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Sommaire du PLM 185
Dossier "Environnement"
Forêt de montagne
Des menaces à très court terme |
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Parmi tous les effets prévisibles du changement climatique en cours, les plus spectaculaires seront sans doute ceux qui affecteront la forêt de montagne. Elément incontournable du paysage et du milieu naturel montagnards, la forêt est en effet menacée à très court terme de subir d’importantes transformations. Celles-ci viennent encore alourdir les conditions non compétitives d’une exploitation courante pourtant indispensable, tant du point de vue de l’aménagement du territoire, que du point de vue de la sécurisation des risques naturels majeurs.
Mais, au regard des enjeux que soulève le changement climatique, la forêt de montagne dispose également d’atouts à faire valoir et apporte une contribution non négligeable à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. |
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La forêt de montagne devrait connaître d’importants bouleversements, qu’il s’agisse de son état de santé général, de la composition de ses peuplements ou de la localisation de ses implantations.
Plusieurs phénomènes devraient affecter durablement la forêt demontagne.
Le premier d’entre eux serait un stress hydrique entraîné par la hausse globale des températures. Celle-ci vient se greffer sur le pic de mortalité des feuillus qu’a provoqué la sécheresse de 2003, la plus grave subie depuis 1950. Le relatif assèchement des sols qui en découle accentue la fragilité générale des
forêts de protection implantées sur les fortes pentes.
Ensuite, cette baisse globale d’hydrométrie aura également pour conséquence de rendre plus sensibles au risque incendie des massifs forestiers qui jusque-là en étaient épargnés.
L’épicéa d’ores et déjà condamné
Enfin, le facteur de fragilisation le plus important est sanitaire. En effet, les températures plus clémentes favorisent la diffusion des agents pathogènes tels que vers, champignons ou virus, allant jusqu’à menacer d’extinction complète certaines essences.Ainsi, les professionnels du secteur forestier considèrent dès à présent l’épicéa comme condamné.
Ces perspectives renforcent l’impérieuse nécessité d’accélérer l’exploitation des massifs forestiers de montagne, mais aussi de procéder, en vue de repeuplements, à la sélection d’essences nouvelles adaptées à ces évolutions, moins exigeantes en eau et plus résistantes aux maladies.
Cependant, ces interrogations soulevées par les sylviculteurs ne disposent pas pour l’instant de réponses techniques convaincantes. |
| Une mut(il)ation visible du paysage |
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Le changement le plus spectaculaire qui affectera la forêt de montagne, parce que directement perceptible dans le paysage, portera sur la remontée des étagements végétatifs.
A altitude constante, la forêt demontagne est appelée à de profondes mutations. Sous les effets du changement climatique, les aires de répartition des diverses essences forestières connaîtront des déplacements importants : les groupes méditerranéens et atlantiques devraient progresser au détriment des espècesmontagnardes.
Les projections à l’horizon 2100 des implantations du hêtre sont explicites de ce point de vue.
La composition des peuplements forestiers s’en trouvera bouleversée, notamment par la généralisation progressive (et déjà entamée) d’espèces lauryphylles à feuilles coriaces larges et persistantes.
Les scientifiques ont par ailleurs démontré que toute hausse de température de 1 °C se traduit par une élévation de 150 mètres en altitude de ces étages végétatifs.
Remontée notable
des étagements forestiers
Des observations effectuées au cours
du XXe siècle ont ainsi établi que la
pousse du gui avait par exemple progressé
de 200 mètres dans le Valais
suisse entre 1910 et 1995. Cela
devrait provoquer certains conflits d’usage, la forêt de
montagne étant appelée
ainsi à s’étendre
naturellement
au-delà de l’actuelle
limite traditionnelle
des 1 800 mètres,
empiétant sur les
prairies d’altitude,
dévolues traditionnellement
au pastoralisme. |
| Les propositions de l’ANEM |
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Dynamiser la filière bois en montagne avec
de nouveaux débouchés.
Développer la biomasse (chaufferies bois)
et la contribution aux plans climat
des contrats de projets Etat-Régions
(proposition n° 5).
Soutenir les collectivités de montagne qui
souhaitent investir dans l’énergie à partir de
la biomasse.
Adapter la
réglementation
(procédures de rachat
d’électricité, appels
d’offres) aux réalités
des zones faiblement
peuplées
(proposition n° 6).
Promouvoir
l’approche territoriale
de l’offre touristique.
Réduire la
dépendance des
destinations
touristiques de
montagne au facteur
neige (proposition
n° 7)… notamment
en valorisant l’attrait
de la forêt de
montagne.
Mettre en place une
veille active sur les risques naturels.
Renforcer les moyens financiers et humains
du service de restauration des terrains en
montagne (RTM) et intégrer le facteur
changement climatique dans les documents
de prévention des risques (proposition n° 13).
Préserver la ressource en eau.
Initier une politique d’investissement en
faveur du stockage de l’eau en montagne
(proposition n° 14).
Relancer la recherche sur les essences
sylvicoles.
Permettre aux sylviculteurs de montagne
de faire les choix adaptés en matière de
reforestation (proposition n° 15). |
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