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Si, décentralisation aidant, les contrats de plan Etat-régions (CPER) ne couvrent plus autant de domaines que les anciens contrats de plan, ils restent néanmoins la colonne vertébrale de l’action conjointe de l’Etat et des régions sur d’importants enjeux auxquels se joignent d’autres collectivités (départements, intercommunalités, pays, parcs régionaux…).
Les masses financières contractualisées au titre des CPER sont loin d’être anodines et révèlent à elles seules toute l’importance de ces derniers. Le ratio des fonds contractualisés, ramené à l’habitant, laisse apparaître de grandes différences de traitement, mais celui-ci s’explique généralement par le fait que, d’une région à l’autre, spécificités territoriales et structures des populations sont très diverses.
Ainsi, la ligne générale fait ressortir que plus une population régionale a une faible densité et/ou est âgée, et plus le montant contractualisé par habitant est élevé. C’est ainsi que parmi les douze régions qui comportent des zones demontagne, lamoins bien servie (en apparence) est l’Alsace, car relativement dense et dynamique avec 329€ par habitant, alors que la Corse arrive en tête avec 936€ par habitant, assez loin devant les 536€ par habitant du Limousin. S’agissant du contenu, on retrouve sans surprise dans chacun des CPER, sous des formes plus ou moins atténuées, la même structure construite autour des objectifs de négociation pour lesquels les préfets de région avaient reçu mandat du Premier ministre en juillet dernier : renforcement de l’attractivité des territoires et de la compétitivité des entreprises, maîtrise des ressources naturelles, action contre le changement climatique…
Des projets intéressant la montagne… entre autres
Les infrastructures de transports, mis à part le train, n’y trouvent plus la place prépondérante qu’elles occupaient auparavant. Cela s’explique par le transfert, lors de la dernière vague décentralisatrice, d’une grande partie du réseau routier national aux régions, mais aussi par le choix du gouvernement de traiter les grands projets d’infrastructures d’intérêt national (tels que le Lyon-Turin) au travers de conventions spécifiques.
Dans ce schéma, la montagne n’apparaît pas forcément en tant que telle, c’est-à-dire en tant que cible exclusive d’une politique donnée. Aussi est-il bien difficile d’y cerner à ce stade la part de ces financements qui sera susceptible de bénéficier aux zones de montagne.
Seule l’Alsace a isolé, au sein de son programme agricole, une ligne spécifiquement dédiée à l’agriculture de montagne, prouvant ainsi que cet affichage relève avant tout du volontarisme des régions, puisque dans ce cas précis la région se retrouve seule à alimenter financièrement cette ligne. |