DOSSIER.
TÉLÉVISION EN MONTAGNE
LES CHAÎNES LOCALES FACE AU TOUT NUMÉRIQUE |
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Sommaire du PLM 193
Dossier "Tourisme "
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Convaincus de l’avancée technologique constituée par le passage de l’analogique au numérique pour la diffusion télévisuelle, les élus de la montagne s’interrogent néanmoins sur les conditions concrètes de ce basculement. Revendiquant le droit à la modernité en tout point du territoire national, il est indispensable que des dispositifs adaptés aux zones de montagne garantissent la continuité du service public audiovisuel. L’exemple de la télévision locale fondée par Gérard Baumel, maire de Céreste, dans les Alpes-de-Haute-Provence, démontre l’engouement des élus de la montagne pour les technologies de l’information, outils de proximité au service des territoires et de leurs habitants. |
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La couverture des zones de montagne par la télévision numérique terrestre (TNT) constitue, au même titre que les autres technologies de l’information et de la communication, un enjeu majeur pour l’attractivité et la compétitivité des territoires de montagne.
La loi n° 2007-309 du 5 mars 2007 organise la généralisation de l’accès à la télévision numérique terrestre. Elle prévoit ainsi que les chaînes historiques nationales gratuites devront couvrir, au 30 novembre 2011, au moins 95 % de la population. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), quant à lui, a arrêté le principe d’un taux de couverture numérique terrestre de 91% de population dans chaque département.
Ce basculement de l’analogique au numérique nécessitera d’équiper les réémetteurs. Les élus de montagne craignent ainsi que les petits réémetteurs ne soient pas pris en compte, ce qui irait contre le principe de continuité du service public.
La loi du 4 février 2009 réformant l’audiovisuel public comporte une disposition permettant aux collectivités territoriales de se voir attribuer par le CSA la ressource radioélectrique pour la diffusion des programmes en cas de carence des opérateurs privés.
Cette autorisation est conditionnée par la transmission au CSA d’une estimation comparative des coûts, pour les foyers domiciliés sur leur territoire, des modes disponibles de réception de la télévision.
Une étude sur les zones non couvertes d’ici septembre 2009
Ce texte de loi prévoit également que « le gouvernement conduit, avant le 30 septembre 2009, une étude sur les modalités de réception de la télévision dans les zones non couvertes par la télévision numérique ». A ce jour, l’équipement de la France en TNT accuse de fortes disparités d’un département à l’autre, l’écart pouvant aller jusqu’à 25 % pour certains départements ruraux ou montagnards. Refusant toute rupture de continuité du service public télévisuel dans les zones de montagne fin 2011, les élus de la montagne poursuivent trois objectifs :
- Ils souhaitent en premier lieu que soient proposées des solutions satisfaisantes aux 5 % de la population non couverte. Les solutions techniques alternatives sont onéreuses et laissées à la charge des usagers ou des collectivités, installant de fait une discrimination durable et inéquitable.
- Ils veulent que soit au plus vite constitué un groupe de travail conjoint avec le CSA pour analyser avec précision le calendrier et les conséquences du basculement prochain de l’analogique vers le numérique.
- Enfin, ils demandent à être étroitement associés à l’étude que doit conduire le gouvernement avant fin septembre 2009 sur les modalités de réception de la télévision dans les zones non couvertes par la télévision numérique terrestre.
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| Les télévisions locales et l’échéance 2011 |
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Progressivement, toutes les chaînes locales passeront en diffusion numérique. L’avantage tient dans la qualité de diffusion numérique qui met les chaînes locales au même rang que les chaînes nationales pour la qualité d’image et de son.
Le positionnement aux côtés des chaînes de service public permet aux télévisions locales d’avoir une place sans commune mesure avec celle qu’elles occupaient en diffusion analogique.
Les inconvénients sont principalement d’ordre financier, le basculement en numérique obligeant à faire appel à un diffuseur privé, ce qui entraîne des surcoûts pour les zones de montagne où la diffusion terrestre nécessite de nombreux réémetteurs. Des études récentes démontrent que seules les chaînes locales disposant de financements publics seront viables.
