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Une délégation de l’ANEM a été reçue, le 6 novembre 2007, par Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, entourée de collaborateurs de son cabinet, et de Jean-Marc Michel, directeur de la Nature et des paysages, pour évoquer l’état d’avancement du dossier relatif à l’ours, à la suite des annonces faites par la ministre le 26 juillet (voir PLM N° 175). Le loup n’a pas été absent des échanges.
Rappelant en préalable que les dossiers de l’ours et du loup nécessitaient une philosophie d’approche identique, les élus(1) ont réaffirmé l’exaspération des éleveurs et leurs inquiétudes pour la filière ovine. Ils se sont ainsi déclarés fermement opposés, en ce qui concerne l’ours, à toute nouvelle introduction, et ont proposé qu’on identifie à son attention des territoires qui lui soient dévolus.
Concernant le loup, dans la perspective du prochain protocole d’enlèvement, plusieurs demandes ont été formulées: assouplissement de la procédure de tir en cas d’attaque, inventaire des alpages abandonnés et des incidents provoqués par les chiens patous…
Un groupe national « ours » créé dès cet hiver
En réponse, Nathalie Kosciusko- Morizet a reconnu qu’il existait un vrai problème de lisibilité de deux politiques (celle en faveur du pastoralisme et celle relative aux grands prédateurs), différentes et évolutives. Elle a rappelé l’importance qu’elle accordait à l’écoute des élus et des socioprofessionnels, et assuré qu’elle n’avait sur ces questions ni « idéologie » ni a priori, et qu’elle n’avait pas de plan caché. Au contraire, elle attend d’avoir le résultat de l’ensemble des investigations en cours, probablement mars 2008, pour se prononcer.
S’agissant de l’ours, elle a annoncé la création d’un « groupe ours » (à l’instar du groupe national de suivi du loup) qui devrait se réunir cet hiver.
Un guichet unique à partir de 2008
Par ailleurs, concernant la proposition soutenue par les élus de transférer plus de moyens du premier au second pilier de la PAC en faveur du secteur ovin, la secrétaire d’Etat y est d’autant plus favorable, que c’est à la fois conforme au Grenelle de l’environnement et à la volonté du président de la République.
De même, elle est d’accord avec le transfert de la procédure d’indemnisation à ce même ministère, qui gérera ainsi les mesures agro-environnementales et l’indemnisation (dont le montant pourrait être forfaitisé). Ainsi, le «guichet unique», à partir de 2008, devrait apporter plus de cohérence et banaliser les problèmes de la filière ovine en remettant ceux-ci à leur juste place. Pour conclure, la secrétaire d’Etat a proposé, avec l’accord des élus présents, que le Premier ministre demande un avis au Conseil d’Etat sur la responsabilité des élus confrontés aux prédateurs.
(1) La délégation était composée de Martial Saddier, député de la Haute-Savoie et président de l’ANEM, Henri Nayrou, député de l’Ariège et secrétaire général de l’ANEM, Frédérique Massat, députée de l’Ariège, Chantal Robin-Rodrigo, députée des Hautes-Pyrénées, Bertrand Auban, sénateur de la Haute-Garonne, Paul Blanc, sénateur des Pyrénées-Orientales, et Pierre Bretel, délégué général de l’ANEM. |