« Montagne
et intercommunalité
vont de pair »
«De longue date, les élus de la montagne sont convaincus que l’avenir de leurs territoires passe par l’intercommunalité. Et ce n’est que bon sens, tant il est flagrant que l’union fait la force et que la solidarité, culturellement ancrée chez les montagnards, ne peut qu’apporter à travers la mutualisation des moyens, plus d’efficacité. Dans un contexte de mondialisation, où la montagne pourrait être condamnée à la marginalité, et où accéder aux mêmes conditions de performance que dans les autres territoires requiert beaucoup plus d’investissements, le choix de l’intercommunalité s’impose de lui-même.
Passer de la conviction à l’acte ne va pourtant pas sans poser de problème, puisque sur ce plan aussi, la spécificité montagne se révèle comme une difficulté. Comment en effet délimiter un territoire intercommunal à la fois vécu et pertinent, atteindre une “masse critique” suffisante en termes financiers, sans aboutir à des territoires qui confinent au gigantisme, et perdre du même coup l’indispensable proximité de gestion attendue par nos concitoyens. Une des réponses doit être de laisser primer l’initiative locale, plutôt que de l’encadrer avec un jeu de critères uniformes qui peuvent, selon les circonstances, se révéler autant d’obstacles insurmontables. Aujourd’hui, alors que l’intercommunalité tend de plus en plus à devenir la norme, ce genre de liberté pourrait être propice au rattrapage des retards constatés dans certains massifs. Voudrons-nous nous en donner les moyens? A nous d’en convaincre la collectivité nationale…»
Martial Sadier,
député de la Haute-Savoie,
président de l’ANEM.