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RÉFORME DES COLLECTIVITÉS LOCALES

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Développement durable

Sommaire du PLM 191


ASSISES DE L’ÉNERGIE ET DU CLIMAT
DES ATOUTS DURABLES POUR LA MOYENNE MONTAGNE

La dixième édition des Assises de l’énergie et du climat des collectivités locales, qui s’est tenue à Grenoble du 28 au 30 janvier, se penchait sur la question des politiques énergétiques locales comme opportunité de développement pour les territoires. Dans ce cadre, l’ANEM était organisatrice de l’un des quatre forums (tables rondes) figurant au programme cette année. Celui-ci avait pour thème le changement climatique enmoyennemontagne comme facteur de nouvelles alternatives, tant sur le plan énergétique qu’économique, et regroupait autour d’une même table une diversité d’acteurs évoluant habituellement dans des sphères différentes. Ce fut un succès du point de vue du croisement des problématiques et de la solidarité qui s’est exprimée entre les différents secteurs d’activité et étages montagnards pour faire face aux incertitudes du changement climatique.


L’ÉMERGENCE DE MODES DE GESTION DURABLES

S’inscrivant dans la continuité logique du rapport de l’Association sur le changement climatique, au même titre que le colloque organisé au SAM en avril 2008 sur « Le tourisme en montagne 365 jours par an », le forumconsacré aux enjeux du changement climatique pour la moyenne montagne s’est plus particulièrement focalisé sur les secteurs d’activités traditionnelles de l’économie montagnarde tels que l’agriculture, le pastoralisme et la sylviculture.

Les secteurs économiques sur lesquels repose traditionnellement l’économie montagnarde ont sans doute été les premiers à relever les dysfonctionnements qui les affectent, avant même que l’on ait fait la démonstration de leur lien explicite avec les phénomènes de changement climatique : allongement des périodes d’estive, sécheresses récurrentes, recrudescence de risques naturels, progression des risques sanitaires tant pour les cheptels que pour les plantations, notamment sylvicoles…
De ce fait, les professionnels des secteurs touchés ont fait preuve de réactivité en expérimentant de façon intuitive certaines techniques d’adaptation (sélection des variétés en fonction des besoins hydriques, stratégies de stockage pour le fourrage ou la ressource en eau…), tout en soulignant les incertitudes fortes qui pèsent sur l’avenir de leurs activités.

Une recherche spontanée d’anticipation

Certains, tels des alpagistes de l’Isère, ont même mis en place des systèmes d’observation particuliers, afin de mieux anticiper les adaptations nécessaires aux évolutions lourdes et irréversibles qu’ils subissent (que la rigueur de cet hiver vient faussement démentir).
Au regard des bilans énergétiques, ces nouvelles méthodes de gestion des activités productives des secteurs agricoles et sylvicoles sont attentives à leur impact en termes de carbone et d’émissions de gaz à effet de serre (GES),mais elles sous-tendent surtout l’enjeu fondamental de la pérennité de l’agriculture et de la forêt demontagne, qui jouent un rôle considérable en tant que puits de carbone.


DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS POUR LA MONTAGNE

La moyenne montagne constitue un réservoir important d’énergies renouvelables (soleil, vent, eau et bois) dont l’avenir est stratégique au regard des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et pour répondre à l’impératif de l’adaptation. Le forum organisé par l’ANEM s’interrogeait sur lesmoyens demettre en place un cercle vertueux du développement autour des énergies renouvelables.

Au même titre que les territoires de haute montagne, mais dans des proportions différentes, la moyenne montagne se singularise par une capacité à contribuer à la production d’énergies renouvelables qui se fonde principalement sur l’abondance de ses ressources en eau et en bois.
Même si l’équipement de la France en centrales hydroélectriques peut être considéré comme proche de l’optimal, le potentiel de production de cette énergie renouvelable peut encore s’améliorer avec la création de microcentrales ou la rénovation du parc actuel de barrages.

Organiser la filière en priorité

Quant à la fourniture de bois-énergie, la moyenne montagne semble avoir une vocation certaine pour le développement de chaufferies bois et de réseaux de chaleur locaux. Dans cette perspective, la filière doit impérativement s’organiser en s’appuyant notamment sur les chartes forestières de territoire et exploiter le créneau important que représente le bois-construction, comme le montre l’expérience réussie du Voralberg, en Autriche. L’ADEME, également représentée dans ce forum, propose un panel d’outils pour accompagner les montagnards dans ce sens.


Un rendez-vous désormais bien établi

Les Assises nationales de l’énergie et du climat des collectivités territoriales sont organisées chaque année par la communauté urbaine de Dunkerque et celle de Grenoble, qui les accueillent en alternance, avec le concours de partenaires du secteur de l’énergie tels que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), Total, GDF-Suez, EDF, ou la Caisse des dépôts.
Articulant visites de sites, travail en ateliers et tables rondes, ces assises ont pour but d’amener les différents acteurs de l’énergie à réfléchir sur les consommations, la distribution, la diversification des énergies et leur avenir, mais aussi de définir le rôle, l’implication et les moyens d’action des collectivités locales sur ces questions dans un contexte énergétique en pleine évolution.
Elles s’intéressent également aux innovations, projets pilotes et tendances des autres pays européens, et cherchent à anticiper les répercussions des décisions prises aujourd’hui.
Bien qu’intéressant les collectivités de toute taille, les thèmes choisis jusqu’ici pour les éditions précédentes étaient particulièrement propices aux approches urbaines : mobilité, bâtiments, production décentralisée, ouverture des marchés, maîtrise des consommations…


De la parole aux actes

Le centre de petite enfance de Gières (photo ci-dessous), commune de montagne de 6 165 habitants de l’agglomération grenobloise, mais située dans le Grésivaudan, figurait parmi les visites techniques du programme des 10es Assises.
Ce bâtiment HQE, à l’isolation phonique, au confort thermique et à la consommation en eau particulièrement performants, se singularise par sa toiture végétalisée constituée d’un substrat d’une épaisseur de 12 cm, qui vient renforcer les performances énergétiques et participe à la capacité de rétention d’eau du bâtiment tout en contribuant à son intégration paysagère.

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