfrancais-eau.fr
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