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Selon les scientifiques, le changement climatique devrait avoir des répercussions sur le cycle de l’eau. Avec plus de précipitations hivernales mais moins de neige garantie, la fonte plus rapide des glaciers, et des étés globalement plus secs, ce sont toutes les relations entre amont et aval qui sont à reconsidérer.
Même si les données de température et de pluviométrie suffisamment localisées manquent, et qu’en raison des accidents du relief, les situations peuvent varier considérablement d’une vallée à l’autre au sein d’un même massif, l’impact du changement climatique en montagne est souvent supérieur dans son ampleur aux moyennes établies.
A cet égard, le rapprochement entre les relevés de l’enneigement annuel moyen au col de Porte (Isère) entre 1961 et 2000, et la carte de l’évolution des précipitations moyennes annuelles d’ici la fin du siècle sur le continent européen sont parlants : les premiers font apparaître une nette tendance à la baisse de l’enneigement, tandis que la seconde annonce une évolution tranchée de la pluviométrie, particulièrement sur les reliefs, avec des volumes de précipitationsmoindres pour toute la partie subalpine du continent et, par contre, de sensibles augmentations au-delà.
Par conséquent, l’augmentation des précipitations hivernales ne serait pas garante d’un enneigement accru. Ce qui signifie que ces volumes supplémentaires s’écouleraient en contrebas bien avant l’époque traditionnelle de la fonte des neiges. Ce à quoi il faut ajouter des volumes croissants provenant de la fonte des glaciers. Au total, les risques d’inondation des territoires en aval semblent devoir s’intensifier considérablement, notamment en durée, en devenant plus précoces dans l’année.
Moins de neige et des étés plus longs et plus secs
Parallèlement, la hausse globale des températures devrait se traduire en montagne par des périodes d’été plus longues et surtout plus sèches, rendant plus aléatoires les activités agricoles, et particulièrement parmi elles, la pratique du pastoralisme.
La conjonction des deux phénomènes modifie donc substantiellement le cycle de l’eau, notamment dans son rythme saisonnier. Aussi, la conclusion qui s’impose, au vu de ce constat, amène à envisager une politique ambitieuse d’investissement dans les équipements de stockage en altitude pour renforcer la capacité de rétention en amont.
Une démarche qui ne saurait par ailleurs se concevoir sans la solidarité des différentes populations d’usagers, qui devront établir entre elles les moyens d’une gestion collective raisonnée et durable de la ressource.
Enneigement annuel moyen au col de Porte entre 1961 et 2000 (1)

(1) Source : communication de P. Etcheers P. et E. Martin, « L’impact d’un réchauffement climatique sur le manteau neigeux et l’hydrologie des bassins versants de montagne », au colloque international de Megève sur «l’eau en montagne » (2002).
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