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Le cadrage budgétaire, de même que les annonces officielles, n’ont pas suscité de grands espoirs. Il n’en demeure pas moins que le système de financement des collectivités locales se teinte, pour la montagne, de quelques avancées.
En ouvrant le débat, Augustin Bonrepaux, député et président du conseil général de l’Ariège, a déclaré qu’il avait « trois raisons d’être satisfait : la superficie a été prise en compte, la dotation a été augmentée pour les bourgscentres, et il y a eu un rattrapage pour la coopération intercommunale ».
Mais tout n’est pas satisfaisant pour autant, et pour sa part, il a dénoncé une progression bien trop timide de la dotation de fonctionnement minimale des départements, et s’est déclaré opposé à l’éventualité de financer le plan d’équipement des communes en ADSL au moyen de la dotation générale d’équipement (DGE). Les intervenants ont largement évoqué les différentes dotations de l’Etat en faveur des collectivités locales, les problématiques de péréquation, la réforme de la taxe professionnelle (voir ci-contre l’entretien avec Gilles Carrez).
Vers une autre fiscalité locale
« Il faut renforcer la péréquation. Nous avons pris en compte la superficie des communes. Nous devons maintenant travailler sur d’autres critères, également révélateurs de la réalité, de nos spécificités », a fait remarquer Michel Bouvard, député de la Savoie. Des critères qui, selon Pierre Jarlier, sénateur du Cantal, « pourraient prendre en compte des notions comme la densité, le revenu moyen, la voirie, ou encore des données sociales ».
En réalité, d’aménagement en aménagement, une idée fait son chemin: celle d’aller beaucoup plus loin, comme l’a laissé entendre Didier Migaud, député de l’Isère, pour revisiter l’ensemble du système. « Je pense que nous avons une fiscalité locale de plus en plus inadaptée et injuste. Il faut remettre sur la table la question des relations Etat-collectivités locales sur la fiscalité », a-t-il affirmé.
Une péréquation devenue illisible
En réponse, et tout en parvenant à une analyse similaire, Paul Giacobbi, député et président du conseil général de Haute-Corse, s’est montré on ne peut plus radical : « Le système de la péréquation est incompréhensible. Quant à dire qu’il a un lien avec le réel… Non. Nous ne pouvons pas continuer avec un système si complexe. Il n’est pas pérenne car dangereux à long terme et, de plus, il est anticonstitutionnel. Bref, nous ne pourrons pas nous dispenser de réformer les bases des finances locales. »
Même Brice Hortefeux, ministre délégué aux Collectivités locales, à la suite du débat, a noté que « notre fiscalité locale est à bout de souffle, avec des bases désuètes, des calculs extrêmement complexes! ». « Au-delà des “rustines”, il nous faudra bien envisager un jour une réforme plus globale », a-t-il reconnu. |