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Environnement - spécial ours

Sommaire du PLM 186
Dossier "Environnement "

Alors que le groupe national ours devrait dans le courant de ce mois tenir sa deuxième réunion, dans une composition élargie pour une meilleure représentation des collectivités territoriales du massif, PLM présente le contenu des rapports d’inspection générale, dont les conclusions avaient été communiquées lors de l’installation du groupe, le 26 juin dernier.

 
Comportement de Franska
Coupable mais pas responsable

Mandaté pour établir si le comportement de Franska, l’ourse slovène tuée l’an dernier au cours d’un accident de circulation était atypique ou non, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONFCS) a interrogé cinq experts européens qui ne se sont pas émus outre mesure des troubles qui avaient alors défrayé la chronique.

Quatre seulement des cinq scientifiques interrogés en Autriche, Espagne, Italie, Norvège et Slovénie, ont répondu aux trois questions qui leur avaient été transmises par l’ONFCS, demandant s’il y avait de la part de Franska comportement atypique, notamment en matière de prédations, et quelles réflexions leur inspirait le protocole français de gestion de l’ours à problèmes. Il n’est pas anodin de relever que c’est l’expert slovène qui n’a pas répondu. Pour ce qui est des quatre autres, ceux-ci sont unanimes à considérer, pratiquement dans les mêmes termes, que Franska n’a pas eu de comportement atypique ; l’expert italien affirmant qu’« il n’y a pas de corrélation entre les déplacements des ours et le nombre de dommages », l’expert autrichien observant que « Franska n’est pas un ours à problèmes, mais un ours qui pose des problèmes », le spécialiste norvégien concluant que « son comportement de prédation n’est pas anormal compte tenu que les troupeaux ne sont pas gardés, phénomène souvent observé quand on compare la prédation d’individus entre la Suède où les troupeaux sont gardés et la Norvège où ils ne (le) sont pas… ».

Des exactions a priori inévitables

Le diagnostic est donc clair: le comportement de Franska, s’il a pu poser des problèmes, n’avait rien d’atypique et tout autre ours aurait probablement eu lemême. Les divagations inhabituelles et la fréquentation des zones habitées, facteurs de multiplication des prédations, pouvant s’expliquer par la recherche de partenaires…
La messe est-elle dite pour autant? Et peut-on se satisfaire d’un diagnostic qui stigmatise les techniques pastorales en place sans se poser des questions sur le bilan coûts/avantages d’un parti pris de réintroduction?
Par ailleurs, on peut s’interroger sur la volonté délibérée de concentrer l’enquête sur le seul cas de l’ourse Franska, car d’autres spécimens slovènes réintroduits en 2006 ont également eu des comportements posant question: Palouma se tuant dans un dérochement, Balou s’égarant dans la plaine de Toulouse, Sarousse ayant été capturée pour être reconduite en haute montagne.
En d’autres termes, plus qu’une autopsie du cas Franska, les élus auraient aimé que l’on s’interroge avec plus de recul et de lucidité sur le lien entre réintroductions et comportements inappropriés en tant qu’indicateurs d’inadaptation au territoire et/ou de perturbation des organisations sociales locales.


Parcs à ours
Les implications concrètes du concept de « cage naturelle»

Parti du constat que la proposition de cantonner l’ours dans des parcs spécifiques lui offrant des conditions naturelles propices était susceptible de faire consensus, le rapport inventoriant lesmoyens demieux identifier les territoires de présence de l’ours s’efforce de donner corps à cette idée de «cage naturelle».

Dans un premier temps, les rapporteurs démontrent l’impossibilité d’un espace de contention clôturé, pour appuyer l’idée de territoires de cantonnement attractifs en dehors desquels l’espèce serait régulée (par capture pour relâcher, exceptionnellement par destruction pour les ours «excessivement familiers, dangereux ou très prédateurs »), selon une logique qui rappelle celle mise en place pour le loup.De ce fait, de vastes espaces à forte densité forestière (de l’ordre de 200 à 3000 hectares) devraient être mobilisés (1) pour être dévolus à l’habitat de l’ours.

Adapter en conséquence ressources forestières et cynergétiques

Cette présence induirait des modes de gestion particuliers, notamment sur les plans sylvicoles (avec la plantation et l’entretien de végétaux herbacés alimentaires et d’arbres fruitiers), et cynégétiques (en limitant la pression des cervidés et des sangliers), et par conséquent un certain renforcement des équipes techniques affectées au suivi de l’ours.
Pour assurer l’efficacité de cette approche la concertation devrait être accentuée, notamment en se rapprochant encore plus du terrain (au niveau de chaque département), et s’accompagner d’une stratégie de valorisation de la présence de l’ours associant les acteurs locaux.
Sur les trois zones de présence actuelles et/ou potentiellement propices (2), le rapport considère que la plus appropriée est celle des Pyrénées centrales. Il préconise par contre d’exclure des territoires de présence, alors que l’ours y est actuellement présent, l’essentiel du département des Hautes-Pyrénées, toute la vallée de l’Ariège et la partie ariégeoise du Vicdessos, la forêt n’y étant pas suffisamment dense et les alpages trop importants.
Ce diagnostic territorial constitue une base sur laquelle devra bien entendu s’engager une concertation locale approfondie avant toute avancée nouvelle vers l’idée de parcs à ours.
(1) Il s’agirait avant tout de terrains détenus par l’Etatmais qui s’étendraient à des propriétés incorporées progressivement aux associations communales de chasse agréées (ACCA). (2) Le Haut-Béarn, les Pyrénées centrales – Haut- Comminges-Couserans –, et éventuellement, à l’ouest, les confins de l’Aude, de l’Ariège et des Pyrénées-Orientales.


Evaluation du plan ours à mi-parcours

Le bilan présenté au groupe national ours du plan de réintroduction énumère avec un souci d’objectivité et un ton mesuré tous les résultats atteints, tant en termes financiers qu’environnementaux ou sociologiques. Ce bilan confirme ainsi que le suivi de l’ours mobilise l’équivalent de vingt emplois de fonctionnaires à temps plein et s’interroge sur le taux d’échec important des réintroductions de 2006. Il préconise néanmoins comme mesure d’urgence la protection dans les Pyrénées centrales de l’ourse suitée Hvala, mère de deux oursons, et la réintroduction en France ou en Espagne d’une ou deux femelles pour consolider la population ursine du Haut-Béarn. Enfin, si le rapport se prononce en faveur de l’élimination des « ours à problèmes », citant notamment l’ours familier Boutxy, il insiste sur la nécessité de remplacer sans tarder tout spécimen ainsi retiré.

 

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