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RÉFORME DES COLLECTIVITÉS LOCALES

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plm 206

Consulter le PLM 206 Sommaire du n'206 - juin 2010

Communiqué de presse Réforme territoriale : forte mobilisation des parlementaires de la montagne à l’Assemblée et au Sénat

Communiqué de presse Réforme territoriale : mobilisation des élus de la montagne pour réécrire le texte de la Commission des lois

 
 
Développement durable

Sommaire du PLM 185
Dossier "Environnement"


Forêt de montagne
Des menaces à très court terme

Parmi tous les effets prévisibles du changement climatique en cours, les plus spectaculaires seront sans doute ceux qui affecteront la forêt de montagne. Elément incontournable du paysage et du milieu naturel montagnards, la forêt est en effet menacée à très court terme de subir d’importantes transformations. Celles-ci viennent encore alourdir les conditions non compétitives d’une exploitation courante pourtant indispensable, tant du point de vue de l’aménagement du territoire, que du point de vue de la sécurisation des risques naturels majeurs.
Mais, au regard des enjeux que soulève le changement climatique, la forêt de montagne dispose également d’atouts à faire valoir et apporte une contribution non négligeable à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.


Un écosystème en danger

La forêt de montagne devrait connaître d’importants bouleversements, qu’il s’agisse de son état de santé général, de la composition de ses peuplements ou de la localisation de ses implantations.

Plusieurs phénomènes devraient affecter durablement la forêt demontagne.
Le premier d’entre eux serait un stress hydrique entraîné par la hausse globale des températures. Celle-ci vient se greffer sur le pic de mortalité des feuillus qu’a provoqué la sécheresse de 2003, la plus grave subie depuis 1950. Le relatif assèchement des sols qui en découle accentue la fragilité générale des
forêts de protection implantées sur les fortes pentes.
Ensuite, cette baisse globale d’hydrométrie aura également pour conséquence de rendre plus sensibles au risque incendie des massifs forestiers qui jusque-là en étaient épargnés.

L’épicéa d’ores et déjà condamné

Enfin, le facteur de fragilisation le plus important est sanitaire. En effet, les températures plus clémentes favorisent la diffusion des agents pathogènes tels que vers, champignons ou virus, allant jusqu’à menacer d’extinction complète certaines essences.Ainsi, les professionnels du secteur forestier considèrent dès à présent l’épicéa comme condamné.
Ces perspectives renforcent l’impérieuse nécessité d’accélérer l’exploitation des massifs forestiers de montagne, mais aussi de procéder, en vue de repeuplements, à la sélection d’essences nouvelles adaptées à ces évolutions, moins exigeantes en eau et plus résistantes aux maladies.
Cependant, ces interrogations soulevées par les sylviculteurs ne disposent pas pour l’instant de réponses techniques convaincantes.


Une mut(il)ation visible du paysage

Le changement le plus spectaculaire qui affectera la forêt de montagne, parce que directement perceptible dans le paysage, portera sur la remontée des étagements végétatifs.

A altitude constante, la forêt demontagne est appelée à de profondes mutations. Sous les effets du changement climatique, les aires de répartition des diverses essences forestières connaîtront des déplacements importants : les groupes méditerranéens et atlantiques devraient progresser au détriment des espècesmontagnardes.
Les projections à l’horizon 2100 des implantations du hêtre sont explicites de ce point de vue.
La composition des peuplements forestiers s’en trouvera bouleversée, notamment par la généralisation progressive (et déjà entamée) d’espèces lauryphylles à feuilles coriaces larges et persistantes.
Les scientifiques ont par ailleurs démontré que toute hausse de température de 1 °C se traduit par une élévation de 150 mètres en altitude de ces étages végétatifs.

Remontée notable des étagements forestiers

Des observations effectuées au cours du XXe siècle ont ainsi établi que la pousse du gui avait par exemple progressé de 200 mètres dans le Valais suisse entre 1910 et 1995. Cela devrait provoquer certains conflits d’usage, la forêt de montagne étant appelée ainsi à s’étendre naturellement au-delà de l’actuelle limite traditionnelle des 1 800 mètres, empiétant sur les prairies d’altitude, dévolues traditionnellement au pastoralisme.


Les propositions de l’ANEM

Dynamiser la filière bois en montagne avec de nouveaux débouchés.
Développer la biomasse (chaufferies bois) et la contribution aux plans climat des contrats de projets Etat-Régions (proposition n° 5).

Soutenir les collectivités de montagne qui souhaitent investir dans l’énergie à partir de la biomasse.
Adapter la réglementation (procédures de rachat d’électricité, appels d’offres) aux réalités des zones faiblement peuplées (proposition n° 6).

Promouvoir l’approche territoriale de l’offre touristique.
Réduire la dépendance des destinations touristiques de montagne au facteur neige (proposition n° 7)… notamment en valorisant l’attrait de la forêt de montagne.

Mettre en place une veille active sur les risques naturels.
Renforcer les moyens financiers et humains du service de restauration des terrains en montagne (RTM) et intégrer le facteur changement climatique dans les documents de prévention des risques (proposition n° 13).

Préserver la ressource en eau.
Initier une politique d’investissement en faveur du stockage de l’eau en montagne (proposition n° 14).

Relancer la recherche sur les essences sylvicoles.
Permettre aux sylviculteurs de montagne de faire les choix adaptés en matière de reforestation (proposition n° 15).


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