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L’élévation globale des températures, plus sensible en montagne parce qu’accentuée, modifie les cycles végétatifs de façon durable et irréversible. Cela ne peut qu’avoir des incidences notables sur les productions et les modes d’exploitation.
En montagne, les rendements sont généralementmoindres du fait de la durée écourtée des périodes de végétation. Par conséquent, l’élévation certaine des températures de quelques degrés d’ici la fin du siècle (+1,1 à +6,4°C selon les scénarios), aura pour conséquences un allongement sensible de la durée des périodes de végétation et une augmentation notable des rendements. En soi, ceci devrait constituer un gain de productivité appréciable Agriculture L’adaptation est inévitable Les conditions d’exercice de l’activité agricole en montagne sont appelées à se modifier substantiellement avec les effets attendus du changement climatique. Non seulement volumes et qualités des productions traditionnelles devraient évoluer, mais de surcroît le rôle de l’agriculteur de montagne dans la gestion et la sécurité de l’espace montagnard prendrait de l’importance, ce qui dès à présent appelle une stratégie d’adaptation appropriée. Les propositions de l’ANEM pour les exploitations demontagne, notamment au regard de leur autosuffisance en fourrage.
Or, la quantité et la qualité, non seulement de l’herbe, mais aussi des fourrages, influent directement sur la qualité des productions qui en dépendent, notamment les viandes, le lait et les produits laitiers, toutes fondamentales pour l’économie agricole de montagne. Les qualités organiques des productions végétales devraient donc évoluer.
Mais ce n’est qu’un leurre, car ce diagnostic doit être relativisé, d’une part, avec l’accroissement du risque sanitaire, la chaleur étant propice à la propagation des épizooties, et, d’autre part, avec une sécheresse estivale récurrente, la ressource en eau se raréfiant du fait notamment de la fonte plus précoce de la neige en fin d’hiver.
Fourrage en baisse et cycle de l’eau perturbé
C’est donc plutôt à un appauvrissement relatif de la ration fourragère, tant en qualité qu’en quantité (du fait de la perturbation du cycle de l’eau) qu’il faudrait s’attendre, avec des incidences sur la qualité gustative de nombreux produits agricoles.
Le secteur viticole, où l’augmentation en sucres des fruits, avec l’amélioration des bouquets et le renforcement des teneurs en alcool des vins produits, a déjà pu être constatée, constitue en quelque sorte un contre-exemple. Mais ce dernier illustre de façon parlante les défis que devront très vite relever les productions couvertes par des régimes de qualité certifiée, dont le cahier des charges exige par nature une constance tant gustative qu’organoleptique. |