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Alors que le Sénat n’a repris que fin janvier l’examen de la loi de programme mettant en oeuvre le Grenelle de l’environnement, le texte projet de loi Grenelle 2 a été présenté au gouvernement le 7 janvier et devrait commencer à être débattu courant mars. A la différence du premier, qui se bornait à afficher objectifs et domaines couverts, ce deuxième texte législatif institue toute une panoplie d’outils qui permettra de passer de l’intention à l’acte.
C'est en toute logique que les cent articles du projet de loi Grenelle 2 couvrent lesmêmes domaines que le Grenelle 1: habitat et urbanisme, transports, énergie, risques, biodiversité, santé, gouvernance…Enmatière d’habitat et d’urbanisme, le texte renforce l’exigence de diagnostic de performance énergétique et rend obligatoire l’élaboration, d’ici le 31 décembre 2012, de plans climats territoriaux dans les agglomérations de plus de 50000 habitants.
Il modifie substantiellement le code de l’urbanisme pour l’adapter aux enjeux du développement urbain durable, « en fixant des objectifs environnementaux et énergétiques à la planification territoriale » et en intégrant la prise en compte de la trame verte et bleue (TVB) dans les documents d’urbanisme. Cette dernière serait établie conformément à des orientations fixées au niveau national, déclinées au niveau régional dans un document spécifique : le schéma régional de cohérence écologique.
Dans le domaine des transports, le texte du Grenelle 2 adapte la législation actuelle afin de réduire les nuisances et de privilégier desmodes de transport durables. Il n’y est toutefois nulle part question d’un surpéage en zones sensibles, qui permettrait d’exercer une certaine dissuasion envers la circulation routière dans des milieux particulièrement exposés, comme en ville, ou fragiles, comme les territoires de montagne, alors que cette logique avait été consignée dans les conclusions du Grenelle de l’environnement.
Ecocertification et écocitoyenneté
Concernant l’énergie, le texte renforce la planification des énergies renouvelables dans le respect des enjeux de qualité de l’air et de prise en compte du changement climatique. Il étend le dispositif des certificats d’économie d’énergie et encadre le développement des dispositifs expérimentaux de stockage de CO2. On doit relever que les entreprises de moins de 500 salariés ne sont pas assujetties à un bilan carbone. S’agissant de la biodiversité, outre la mise enoeuvre de laTVB, le texte du Grenelle 2 instaure une certification de la qualité environnementale des exploitations agricoles et des produits de la pêche, demême qu’il renforce la protection des zones humides et de la qualité des eaux.
En matière de santé, le texte affermit les dispositifs de protection des habitants face aux diverses nuisances sonores, radioélectriques et lumineuses. Il améliore le cadre juridique applicable aux circuits de valorisation et d’élimination des déchets et institue un contrôle régulier des champs électromagnétiques induits par les lignes de transport d’électricité, avec obligation de rendre publics les résultats.
Enfin, concernant la gouvernance, le texte institue de nouvelles obligations écocitoyennes, telles que les bilans d’émission de gaz à effet de serre (GES) imposés aux grandes entités publiques ou privées, ou l’affichage du bilan carbone des produits dans leur étiquetage. Surtout, il simplifie et unifie les procédures d’étude d’impact et d’enquête publique.
Au total donc, un grand nombre de sujets sur lesquels PLM aura l’occasion de revenir. |