«Hâtons-nous sûrement ! »
« Avril 2007, c’est entre ski et plage, entre gauche, centre et droite…, les montagnards sortent de l’hiver et la montagne entre dans l’inconnu. Quelques caprices du mercure et du réchauffement de la planète version présidentielle, et voilà des esprits plus ou moins brillants qui s’en vont répétant que c’en était fini du “tout-ski”. Les chaînes radio-TV ont résonné de ces cris et leur écho porte loin. Des chaînes de montagne, par contre, sont revenus des avis plus sages.
De quoi s’agit-il? Au sortir d’un hiver marqué par des neiges tardives et différenciées, les Cassandre en concluent que les stations de sports d’hiver doivent se mettre en quête d’autres centres d’intérêt que le ski, que les sites de moyenne montagne sont condamnés, que la neige de culture, c’est du passé. Je vous en passe et des meilleures… Mais de quoi parle-t-on, ou plutôt, de quoi ne parle-t-on pas? De ces quatre étés successifs de grande canicule auxquels ont succédé trois des hivers parmi les plus rigoureux de ces cinquante dernières années ? Suffirait-il d’un quatrième hiver plus chaud que la normale pour que l’ordre des loisirs en soit chamboulé? Eh doucement, un ton plus bas, s’il vous plait !
Pour autant, les montagnards de l’ANEM ont déjà anticipé à partir de ces événements climatiques de plus en plus chaotiques. Après avoir bataillé tout cet hiver dans les cabinets ministériels pour sensibiliser le gouvernement à ces catastrophes économiques et sur lesquelles elle jugera sur pièces en temps utile, l’ANEM a lancé sa propre mission d’exploration pour de nouvelles… pistes.
On n’a pas besoin de dire aux montagnards qu’il faut boire avant d’avoir soif et de manger avant d’avoir faim. Ils le savent !»
Martial Saddier, président de l’ANEM. Député de la Haute-Savoie.