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Les considérations environnementales sont devenues des critères d’appréciation d’une offre touristique. Pour certaines clientèles, par exemple du nord de l’Europe, elles sont, à travers l’exigence de qualité, un déterminant de la demande. L’immobilier de loisirs n’échappe pas à ce mouvement.
La situation de l’immobilier de loisirs en montagne, dont aucune station ne semble devoir faire exception, est bien connue: présence d’un patrimoine bâti vieillissant, voire vétuste, au demeurant détenu par des dizaines de milliers de propriétaires (atomisation de la propriété), dont beaucoup sont étrangers, avec pour chacun des intérêts propres, rarement convergents. A cela s’ajoute une croissance forte des lits banalisés en résidence de tourisme, lorsque les baux d’exploitation d’une durée de neuf ans arrivent à échéance.
Si l’on veut bien se rappeler que la montagne est le deuxième espace d’accueil des résidences de tourisme, avec 189000 lits, représentant 39 % du parc national, on comprendra que la banalisation évoquée alimente le phénomène des lits froids.
Un projet volontariste de restructuration
Ajoutons que les résidences de tourisme, toujours plus nombreuses, sont perçues par les professionnels de l’hôtellerie comme une concurrence déloyale dès l’instant qu’elles ne sont pas soumises aux mêmes exigences réglementaires, dans le contexte du développement durable.
La réhabilitation «éco-responsable » exige une politique volontariste. Celle-ci suppose la conception, puis la mise en oeuvre d’un projet collectif prenant la forme d’une restructuration patrimoniale, voire d’opérations de rénovation urbaine dans certaines stations. Semblable politique peut se recommander d’un engagement pris au plus haut sommet de l’Etat. Rappelons, à cet égard, que le candidat Nicolas Sarkozy s’était prononcé, lors de la campagne présidentielle, dans le sens d’une meilleure utilisation du parc immobilier existant, avant toute nouvelle urbanisation sur des territoires de montagne (1).
Adapter les actions existantes aux contraintes montagnardes
D’un point de vue organisationnel, il pourrait être créé une structure dédiée performante, chargée de piloter la rénovation et la réhabilitation. Très concrètement, des dispositifs devraient être imaginés, puis mis en place, aux fins d’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments (économies d’énergie, réduction des émissions de gaz à effet de serre).
Il est par exemple concevable de partir de l’expérience des opérations programmées d’amélioration thermique et énergétique des bâtiments (OPATB), lancées en 2003 par l’Etat, avec le concours de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), et de les transposer dans des programmes particuliers à la montagne, qui seraient adaptés aux contraintes auxquelles doivent faire face les communes concernées.
(1) Voir la lettre du 18 avril 2007 adressée par le candidat à l’Association, publiée dans PLM n° 173, juin 2007, pages 8-9. |