Par conséquent, des aménagements en faveur de ces chaînes devront être proposés.
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| Faudra-t-il maintenir les relais hertziens numériques ? |
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Si le passage au tout numérique en 2011, tel que le prévoit la loi, annonce en principe la disparition du réseau hertzien numérique, les relais de la télévision numérique terrestre (TNT) seront loin d’atteindre à cette date la même couverture territoriale.
Résultat : de nombreuses zones d’ombre, toutes situées dans des territoires très isolés et/ou accidentés, desservis actuellement par les chaînes traditionnelles ne seront plus desservis.
Et cela malgré l’équipement des particuliers en décodeur ou en téléviseur avec tuner TNT intégré. La seule réponse technologique viable sera alors le satellite, soit un surcoût d’équipement pour le téléspectateur montagnard.
Le constat, partagé par de nombreux élus, que la couverture intégrale du territoire par la TNT mettra de longues années pour être achevée, conduit certains à demander un fonds d’aide spécifique pour affronter ce type de surcoût. A moins que les émissions hertziennes en numérique soient maintenues le temps d’une transition de plusieurs années pour les territoires concernés.
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ENTRETIEN AVEC SÉBASTIEN GALAUP
«UN OUTIL DE COMMUNICATION RÉACTIF CAPABLE DE RELAYER L’INFORMATION LOCALE» |
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Le directeur de Télé Locale Provence (TLP), Sébastien Galaup, témoigne pour PLM des potentialités que peuvent exploiter les télévisons locales, mais aussi des difficultés qu’elles devront surmonter d’ici 2011.
PLM: Quelle est la valeur ajoutée d’une télévision locale par rapport à un média national?
Sébastien Galaup : Lesmédias nationaux parlent peu des régions, même France 3 Régional concentre ses émissions sur la ville-centre, et la durée mensuelle d’actualité consacrée au département des Alpes-de- Haute-Provence n’est que de quelques minutes, et le plus souvent pour relater un accident.
Une télé locale parle de proximité, de ce qui réussit dans un territoire et fait le portrait d’acteurs économiques, politiques et associatifs qui font vivre ce territoire. Les habitants s’identifient et s’approprient la chaîne locale dont le slogan est « TLP c’est vous ».
PLM : Peut-on assimiler «Télé Locale Provence» à un service de proximité pour les citoyens?
S. G. : C’est un service au public. TLP est considérée comme un média local qui bénéficie d’une forte notoriété auprès des habitants. Autour de ce projet, sensible à lamission de service public menée par la chaîne, s’agrègent des partenaires très variés. Ce sont eux qui fixent les objectifs et assurent une gestion aussi rigoureuse que celle d’une entreprise, tout en étant socialement durable. Le choix de cette structure juridique fait de TLP un outil totalement au service d’un territoire.
« Le numérique nous oblige à passer par un diffuseur privé»
PLM : Quelles perspectives offre aux télévisions locales le passage à la TNT, fin 2011?
S. G. : D’ici trois ans, toutes les chaînes locales basculeront en diffusion numérique terrestre, avec des avantages mais aussi d’énormes inconvénients. L’avantage tient dans la qualité de diffusion numérique qui place les chaînes locales aumême niveau que les chaînes nationales pour la qualité d’image et de son. Les inconvénients sont principalement d’ordre financier. L’analogique permettait aux chaînes locales, comme TLP, d’être propriétaires de leurs propres émetteurs, souvent en accord avec des communes qui disposent de leurs pylônes. Le numérique nous oblige à passer par un diffuseur privé sans que les chaînes locales n’aient leurmot à dire sur les coûts! Des surcoûts notamment dans les zones de montagne où la diffusion terrestre nécessite de nombreux réémetteurs.
