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Pour voir clair dans la tempête
«On ne peut jamais se satisfaire d’avoir raison trop tôt. En octobre dernier, à Saint-Flour, j’avais hélas annoncé un avis de gros temps sur la montagne. On y est. Les propositions de la commission Balladur sur la réforme des collectivités ont donné le ton de regroupements territoriaux étudiés à la longue-vue, à travers le prisme de la ville, de la métropole, du genre urbain, de la pensée politique dominante, éloignant nos fonds de vallée des points de décision. Rien n’est pas encore joué mais le pli est pris. Rien à attendre non plus de la sauvegarde des services publics de première nécessité dans les zones à faible densité humaine, et encore moins des dotations d’un Etat qui montre à l’envi ses poches trouées. Nous, élus de nos belles montagnes, serionsnous donc voués à exister uniquement entre le 14 juillet et le 15 août et entre le vendredi soir et le lundi matin? Sans parler du déploiement de la TNT qui, au 30 novembre 2011, risque de nous proposer des écrans noirs sur nos nuits blanches. Tristes perspectives qui semblent nous condamner à aller chercher de l’eau avec un panier. Finalement, seules éclaircies dans ce ciel d’encre, la super-saison dans les stations de sports d’hiver comme un pied-de-nez à la crise majuscule actuelle, et le rééquilibrage des subsides de la PAC parMichel Barnier à l’avantage d’une agriculture extensive et donc plus vertueuse, au bénéfice de la montagne. Je veux y voir l’esquisse d’une promesse d’un monde enfin redevenu lucide après le désastre avéré de la bulle financière que beaucoup savaient virtuelle mais pas à ce point. Mesdames et messieurs qu’on nomme grands, prenez donc de l’altitude et vous y verrez plus clair dans la tempête!»
Henri Nayrou, président de l’ANEM Député de l’Ariège |
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