CHANGEMENT CLIMATIQUE
Les conséquences pour l’avenir |
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Sommaire du PLM 177
Dossier "Environnement"
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Lors du congrès d’Ax-les-Thermes, en Ariège, les élus de la montagne avaient décidé de créer une mission d’étude sur le réchauffement climatique. Le rapport intitulé «Au-delà du changement climatique, les défis de l’avenir de la montagne», suite au processus d’audition conduit par l’ANEM, tente de mieux prendre en considération la dimension proprement montagnarde des phénomènes. Par ailleurs, afin de dépasser le seul stade des constats, vingt et une propositions concrètes évaluent les marges de manoeuvre réelles et les actions envisageables dès à présent. Des propositions responsables, en phase avec la vie de la République, sur fond de Grenelle de l’environnement.
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| Anticiper, contribuer, s’adapter |
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Aujourd’hui, c’est bien l’ensemble de la vie naturelle et des activités montagnardes qui est concerné par l’évolution du climat. Il y a des choix difficiles à différer. L’objectif de la mission Changement climatique était double : attester la prise de conscience des montagnards, mais aussi fournir les bases d’une doctrine sur laquelle appuyer les actions à venir. En d’autres termes, se donner les moyens d’adapter, avec nuance, les politiques publiques nationales et locales d’aménagement de la montagne. Quatre types d’actions, résumées sous forme de fiches synthétiques, sont proposées :
- Sensibiliser et diffuser la connaissance des problématiques de demain.
- Expérimenter pour anticiper le changement climatique.
- Conforter et ajuster les activités actuelles.
- Faire vivre la montagne toute l’année.
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| L’espace montagnard se transforme sous nos yeux |
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Mobilisés autour de cette problématique essentielle qu’est le changement climatique, les douze membres de la mission spéciale de l’ANEM ont travaillé tout l’été. vingt-sept auditions et quinze contributions écrites ont permis de dresser un état des lieux scientifique, pratique, social et économique.
«Le réchauffement du climat est sans équivoque, comme sont maintenant évidentes les observations d’accroissement des moyennes globales de la température de l’air et de l’océan, la fonte accélérée de la neige et de la glace, ainsi que de la montée globale du niveau de la mer», affirme le dernier rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Reste que l’évolution n’est pas uniforme partout sur la planète, qu’elle se caractérise par des écarts marqués. Ainsi, on constate d’ores et déjà des différences dans la manière dont le changement climatique touche les espaces naturels montagnards, rendus plus sensibles aux variations, du fait même de leurs caractéristiques propres.
Des effets perceptibles sur nos milieux montagnards
Comme l’explique Eric Brun, directeur de la recherche à Météo France, «les modèles calculent une hausse moyenne des températures comprise entre 1,1°C et 6,4°C d’ici la fin de ce siècle, avec une augmentation plus importante en été qu’en hiver».
Parallèlement, la modification de la pluviométrie amènera plus de précipitations hivernales. Des précipitations qui, néanmoins, ne compenseront pas la baisse sensible du nombre de jours d’enneigement en dessous de 2 500 m. Enfin, à la réduction de la couverture neigeuse s’ajoute la fonte des glaciers.
Se pose alors la question des impacts en matière de risques naturels. Selon Christian Chatry, délégué national du service de Restauration des terrains en montagne (RTM) : «Nous ne devrions pas voir apparaître de nouveaux phénomènes. De même, les intensités ne seront pas nécessairement plus fortes: il n’est pas certain qu’il y aura des événements dépassant l’historicité. En revanche, les fréquences de retour des événements exceptionnels, qu’il s’agisse de crues torrentielles ou d’incendies de forêt, seront, elles, plus importantes ».
Il est clair que changer le climat, c’est changer l’ensemble du monde dans lequel nous vivons, en particulier en montagne. Les conséquences concernent autant la météorologie que les écosystèmes, autant le cycle de l’eau que les risques naturels, avec de considérables enjeux dans les domaines économique et social. |
| Permettre à la montagne de jouer son rôle de laboratoire |
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Qu’il s’agisse de la faune, de la flore, de la gestion de la ressource en eau, des risques naturels, de la diversification touristique, le rapport exige plus de moyens de recherche et un renforcement de l’approche scientifique régionale.
