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«La montagne, entre spéculation et abandon»
«La montagne, à travers la diversité de ses massifs, peut plus souvent qu’à son tour devenir terre de paradoxes. Au total, nos territoires n’en sont que plus difficiles à vivre au quotidien. J’en veux pour exemple ce récent rapport du Conseil général des ponts et chaussées sur le dysfonctionnement des marchés du logement en zone touristique, qui montre bien comment le succès des projets de développement dans le secteur du tourisme transforme ces derniers en mécanismes d’exclusion, aussi bien pour les travailleurs sur site que pour les populations locales permanentes. Cette dimension spéculative de la montagne, qui n’échappe pas au grand public, est une réalité actuelle et préoccupante en montagne, mais c’est hélas ! loin d’être la seule.
Car, à l’inverse, les territoires de montagne souffrent, et certains de façon encore plus critique que d’autres, d’un mouvement général de repli des services publics, à commencer par la réforme du réseau hospitalier, qui risque de se traduire par la fermeture de nombreuses implantations de proximité, en procédant à des regroupements qu’impose l’exigence de qualité des soins. Mais il ne faut pas oublier que la proximité est elle aussi un important facteur de qualité de vie, déterminante pour l’aménagement de nos massifs.
C’est donc, en tant que porteurs de ces messages, et pour que ceuxci soient entendus, que plus que jamais nous restons déterminés à saisir le Premier ministre, avec l’ambition qu’il les soumette à l’examen d’un prochain conseil national de la montagne.»
Martial Saddier, président de l’ANEM. Député de la Haute-Savoie |
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