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SPÉCIAL Réunions 2006

Sommaire du PLM 166

2006 Une année au coeur des massifs

Voici un an très exactement, notre association, lors de son XXIe congrès, à Piedicroce en Haute-Corse, a particulièrement mis en évidence la nécessité de mobiliser en 2006 tous les montagnards soucieux de l’avenir de leurs territoires.
En effet, depuis la loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux, les comités de massif doivent prendre l’initiative de l’élaboration du schéma interrégional de développement et d’aménagement de massif, réflexion fondamentale et document de référence sur le long terme à l’horizon 2020-2025. Une fois celui-ci élaboré, les conseils régionaux doivent l’approuver tandis que les conseils généraux sont consultés.
De façon pas moins immédiate, les territoires de montagne doivent aussi négocier la programmation 2007-2013 des prochaines conventions interrégionales de massif, des contrats de projets Etat-régions, et des fonds structurels de l’Union européenne.
Comptant sur leurs propres forces, les élus de la montagne ont donc entrepris une démarche exceptionnelle visant à mettre en oeuvre une stratégie commune à leurs territoires. C’est pourquoi, sous l’impulsion de l’ANEM, ils se sont mobilisés lors de six réunions de massif au cours du premier semestre 2006 (hormis la Corse, début septembre).
Celles-ci s’adressaient à l’ensemble des maires et autres élus, avec la représentation effective des conseils régionaux, des conseils généraux, des communes et des autres collectivités, ainsi que des parlementaires, et la participation des représentants de l’Etat oeuvrant pour la politique de la montagne. Cette mobilisation générale concernait les 12 régions, les 48 départements et les 6 130 communes ayant des zones de montagne sur leur territoire.
Au total, ce sont des centaines d’élus, des représentants de la société civile et de l’Etat qui se seront donc rencontrés et auront dialogué sur la nécessité d’une action transversale en faveur de la montagne aux niveaux interrégional, national et européen. Au cours de ces réunions, nous avons cerné tout à la fois la diversité d’approche et le « creuset commun» des problématiques. Ainsi, l’agriculture (et les activités « connexes » telles que le pastoralisme ou la forêt), de même que le tourisme, apparaissent comme deux branches essentielles pour la vitalité d’aujourd’hui et de demain de l’économie montagnarde, celle-ci devant aussi bénéficier des moyens de la diversification. Dans cet esprit, la volonté de préserver, ou de développer, le tissu des activités industrielles et de service est une constante.
Pour assurer l’avenir de l’économie de nos territoires à l’horizon 2020, des politiques structurantes sont jugées essentielles : transports, services publics et au public, nouvelles techniques d’information et de communication…, tandis que l’approche interrégionale et transfrontalière des massifs constitue un impératif. On notera tout particulièrement que les quatre motions adoptées portent sur l’agriculture (et sur l’avenir du pastoralisme confronté aux prédateurs), socle de l’économie montagnarde, et sur le développement rural à promouvoir, non seulement auprès de l’Etat, mais aussi auprès de l’Union européenne.
Nous pouvons donc témoigner de la richesse, de la profondeur de la réflexion et de la prise de conscience croissante de la nécessité de l’action commune des régions, des départements et de toutes les collectivités d’un même massif. Le compte rendu de ces rencontres, compilé dans ce numéro spécial de PLM, l’atteste. D’ores et déjà, nous avons acté que le combat de notre association pour les années à venir devra porter aussi bien sur la montagne qui se désertifie que sur celle qui s’urbanise.
Si la plupart des schémas interrégionaux sont aujourd’hui en bonne voie pour être adoptés, c’est que le massif apparaît bel et bien comme un territoire pertinent vis-à-vis de l’Etat, aussi bien que vis-à-vis de l’Europe. L’émergence de la question organisationnelle, correspondant à « la maille pertinente » pour une « bonne gouvernance » des territoires, a une première réponse possible avec la gestation en cours d’une entente interrégionale dans le Massif central, ailleurs peut-être, par la suite. A nouveau, les montagnards qui veulent se donner les moyens d’une organisation efficace entre collectivités d’un même massif, pour faire jeu égal avec l’Etat, sont sur le terrain de l’innovation !
Le Comité interministériel d’aménagement et de compétitivité des territoires du 6 mars 2006 avait donné les premiers repères sur la programmation à venir, aussi bien vis-à-vis des fonds d’Etat, que visà- vis des fonds européens. Par la suite, les mandats de négociation accordés aux préfets de région pour les contrats de projets Etat-régions, le 18 juillet, par le Premier ministre, puis les déclarations de celui-ci lors du conseil national de la montagne du 29 août, ont donné la mesure des enjeux et des moyens sur la période 2007-2013. Tous ces éléments ont mobilisé davantage encore, si besoin était, les élus de l’association.
Notre comité directeur de septembre a révélé de nombreuses inquiétudes sur la politique et l’avenir de la montagne si le cadrage financier actuel, toujours en cours de négociation, n’évolue pas. Cela ne nous surprend pas vraiment car, hélas, c’est souvent le sort réservé à la montagne. Mais nous nous battrons tous ensemble pour obtenir ce que la solidarité nationale exige.
Rappelons-nous qu’entre le Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire du 23 juillet 1999 et les arbitrages gouvernementaux du 22 novembre 1999, les crédits octroyés à la montagne pour 2000-2006 ont été multipliés par six, grâce à la détermination de tous les montagnards, au-delà des appartenances partisanes, qui ont su rallier le gouvernement de l’époque à leur cause. Parmi les raisons de ce redressement figuraient aussi la qualité des projets élaborés par les comités de massif, l’implication des régions, et, au-delà, du FNADT, l’engagement de l’ensemble des ministères qui comptent pour nos territoires…
Il faut donc que tous ensemble nous puissions convaincre, encore et toujours, les plus hautes autorités de l’Etat, de ne pas renoncer à une vraie politique nationale et solidaire de la montagne, et de lui donner des moyens concrets, à la hauteur des ambitions affichées. Nous avons fait part au Premier ministre de notre sentiment et de nos inquiétudes, et nous conservons l’espoir qu’il nous fera savoir, par la voix des ministres présents au XXIIe congrès, que les montagnards ont bien été entendus…

François Brottes et Martial Saddier

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