 |
Les lettres de mission permettant de mettre en oeuvre les quatre engagements annoncés par la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, à la suite de sa rencontre avec les éleveurs et les élus le 26 juillet à Toulouse, ont été signées le 6 août. PLM livre son analyse du dispositif mis en place.
Les quatre mesures annoncées qui forment entre elles un ensemble cohérent, couvrant l’essentiel de la problématique, ont reçu un accueil sinon mitigé, pour le moins dubitatif.
La première, sans doute la plus emblématique, prévoit une « évaluation rapide » du plan de restauration de l’ours brun dans le massif pyrénéen. Cette mission a été confiée conjointement à l’Inspection générale de l’environnement (IGE) et au Conseil général de l’agriculture, de l’alimentation et des espaces ruraux, qui devraient rendre leurs conclusions dans le courant du premier trimestre 2008.Même si, en principe, cette évaluation devrait se focaliser sur les « ours à problème », son existence traduit l’émergence d’un doute ou, à tout le moins, de questionnements sur la pertinencemême de l’action conduite jusqu’ici et/ou de ses modalités.
La deuxième mesure visait à faire réaliser, pour le 31 août, par l’équipe du suivi de l’ours et l’ONCFS (1), une expertise sur le comportement de l’ourse Franska, en faisant appel à certains spécialistes étrangers. Ce qui avait été relativement mal perçu par les acteurs locaux. La mort accidentelle de cette dernière, survenue le 9 août, n’a pas remis en cause le principe de cette étude, dans lamesure où les comportements aberrants méritent d’être soigneusement analysés pour que les conclusions qui s’imposent puissent en être tirées.
Des réponses pas toujours en phase
La troisième mission confiée à l’IGE a pour objet d’identifier les moyens de renforcer le suivi de l’ours, notamment en délimitant de façon plus rigoureuse les territoires de présence des ours et les protocoles qui y sont applicables (obligations demoyens préventifs, possibilités de valorisation), mais aussi en comparant les méthodes de suivi pratiquées dans les Pyrénées avec celles d’autres pays. Des voyages d’étude ont ainsi été annoncés vers l’Italie, l’Espagne, la Slovénie, la Scandinavie, et l’Amérique du Nord… On peut douter de la pertinence de ce type de réponse aumessage d’urgence et de détresse qu’élus et éleveurs avaient souhaité faire passer à la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, à l’Aménagement et au Développement durables, Nathalie Kosciusko- Morizet.
Enfin, le préfet de région coordonnateur de massif a été mandaté pour faire des propositions de renforcement des aides au pastoralisme, en concertation étroite avec les acteurs de terrain. Et c’est probablement sur ce point que les attentes de ces derniers sont les plus fortes, mais bien que réaffirmées à plusieurs reprises, les moyens attendus et opérationnels d’une redynamisation de l’activité pastorale restent toujours à venir.
Même si la secrétaire d’Etat a déclaré àToulouse que le plan de réintroduction n’était pas plus en passe d’être gelé que d’être relancé, il ne fait cependant aucun doute qu’une remise à plat s’est engagée.
(1)Office national de la chasse et de la faune sauvage |