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Consulter le rapport Au delà du changement climatique, les défis de l'avenir de la montagne

 
 
Tourisme
La montagne toute l’année

Sommaire du PLM 177
Dossier "Tourisme"

La montagne 365 jours par an : certains essaient d’y croire, tout au moins d’y réfléchir, d’autres pas du tout. Mais il est clair que tout reste à inventer, qu’il y a urgence, et que tous les massifs, toutes les stations sont concernés d’une façon ou d’une autre par les différentes problématiques. Enfin, parce que les défis qui s’annoncent sont considérables, l’avenir se jouera nécessairement au niveau des territoires. « Une page se tourne », a clairement laissé entendre Luc Chatel, secrétaire d’Etat chargé de la Consommation et du Tourisme, en annonçant, pour le 1er semestre 2008, l’organisation d’assises du tourisme de montagne.


Savoir convaincre et séduire de nouvelles clientèles

Au regard des évolutions climatiques, les professionnels du tourisme et les élus locaux ne peuvent plus différer la réflexion sur le développement de nouveaux produits et nouveaux services, valorisant leurs territoires, tout en répondant aux besoins émergeants de la clientèle.

Alors que le marché est à maturité, la montagne fait face à un très net renouvellement de sa clientèle. A côté des familles, cible traditionnelle et segment fondamental du développement touristique, les stations doivent aujourd’hui apprendre à «capter » les seniors comme les jeunes. «Les jeunes sont les prescripteurs de demain. Cette population, très réactive, difficile à satisfaire, n’affiche pas les mêmes pratiques sur le domaine skiable, ou en termes de demande de services, que la population touristique moyenne. Il faut leur proposer une offre touristique adaptée, ce qui demande des adéquations par rapport à ce que l’on a l’habitude de proposer. Il y a des efforts à faire, par exemple, pour les solliciter via Internet, ne serait-ce qu’en fonction des conditions climatiques », a expliqué Emmanuelle George-Marcelpoil, chercheur au Cemagref, à Grenoble.

Penser autrement, faire ensemble

Reste que, quel que soit leur profil, pratiquement tous les clients recherchent aujourd’hui une offre touristique durable, répondant à des attentes précises. Pour preuve, le succès rencontré par les trains touristiques régionaux (TER touristiques) et les produits d’écotourisme associés.
Le second axe de la réflexion évoqué par les différents intervenants concerne l’hébergement. De l’évolution des pratiques résidentielles transformant radicalement certaines stations au challenge de la rénovation de l’immobilier de loisirs sur fond de friches touristiques, en passant par les problématiques de logements pour les saisonniers comme pour les populations permanentes, c’est l’habitat au sens large qui est en question.
Ainsi, selon Jean-Marie Attard, vice-président de la Fédération nationale des professions hôtelières saisonnières, «la problématique des lits froids(1) va aller en augmentant». «La rénovation n’est que marginale car les outils législatifs actuels ne sont pas accessibles», a déclaré pour sa part Guy Vaxelaire, maire de la Bresse, secrétaire de l’Association nationale des maires des stations de montagne.

Des solutions basées sur une réflexion territoriale élargie

Une situation que Bruno Fareniaux, inspecteur général de l’Equipement au conseil général des Ponts et Chaussées, explique simplement : «Dans la réflexion sur l’aménagement touristique de notre pays, nous n’avons pas intégré la dimension hébergement ni les conséquences du développement touristique sur l’hébergement des actifs, qu’ils soient saisonniers ou permanents. La faiblesse de l’intercommunalité touristique n’a pas favorisé l’élaboration de stratégies territoriales cohérentes, ni le recours à des outils de planification.»
Face à ces constats, il semblerait que les solutions d’avenir passent par un travail en commun à mener à l’échelle d’un territoire et non plus d’une station isolée. En filigrane : de nouveaux modes de gouvernance et d’évaluation des actions, favorisant la diversité et permettant de faire naître, au sein d’une mosaïque d’acteurs, un intérêt général commun. « Il faut écrire en commun une stratégie, il faut la partager et surtout la faire vivre », a conclu Emmanuelle George-Marcelpoil.


L’ANCV se mobilise pour la montagne

Outre l’impact direct et indirect engendré par les chèques vacances, l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV) participe à l’économie touristique de montagne en soutenant le développement des structures d’hébergement du tourisme social et en permettant aux plus défavorisés de partir en vacances. Dans ce cadre, l’ANCV étudie actuellement la possibilité de soutenir le développement de classes de découverte. Par ailleurs, un nouveau programme, intitulé «Seniors en vacances», vise à créer des séjours hors saison pour des personnes âgées défavorisées, de plus de 60 ans. 7 000 pourraient être concernées cette année, 10 000 l’an prochain, 100 000 en 2009, et 500 000 en 2011.


