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Tourisme

Sommaire du PLM 183
Dossier "Tourisme"

Entretien avec Bertrand Rabatel «Le VTT contribue à la vitalité touristique de la montagne»

Directeur du Syndicat national des moniteurs de cyclisme français, Bertrand Rabatel, témoigne, à travers l’exemple du vélo tout-terrain (VTT), des liens étroits entre tourisme et sports de loisirs en montagne.

PLM: En quoi le développement du VTT contribue-t-il à dynamiser les territoires de montagne?
Bertrand Rabatel: Le vélo arrive en tête des sports pratiqués par les Français, avec 18 millions de personnes, selon une étude de l’INSEE, parue en 2003. Et avec 1,7 million de mountain bike vendus chaque année (chiffre 2007), leVTT est une activité qui a le vent en poupe. Il se pratique sous des formes si diverses que chacun peut se l’approprier à sa convenance. Certains opteront pour une balade en famille ou entre amis, comme activité de loisir. D’autres préféreront des sorties plus sportives sur un bike park, ou sous la forme d’un raid de plusieurs jours traversant un massif.
Pourtant, si la montagne est le terrain de jeu le plus ludique, il est aussi le plus difficile, le plus exigeant, si bien que seuls les vététistes aguerris osent s’y aventurer. Je constate qu’il manque encore pour le grand public un ensemble de services qui constituent une offre touristique globale. C’est en cela, selon moi, que le VTT contribue à la vitalité touristique des territoires de montagne.
A la différence, par exemple, d’un randonneur pédestre, le vététiste est beaucoup moins autonome. Il attend des services de location et réparation. Il souhaite bénéficier d’animation et être encadré dans sa pratique. Le vététiste est consommateur de prestations (hébergement marchand, restauration…), si bien qu’il peut générer des retombées économiques.
PLM: La filière semble vouloir se structurer davantage et se professionnaliser. Que recouvre lemétier de pisteur VTT, récemment créé?
B.R. : Le grand public trouve rarement des pistesVTT adaptées à son niveau, et les pistes expertes ne sont pas signalées et sécurisées comme il le faudrait. Des problèmes, liés au développement du VTT, apparaissent ; je pense aux accidents, à la cohabitation sur les espaces.
Certaines stations mettent en place des bike patrols pour renforcer la sécurité. Souvent pisteurs-secouristes l’hiver, ces personnels ne me paraissent pas connaître suffisamment les spécificités du VTT. Sur la base de ce constat, une formation de pisteurVTT vient de voir le jour, sanctionnée par un certificat de qualification professionnelle (CQP). Ce nouveau métier se caractérise par l’exercice de quatre missions essentielles : l’organisation de la pratique du VTT descente, l’aménagement et l’entretien des sites, la sensibilisation des pratiquants (notamment aux risques), enfin l’aide à l’intervention des secours.


Hiver 2007-2008
Une fin de saison en demi-teinte

Alors que le début de la saison était particulièrement prometteur, avec notamment des taux de fréquentation records pour les congés de Noël et du jour de l’an(1), les vacances de février ont été plus décevantes.

Selon les chiffres du Syndicat national des téléphériques de France (SNTF), qui retient comme indicateur la fréquentation (journées skieurs) des domaines skiables, le mois de février a été dans l’ensemble moyen (-1 % par rapport à la moyenne des quatre dernières saisons, pour la même période), voire mauvais dans certains massifs (-36 %, pour le massif vosgien, -17 % pour les Pyrénées).

Une fréquentation satisfaisante mais avec des disparités

Les domaines skiables de ces deux derniers massifs sont en grande difficulté puisqu’ils enregistrent, sur l’ensemble de la saison d’hiver 2007-2008, une baisse de fréquentation de l’ordre de 19 % (massif vosgien) et de 12 % (Pyrénées). A noter que si le Jura a connu unmois de février particulièrement défavorable (-21 %), à la mi-mars, il affichait un taux de fréquentation de son domaine skiable sur l’ensemble de la saison supérieur de 1 % en comparaison avec la moyenne des quatre dernières saisons.
Les données fournies par l’Observatoire des stations de montagne (enquêtes conjoncturelles ODIT France, sur le taux d’occupation des lits touristiques), nuancent cette première impression mitigée. Au cours des vacances de février, les taux d’occupation ont varié de 64 % à 87 % selon les massifs, si bien que la fréquentation est jugée «satisfaisante».
Des disparités demeurent néanmoins: ces taux d’occupation sont annoncés en progression par rapport à l’an passé dans l’ensemble du massif alpin, mais ils sont jugés en recul dans le Jura et lesVosges. Situation que l’on pourrait qualifier de paradoxale, puisque les Pyrénées ont enregistré une hausse de la fréquentation et du chiffre d’affaires de leurs lits touristiques.

(1) PLM n° 180, février 2008, p. 9.

 

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