Ces nouvelles dépenses mettent aujourd’hui en péril l’équilibre économique des chaînes locales. Les ressources publicitaires qui devaient couvrir le budget de ces chaînes ne représentent au final que 20 % du chiffre d’affaires. On pourrait donc imaginer la création d’un fonds de soutien à la diffusion pour les territoires ruraux et de montagne. |
| Des télés locales encore trop souvent urbaines |
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Loin d’être un phénomène isolé, la télévision de proximité semble promise à un bel avenir.
Sur soixante-dix chaînes locales environ, un grand nombre se sont créées dans les départements d’outremer, apportant ainsi une réponse aux problèmes d’éloignement avec la métropole sur les plans horaires et culturels.
Rarement d’envergure régionale (Normandie TV semble être la seule dans ce registre), les télévisions locales sont majoritairement liées aux agglomérations les plus importantes (Paris, Lyon, Marseille), mais aussi à des capitales régionales comme Toulouse (TLT) Grenoble (Télé Grenoble) ou bien Clermont-Ferrand (Clermont Première), voire à des destinations balnéaires telles que les Sables-d’Olonne ou La Roche-sur-Yon.
Trop peu sont associées à des territoires ouvertement ruraux ou montagnards, comme dans le Berri, à Issoudun (Bip TV) ou dans le Luberon, à Manosque (TLP).
Néanmoins, la montagne n’est pas en reste, avec TV8 Mont-Blanc qui irrigue Annecy- Chambéry. Pas moins de dix-huit de ces chaînes sont déjà diffusées actuellement sur la TNT.
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- Le passage au tout numérique terrestre en 2011 laissera des zones d’ombre ainsi qu’un certain nombre de pylônes désaffectés.
- De nouvelles télévisions locales pourront exploiter certains émetteurs laissés à l’abandon.
- Les élus souhaitent que soient proposées des solutions satisfaisantes aux 5%de la population non couverte par la TNT.
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TÉLÉ LOCALE PROVENCE
UN MÉDIA DE PROXIMITÉ AU SERVICE D’UN TERRITOIRE |
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Il existe peu de télés locales en territoire de montagne. L’expérience de Télé Locale Provence, qui a aujourd’hui vingt ans, fait la preuve qu’il s’agit d’une démarche durable, répondant à une demande bien réelle des populations locales.
Télé Locale Provence (TLP) a été fondée dès 1988 par Gérard Baumel, maire de Céreste (Alpes-de-Haute- Provence). C’est en multipliant les démarches en faveur de la reconnaissance des télévisions locales que le projet a abouti. La chaîne a d’abord porté le nom de TV Céreste, puis de Télé Locale du pays du Luberon. Elle s’est ensuite développée rapidement pour devenir Télé Locale Provence et émettre en hertzien sur un territoire rural dans le parc naturel régional du Luberon. Initialement diffusée par voie hertzienne via cinq émetteurs, elle est également présente sur Internet et, depuis fin 2008, sur le canal 21 TNT.
La couverture territoriale de TLP s’étend d’Apt à l’entrée de Digne et de Venelles, aux portes de Sisteron. Cela représente un potentiel de 70000 téléspectateurs, auxquels il faut ajouter 100000 internautes réguliers qui visionnent les programmes sur le site de la chaîne.
Un régime rassemblant une multitude d’acteurs
Simple association à l’origine, TLP est constituée depuis 2005 sous la forme de société coopérative d’intérêt collectif. Son statut, à la confluence de l’association, de la coopérative et de l’entreprise, permet de rassembler une multitude d’acteurs locaux fort divers : des communes (Aixen- Provence, Gréouxles- Bains, Manosque, Forcalquier, Sisteron), des communautés de communes, des pays (pays de Haute-Provence), des universités (université de Provence, université des saveurs et des senteurs), des chambres consulaires (chambre de commerce et d’industrie et chambre d’agriculture des Alpesde- Haute-Provence), des entreprises (EDF, Travaux électriques du Midi, Proman, l’entreprise de recherche et de développement international ITER International…), des associations, et même des particuliers. |
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