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Le Comité pour la réforme des collectivités territoriales, présidé par l’ancien Premierministre Edouard Balladur, a remis son rapport au président de la République, le 5mars dernier. La définition d’un nouveau système fiscal local constitue un point clé de la réorganisation territoriale. Inventaire des propositions.
Sur les vingt propositions contenues dans le rapport Balladur, quatre concernent les finances des collectivités locales ; elles ont été adoptées à l’unanimité par les membres du comité.
Il est en premier lieu proposé d’instaurer un objectif annuel d’évolution de la dépense publique locale, sur le modèle, semble-t-il, de l’objectif national des dépenses d’assurancemaladie (ONDAM) pour les dépenses sociales, et d’organiser un débat parlementaire sur cet objectif (proposition n° 14). Le rapport précise qu’il ne s’agit pas de mettre en place un dispositif contraignant,mais de fixer, en matière de dépense publique locale, un point de repère.
L’ANEM, comme les autres associations d’élus, s’est particulièrement inquiétée d’une telle proposition qui pourrait porter atteinte au principe constitutionnel de l’autonomie des collectivités territoriales.
S’agissant de la fiscalité locale, trois orientations sont avancées. D’abord, il est recommandé de réviser les valeurs locatives foncières tous les six ans (proposition n° 15). Le comité constate que la fiscalité directe locale de la France a principalement une base foncière, si bien que son actualisation et sa modernisation revêtent « un caractère d’urgence », « une absolue nécessité ». En ce sens, il estime que la référence à retenir pour procéder à la révision des bases foncières est la valeur locative et non pas la valeur vénale du bien.
Compenser la suppression de la taxe professionnelle
Autrement dit, le comité ne fait pas sienne la proposition avancée, en novembre 2007, par le président de la République, Nicolas Sarkozy, devant le congrès des maires de France, d’une actualisation des valeurs locatives à l’occasion de chaque changement de propriétaire. Ensuite, le comité propose de compenser la suppression de la taxe professionnelle (1) par un autre mode de taxation de l’activité économique, fondée sur les valeurs locatives foncières réévaluées (conformément à la proposition n° 15) et la valeur ajoutée des entreprises (proposition n° 16). L’Association se félicite à cet égard dumaintien du lien fiscal entre l’activité économique des entreprises et le territoire de la collectivité locale sur lequel elles sont implantées.
Enfin, le rapport Balladur recommande la limitation des cumuls d’impositions locales sur une même assiette, tout en se gardant de prévoir qu’un seul impôt puisse être perçu par une catégorie donnée de collectivités locales (proposition n° 17).
(1) PLMreviendra dans le prochain numéro sur les modalités de compensation de la taxe professionnelle telles que présentées, notamment, à l’occasion de la Conférence nationale des exécutifs du 25 mars dernier. |