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Consulter le rapport Au delà du changement climatique, les défis de l'avenir de la montagne

 
 
Agriculture, forêt, pastoralisme
La nouvelle donne

Sommaire du PLM 177
Dossier "Agriculture"

Stratégie d’adaptation du ministère de l’Agriculture, instance de pilotage EDF pour la gestion des étiages, révision des schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) par les agences de bassin, meilleur diagnostic forestier : tous les acteurs présents à cet atelier s’efforcent d’ores et déjà d’intégrer dans leur stratégie l’importance des phénomènes imputables au changement climatique. Objectif : permettre au secteur primaire montagnard de valoriser tous ses atouts.


«Le plus mauvais temps, c’est celui qui dure…»

Le niveau de ressource en eau, autant que les activités agricoles, sylvicoles et pastorales, s’avèrent particulièrement exposés aux effets du changement climatique. Le point sur les pistes de réflexions.

Le changement climatique n’est pas sans incidence sur la ressource en eau. Pour anticiper, les comités de bassin tiennent compte, dans les nouveaux SDAGE, de la baisse potentielle des débits d’étiage et de la possible évolution des débits de crues.
EDF, pour sa part, se prépare à une gestion prudente des stocks d’eau. La ressource devenant limitée, il va falloir évaluer les perspectives du stockage en montagne, définir des règles de partage, trouver un juste équilibre entre l’alimentation en eau potable, les besoins liés aux activités touristiques et ceux de l’agriculture.
L’agriculture est à l’origine de 19% des émissions nationales de gaz à effet de serre (GES), mais elle a également le pouvoir, grâce à la photosynthèse, de capter et de stocker le carbone. De ces constatations découlent les orientations du plan climat. Comme l’a expliqué Marie-Laurence Madignier, directrice à la sous-direction de l’environnement et de la ruralité au ministère de l’Agriculture et de la Pêche, «il s’agit tout à la fois de réduire les émissions directes, d’accroître la fonction puits de carbone, de développer la production de biomasse en substitution d’énergies fossiles».

La filière bois en devenir

De même, le secteur forêt-bois a un rôle fondamental à jouer : «Nous disposons d’une formidable matière première renouvelable. Il convient de la mettre en valeur, en faisant le nécessaire en termes d’investissements , a déclaré Jean- Claude Monin, président de la Fédération nationale des communes forestières de France. Nous exploitons aujourd’hui environ la moitié seulement de la croissance biologique annuelle de notre forêt. Or, le bois énergie offre une réelle opportunité dans la lutte contre les gaz à effet de serre.» Pour Dominique Juillot, président de l’association France Bois Forêt, l’avenir «passe par le regroupement des parcelles, de meilleures dessertes forestières, mais aussi des partenariats entre la filière bois, les collectivités et les grands groupes».
Indiscutablement, les chaufferies bois ont le vent en poupe. Ainsi, Dalkia Est -Veolia Energie, prestataire de service en solutions énergétiques performantes, optimise la facture énergétique de ses clients (collectivités, industries, etc.) en réduisant leur consommation d’énergie et en développant la biomasse. Sur l’est de la France, la démarche rencontre un vrai succès.


JEAN-PAUL AMOUDRY:
« Je tire la sonnette d’alarme pour le pastoralisme »

Le niveau de ressource en eau, autant que les activités agricoles, sylvicoles et pastorales, s’avèrent particulièrement exposés aux effets du changement climatique. Le point sur les pistes de réflexions.

Pour le sénateur de la Haute-Savoie, président de la Société d’économie alpestre, il devient urgent de disposer d’un outil d’analyse des phénomènes dus au changement climatique et d’intervenir énergiquement en faveur de l’activité pastorale.
« Nous avons une énorme carence dans l’analyse des phénomènes. D’où la nécessité d’un observatoire et d’une analyse dynamique des données relevées, nous permettant d’orienter nos choix.»
« Nous observons un allongement conséquent de la période d’estive. Nos montées sont de plus en plus précoces. Mais nous constatons, l’été, un stress hydrique qui nous amène à renforcer l’alimentation en fourrage et à rechercher parfois des ressources en eau qui peuvent faire défaut. Nous avons des gains de poids moindres sur certains animaux. Sans oublier l’embroussaillement accru lié à la progression de la forêt en altitude. Au final, nous avons un risque d’abandon du secteur.»
«Malgré trente à quarante ans d’un travail inlassable pour le développer, le pastoralisme nous apparaît d’une fragilité extrême. Il est aujourd’hui, à tous points de vue, dans une situation critique.»


PIERRE-HENRY PAGNIER:
«Nous avons besoin de flexibilité »

Le président de l’Association régionale du développement agricole et rural du massif du Jura a rappelé que «le changement climatique a des impacts sur la biodiversité et la flore des prairies naturelles, sur la quantité et la qualité du fourrage, sur la quantité et la qualité de nos fromages AOC». C’est pour cela, a-t-il ajouté, que «pour renforcer nos capacités de stockage en fourrage et notre aptitude à respecter les référentiels techniques de nos productions, nous avons besoin de flexibilité».


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