«Nous sommes face à un devoir d’anticipation. Pour bien anticiper, nous devons développer des capacités d’observation. L’Etat est prêt à accompagner ces efforts. Essayons de travailler sur une capacité d’expertise mutualisée, en réseau», a affirmé Jean-Marc Michel, directeur de la Nature et des paysages au ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables. Il est nécessaire d’investir en dialogue et en explications, par exemple pour revisiter les zonages en matière d’urbanisation, établis à partir de références potentiellement obsolètes. Enfin, pour donner un souffle nouveau à la dynamique des territoires de montagne, il convient, selon Jean- Marc Michel, d’inscrire le critère environnemental dans les contributions financières de l’Etat et des différentes collectivités territoriales, au même titre que le pilier social ou le pilier économique.
Une nouvelle donne qui ira au-delà du tourisme
Face à un marché du ski mature et à la baisse de fréquentation enregistrée l’été, il est en effet urgent de diversifier l’offre ainsi que les publics concernés. Les élus demandent notamment la relance de classes de découverte territoriale et entendent appuyer le développement du tourisme estival en accueillant les populations seniors. La mise en avant d’une image de destination élargie, comme ont su le faire les Pyrénéens, avec le concours d’ODIT France (Observation, Développement et Ingénierie touristiques), est une piste à retenir. Dans le même temps, la nécessaire réhabilitation de l’habitat doit contribuer à la diminution des gaz à effet de serre. La desserte doit être repensée afin de privilégier transports en commun et circulations douces.
Par ailleurs, alors qu’il va falloir gérer l’eau, en termes de capacités de stockage et en termes de dangerosité, le sujet «neige de culture» ne peut s’aborder qu’au cas par cas, avec pragmatisme, sans condamnation a priori ni soutien systématique. Enfin, plusieurs propositions concernent le soutien aux agriculteurs, au pastoralisme et à la sylviculture, dont le rôle, face à une biodiversité menacée, n’a jamais été aussi important. |
| Débat : Entre convergences et divergences |
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Selon l’évolution des émissions des gaz à effet de serre, le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) envisage plusieurs scénarios. La situation laisse la place à des choix et des prises de position multiples.
Trois thèmes majeurs ont animé le débat avec la salle. Tout d’abord, de nombreux intervenants ont fait remarquer qu’un effort d’observation et d’ingénierie s’avère indispensable. La démarche de l’observatoire bioclimatique Phenoclim, présentée par Anne Delestrade, responsable des recherches et publications au Centre de recherche sur les écosystèmes d’altitude de Chamonix, apparaît comme un type d’initiative à encourager. Le deuxième sujet, source de préoccupations, évoqué notamment par Jean Digonnet, trésorier de l’ANEM, concerne la disponibilité de la ressource en eau, à inscrire à l’échelle du bassin versant.
Enfin, après plusieurs interventions centrées sur l’idée que «tous les sites de ski ne peuvent plus être sauvés», Jean-Charles Simiand, conseiller spécial du président du Syndicat national des téléphériques de France (SNTF), a pointé du doigt la proposition 17 sur la création d’un fonds neige. «Notre rapport en appelle à la solidarité nationale.
Je pense que nous aurons d’autant plus de chance d’être écoutés, d’obtenir cette solidarité nationale et européenne, que nous serons crédibles. Dès lors, prouvons que nous sommes capables d’instaurer, à l’intérieur de nos territoires, une solidarité entre montagnards», a répondu Martial Saddier. |
| De la loi montagne au Grenelle de l’environnement |
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25 octobre 2007 : hasard des calendriers, le 23e congrès, axé sur la remise du rapport de l’ANEM consacré au changement climatique, s’est ouvert le même jour que le rendu du Grenelle de l’environnement. Une concomitance vécue par les élus de la montagne comme hautement symbolique.
«Nous sommes fiers d’avoir, cette année, orienté les travaux de notre association autour de l’évolution du climat», a déclaré Martial Saddier, député de Haute-Savoie, président de l’ANEM, lors de la clôture de la table ronde intoductive. Derrière ce thème d’actualité se cache en réalité pour l’association toute une continuité d’action. La loi montagne de 1985, qui appartient aux «fondamentaux» de l’ANEM, s’appelait aussi à l’origine, selon Martial Saddier «Entre aménagement et protection ». «Nos pairs souhaitaient qu’un équilibre soit trouvé entre le pilier social, le pilier économique et le pilier environnemental », a-t-il ajouté.
Aujourd’hui, avec la même volonté d’équilibre, l’association pose les bases, à travers ses vingt et une propositions, de ce que pourrait être la montagne demain, 365 jours par an. Alors que le secteur pèse 6% du PIB et représente 2,5 millions d’emplois actifs, ces propositions demandent toute l’attention de la Nation : elles mériteraient qu’un temps législatif leur soit dédié au cours de la présente législature. |
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