LUC CHATEL : «Nous devons nous mobiliser ensemble»

Etat des lieux, enjeux, perspectives : le secrétaire d’Etat chargé de la Consommation et du Tourisme a posé les bases du débat qu’il entend lancer dans les prochains mois sur l’offre touristique en montagne.

«Pour développer un tourisme multisaison, j’ai d’abord la conviction qu’il nous faut commencer par renforcer notre coeur de métier, par conforter la saison d’hiver. En hiver, la neige et les activités qui lui sont liées restent le principal attrait de la montagne.
Toutefois, pour répondre à la demande de la clientèle, les stations doivent s’orienter davantage vers une diversification de leurs activités. L’augmentation de l’attractivité des stations en hiver passe aussi par la prise en compte d’un territoire plus large, susceptible d’apporter des activités complémentaires. Nous devons sans doute changer l’image de notre montagne en sortant du “tout ski”, du monoproduit. Ceci est évidemment particulièrement vrai pour la moyenne montagne.

Une offre estivale plus douce et plus culturelle

Ensuite, il faut conforter la saison d’été. Le client souhaite, l’été, une montagne qui repose sur des activités plus douces, comme la promenade ou la baignade, des activités de découverte et de nature, des activités plus culturelles aujourd’hui qu’il y a quelques années, et moins sportives.
Enfin, il ne faut pas oublier l’intersaison. Le développement de l’intersaison n’est pas une chose facile. Néanmoins, nous pouvons essayer de citer quelques pistes :

  • développer les offres de courts séjours et de week-end fondées sur le bien-être ;
  • développer le tourisme d’affaires ;
  • proposer des séjours aux seniors ;
  • travailler ensemble à la relance des classes de découverte. (…)

Je vous propose que nous mettions en place, et je les installerai avant la fin de l’année à Bercy, des groupes de travail thématiques reprenant les différents sujets qui nous permettront d’avancer ensemble dans le cadre de la réflexion stratégique que nous menons au niveau national, et qui aboutiront à la tenue des assises du tourisme de montagne, que je souhaite organiser avant la fin du premier semestre 2008, afin que nous ayons une proposition redimensionnée de notre offre touristique de montagne. Cela, en partenariat étroit avec l’ensemble des acteurs.»


MARTIAL SADDIER : «Pour que la montagne prenne toute sa place dans la stratégie Destination France 2020»

Dans son discours de clôture, le président de l’ANEM, Martial Saddier, a notamment réitéré sa demande pour un temps législatif autour du tourisme, avec un volet montagne, esquissant l’idée d’une remise à jour de la loi montagne, tout en réaffirmant l’exemplarité des territoires de montagne et la nécessité de les soutenir.
«Nous sommes persuadés que la montagne peut très largement contribuer à relever le défi du point de croissance, qui manque à notre pays.»
« Si nous n’avons pu participer directement, ès qualités, au Grenelle de l’environnement, nous avons cependant fait des propositions au ministre d’Etat. Elles sont au nombre de vingt-deux et touchent divers domaines de la vie et des activités en montagne. J’espère que les pouvoirs publics sauront leur apporter toute l’attention qu’elles méritent. Je retiens des idées, qui émergent tout à la fois de notre réflexion propre sur le changement climatique et du Grenelle de l’environnement, que nous allons forcément aboutir à une nouvelle gouvernance des territoires. Nous devons donc nous employer à faire en sorte que cette gouvernance écologique soit conçue de la façon la plus appropriée.»
«Nous souhaitons plus que jamais donner un sens concret à l’article 1er de la loi montagne, qui reconnaît à celle-ci un droit au développement équitable et durable. Pour cela, il faut que la montagne devienne un territoire d’excellence dans les domaines économique et environnemental, ainsi que dans les services. Il faut des moyens réels pour l’autodéveloppement des populations et des collectivités.»
«Nous demandons qu’une dotation environnementale, à travers les différentes contributions financières de l’Etat, mais également des collectivités territoriales, soit mise en place. Ce que nous avons obtenu sur le financement des coeurs de parcs doit maintenant faire école sur l’ensemble des financements d’Etat envers les collectivités territoriales.»


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