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Développement durable

Sommaire du PLM 184
Dossier "Agriculture"


Agriculture
L’adaptation est inévitable

Les conditions d’exercice de l’activité agricole en montagne sont appelées à se modifier substantiellement avec les effets attendus du changement climatique. Non seulement volumes et qualités des productions traditionnelles devraient évoluer, mais de surcroît le rôle de l’agriculteur de montagne dans la gestion et la sécurité de l’espace montagnard prendrait de l’importance, ce qui dès à présent appelle une stratégie d’adaptation appropriée.


Des conditions d’exploitation en profonde mutation

L’élévation globale des températures, plus sensible en montagne parce qu’accentuée, modifie les cycles végétatifs de façon durable et irréversible. Cela ne peut qu’avoir des incidences notables sur les productions et les modes d’exploitation.

En montagne, les rendements sont généralementmoindres du fait de la durée écourtée des périodes de végétation. Par conséquent, l’élévation certaine des températures de quelques degrés d’ici la fin du siècle (+1,1 à +6,4°C selon les scénarios), aura pour conséquences un allongement sensible de la durée des périodes de végétation et une augmentation notable des rendements. En soi, ceci devrait constituer un gain de productivité appréciable Agriculture L’adaptation est inévitable Les conditions d’exercice de l’activité agricole en montagne sont appelées à se modifier substantiellement avec les effets attendus du changement climatique. Non seulement volumes et qualités des productions traditionnelles devraient évoluer, mais de surcroît le rôle de l’agriculteur de montagne dans la gestion et la sécurité de l’espace montagnard prendrait de l’importance, ce qui dès à présent appelle une stratégie d’adaptation appropriée. Les propositions de l’ANEM pour les exploitations demontagne, notamment au regard de leur autosuffisance en fourrage.
Or, la quantité et la qualité, non seulement de l’herbe, mais aussi des fourrages, influent directement sur la qualité des productions qui en dépendent, notamment les viandes, le lait et les produits laitiers, toutes fondamentales pour l’économie agricole de montagne. Les qualités organiques des productions végétales devraient donc évoluer.
Mais ce n’est qu’un leurre, car ce diagnostic doit être relativisé, d’une part, avec l’accroissement du risque sanitaire, la chaleur étant propice à la propagation des épizooties, et, d’autre part, avec une sécheresse estivale récurrente, la ressource en eau se raréfiant du fait notamment de la fonte plus précoce de la neige en fin d’hiver.

Fourrage en baisse et cycle de l’eau perturbé

C’est donc plutôt à un appauvrissement relatif de la ration fourragère, tant en qualité qu’en quantité (du fait de la perturbation du cycle de l’eau) qu’il faudrait s’attendre, avec des incidences sur la qualité gustative de nombreux produits agricoles.
Le secteur viticole, où l’augmentation en sucres des fruits, avec l’amélioration des bouquets et le renforcement des teneurs en alcool des vins produits, a déjà pu être constatée, constitue en quelque sorte un contre-exemple. Mais ce dernier illustre de façon parlante les défis que devront très vite relever les productions couvertes par des régimes de qualité certifiée, dont le cahier des charges exige par nature une constance tant gustative qu’organoleptique.


De nouveaux surcoûts en prévision

Les nouvelles conditions d’exploitation induites par le changement climatique risquent de se traduire par des surcoûts supplémentaires pour les agriculteurs de montagne.
Ils ont principalement deux origines : les besoins croissants d’apports extérieurs en fourrage, d’une part, et dautre part, l’alourdissement des missions environnementales assurées de façon concomitante à l’activité de l’exploitation agricole, tant pour ce qui concerne l’entretien des paysages que la biodiversité ou la prévention des risques.
C’est pourquoi il est indispensable, non seulement de maintenir et de conforter l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), mais également de flécher de façon plus explicite vers les exploitations de montagne les aides communautaires en matière agroenvironnementale.


Les propositions de l’ANEM

Soutenir les missions environnementales de l’agriculture.
Notamment en pérennisant l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN) et en orientant expressément certaines mesures agro-environnementales (MAE) vers les territoires de montagne (proposition N°2).

Valoriser les productions agricoles en protégeant les labels et les appellations d’origine.
En encadrant les besoins d’évolution des cahiers des charges, notamment pour les AOC (proposition N°4).

Préserver la ressource en eau.
En initiant une politique d’investissement en faveur du stockage de l’eau en montagne (proposition N°14).

Créer un fonds d’adaptation aux effets du changement climatique en montagne.
Sur la base du projet (généraliste) européen (proposition N°21).


Menaces sur les régimes de qualité

Qu’elle intervienne à travers un apport complémentaire extérieur en fourrage ou une modification de leurs composants biologiques, l’évolution des productions agricoles et agro-alimentaires montagnardes, du fait du changement climatique, semble inéluctable.
Ce qui pose d’importantes questions quant à la gestion des signes de qualité et des référentiels techniques (cahiers des charges) qui y sont associés.
En effet, un vin doitil perdre son AOC parce que sa teneur en alcool a dépassé celle prescrite par le cahier des charges ?
De même, une viande d’origine certifiée doit-elle perdre le bénéfice de son label du fait que l’alimentation de l’animal a dû recourir partiellement à des livraisons extérieures à son territoire de référence ? Sachant que le signe de qualité constitue pour la plupart des filières de production concernées l’outil le plus fiable pour maintenir une activité agricole productive en montagne, il serait a priori absurde de vouloir figer avec rigidité les produits de qualité dans leurs définitions traditionnelles.
Il ne saurait toutefois être question de laisser la porte ouverte à toutes les modifications du processus de production ou de fabrication, notamment en acceptant celles qui ne viseraient qu’à réduire les prix de revient. Mais il incombe aux interprofessions de s’organiser en conséquence pour préserver l’authenticité des terroirs tout en permettant le maintien des productions.


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