« Chaud et froid sur les montagnes »
«Le 23e congrès de l’ANEM, qui vient de se tenir dans les Vosges, a déjà retenu une place privilégiée dans la longue cohorte des rassemblements qui rythment la vie et les combats des montagnards de France. D’abord, il a été remarquablement organisé, notamment grâce à la mobilisation totale de nos amis de la vallée de la Bruche, et au nom du président Saddier, du comité directeur et du personnel de notre association, je veux, ici, dans cet espace formel, dire merci, sans emphase mais avec ferveur et gratitude.
Mais l’impact d’un congrès ne saurait se jauger à l’aune de la qualité des débats (c’est tout de même la moindre des choses !), et encore moins d’une fête de famille réussie, voire de la satisfaction de ses membres. Non, non, ça va plus loin que le rituel. Car le point dur, le point chaud, le point froid, le point culminant (on est en montagne, tout de même), a été la divulgation du rapport sur les perspectives sous-tendues par les changements climatiques que nous promettent les savants et les oracles pour le siècle à venir. La diffusion des vingt et une propositions d’adaptation, mais également les échanges au cours desquels il y a eu beaucoup de gaz, et pas seulement à effet de serre, auront marqué les esprits.
Soyons justes. A l’ANEM, on ne boude pas notre plaisir d’avoir été les premiers de cordée à ne pas se contenter de lire dans le marc de café pour deviner de quoi notre lendemain sera fait. La concomitance parfaite de nos travaux avec ceux, à l’Elysée, sur le Grenelle de l’environnement, a donné un éclat supplémentaire à ce qui sera, demain, la grande affaire de la vie en montagne.
Assez de satisfecit, et au travail de communication, de persuasion, d’action! Aujourd’hui, il ne suffit pas de faire, il faut faire savoir. Tous les vecteurs de l’ANEM ont l’obligation morale de faire vivre le contenu du rapport, comme on le dirait d’un service après-vente, si toutefois le futur du genre humain pouvait être assimilé à une marchandise, ce qui serait une grossièreté de plus dans ce monde de consumérisme et d’argent.
Justement, à propos de services publics, notre congrès vosgien a été rattrapé par l’actualité liée au délitement des missions d’intérêt général qui affectent non seulement les territoires de montagne mais aussi leurs représentants.
Comme quoi, il ne suffit pas d’inventer l’après-demain quand les lendemains sont d’ores et déjà incertains.»
Henri Nayrou, secrétaire général de l’ANEM. Député de l’Ariège.