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Services publics

Sommaire du PLM 178
Dossier "Services au public"

Organisation des soins
De la difficulté de trouver un médecin

La permanence des soins (PDS) ambulatoires est définie comme une mission de service public, assurée par les médecins libéraux, sur la base du volontariat, durant les heures de fermeture des cabinets médicaux, soit de 20 heures à 8 heures en semaine, et du samedi 12 heures au lundi 8 heures.
Trouver immédiatement un médecin lorsqu’une situation médicale, par hypothèse imprévue, l’exige, devient une préoccupation largement répandue pour la population. On ajoutera que c’est un droit qui doit être garanti.
Ainsi que le souligne le rapport, la difficulté d’accéder à unmédecin de ville apparaît, en pareille circonstance, particulièrement ardue en zones rurales et de montagne. Le « découragement des professionnels qui exercent en milieu rural » est de plus en plus perceptible, ce qui ne manquera pas de soulever quelques difficultés, s’agissant d’un dispositif fonctionnant sur la base du volontariat, réserve faite, toutefois, de la faculté pour le préfet de département de procéder aux réquisitions nécessaires.

Des hôpitaux pour pallier l’insuffisance de médecins libéraux

Précisément, au regard de la permanence des soins, des disparités notables existent entre les médecins des zones urbaines, pour la plupart dégagés des contraintes par la présence de SOS médecins ou de structures d’urgence parfois multiples, et les médecins des territoires ruraux, moins nombreux, plus âgés, et sans nul doute davantage occupés que leurs confrères. Ainsi, en Ariège, en 2006, 43 % des médecins généralistes libéraux avaient entre 55 et 59 ans, cependant que, selon le conseil départemental de l’ordre des médecins, la majorité des nouveaux inscrits dans ce département en 2005 sont des médecins hospitaliers.
Le découragement des médecins libéraux a pour effet un fonctionnement aléatoire, voire peu fiable, de la permanence des soins. Il en résulte alors un recours plus fréquent aux structures hospitalières, en particulier aux services des urgences.
Cette situation nous paraît justifier fortement le maintien, en milieu rural et en zones de montagne, d’hôpitaux de proximité, dont on mesure ici pleinement l’utilité, pour pallier l’absence de permanence de soins, normalement assurée par la médecine de ville. L’organisation de l’offre de soins ne semble guère pouvoir s’accommoder en montagne d’une approche sectorielle.

(1) Dr Jean-Yves Grall, Mission de médiation et propositions d’adaptation de la permanence des soins. Rapport àMadame Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, août 2007.


Entretien
Paul Blanc : « Il est impératif de rééquilibrer la répartition géographique des médecins »

Alors que, dans le cadre de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008, le Sénat a tenu à débattre de la démographie médicale, Paul Blanc, sénateur des Pyrénées- Orientales, maire de Sournia, et médecin généraliste de profession, évoque pour PLM la problématique de l’offre de soins de ville en territoire de montagne.

PLM : Comment se présente la situation de l’offre de médecine de ville en montagne?
Paul Blanc : L’organisation de l’offre de soins en montagne est confrontée à des difficultés bien connues, de plus en plus criantes. Nos territoires doivent faire face à un phénomène de désertification médicale, alors même, et c’est un paradoxe, que la demande potentielle ou réelle de soins croît à mesure de l’afflux de touristes, notamment en stations. Je constate que, compte tenu de la moyenne d’âge des médecins exerçant en stations (+ de 50 ans), dans dix ans, du fait du départ à la retraite de ces praticiens, on sera face à une difficulté majeure: l’absence de médecins à la montagne.
J’attire également l’attention sur le risque qui pèse sur la permanence des soins. Chacun comprendra que moins de médecins libéraux en montagne, c’est nécessairement moins de volontaires pour assurer la permanence des soins.
PLM : Quellesmesures préconisez- vous d’adopter afin d’endiguer le phénomène de désertification médicale?
P. B. : L’urgence est au rééquilibrage de la répartition de l’offre de médecine de ville sur le territoire national. Outre la nécessité d’agir sur le long terme, en modifiant à la hausse le numerus clausus, il convient d’aller au-delà de simples mesures incitatives en faveur de l’installation des médecins en montagne. Je pense, ici, aux dispositifs prévus dans la loi Développement des territoires ruraux de février 2005.
Je considère que la situation actuelle exige des aménagements au principe de la liberté d’installation des médecins libéraux. En matière de politiques publiques, l’heure est à l’expérimentation. Pourquoi ne pas mettre en place, à titre expérimental, un dispositif rendant obligatoire l’installation de médecins de ville dans des régions ou territoires accusant un net déficit à cet égard? Je sais que cette idée soulève la contestation des internes et des syndicats médicaux, mais elle mérite un débat car une solution de compromis peut être trouvée.

 

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