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| Vie de l'ANEM : Réunion du massif de la Corse |
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Sommaire du PLM 165
| Un massif qui transcende les frontières |
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La notion de massif transcende les frontières. En métropole, en dehors du Massif central et des Vosges, les massifs ont une réalité internationale. La Corse s’inscrit dans ce mouvement.
● Les îles de Méditerranée (Baléares, Sardaigne, Crète, Sicile et Corse), qui connaissent également la double caractéristique de l’insularité et de la montanéité, ont élaboré la convention MODEM (montagnes de Méditerranée) pour la sauvegarde et la valorisation des montagnes des îles de la Méditerranée. Adoptée en avril dernier par la CTC (collectivité territoriale de Corse), cette convention a pour but d’instituer un espace de coopération et d’échanger des expériences dans l’intérêt commun des populations de montagne, en vue de supprimer la concurrence entre territoires.
● Plus classiquement, dans le cadre d’Interreg III : des coopérations interrégionales existent depuis les années quatre- vingt-dix avec la Sardaigne, la Toscane, mais aussi avec l’Espagne.
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| L’avenir du massif est l’affaire de tous les Corses |
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La réunion de massif de la Corse a eu lieu le 8 septembre dernier, à Casamaccioli, en Haute-Corse. Outre les élus corses du comité directeur de l’ANEM, des élus et des représentants de la société civile ont partagé la volonté d’oeuvrer en faveur d’une montagne respectée et habitée.
La dernière réunion de massif organisée par l’association s’est déroulée en Corse, à Casamaccioli. Françoise Sabiani, maire de cette commune, a donné le ton à cette rencontre en accueillant les élus : « La montagne n’est pas une ode, c’est une nécessité », en rappelant l’impérieuse nécessité de développer les perspectives économiques « pour ne plus parler de désertification inexorable » des zones de montagne.
En écho, Paul Giaccobi, députéprésident de Haute-Corse, a traité des services publics en zone de montagne, car, comme dans les autres massifs, le maillage du territoire par les services publics est alarmant au regard des fermetures successives des établissements, fragilisant le maintien des populations et des activités économiques. Une solution est pour lui envisageable, via la péréquation entre les territoires, puisque la rentabilité de ces services entre les zones urbaines et les zones de montagne est très différente.
Une mobilisation nécessaire pour affirmer le massif
Poursuivant, Camille de Rocca Serra, député et président de l’Assemblée de Corse, s’est ainsi prononcé pour « développer et non sauvegarder » les zones de montagne, en raisonnant par bassin de vie, pour que chacun d’entre eux puisse bénéficier d’au moins un des piliers du service public (école, poste, médecin…), projet nécessitant notamment l’accès au haut débit dans ces zones, ainsi que les infrastructures de transport des personnes, la construction et réhabilitation de logements.
Jocelyne Mattei-Fazi, maire de Renno, présidente de l’Association des maires de Corse-du- Sud, a d’ailleurs formé le souhait de voir la loi montagne à nouveau modifiée, son aménagement de 2005 ne semblant pas agréer les élus corses.
Tous ont donc conclu à une mobilisation ferme des élus, notamment avec l’aide de l’ANEM, pour que la Corse voie son massif considéré et administré en tant que tel. Pour cela, Christiane Leccia, maire de Sampolo, a vivement milité en faveur d’un volet montagne dans la mise en oeuvre du futur plan d’aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC). |
Ange Santini : « La lutte contre la désertification
de l’intérieur de l’île est une préoccupation majeure » |
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Président du conseil exécutif de Corse et également président du comité de massif, Ange Santini témoigne d’actions concrètes d’ores et déjà engagées sur le massif.
PLM : Quelle est la particularité du massif de Corse ?
Ange Santini : La Corse est une montagne dans la mer et la totalité de ses communes est dans le périmètre du massif. La loi de 2002 (1) a confié la présidence du comité de massif à la collectivité territoriale de Corse (CTC). Son action ne se limite pas à la programmation du fonds national pour l’aménagement et le développement du territoire (FNADT), elle est aussi de nature à favoriser l’intervention publique en zone de montagne et dans le patrimoine forestier.
PLM : La Corse a donc une action spécifique ?
AS : En 2004, l’Etat a transféré en propriété 50 000 ha de forêt à la CTC. Nous avons depuis mis en oeuvre une politique dynamique pour valoriser ce patrimoine en intervenant au niveau de la production, mais aussi sur le plan environnemental, tout comme en matière de fréquentation et d’accueil du public.
Nous avons ainsi procédé à une relance importante des investissements, qui ont notamment permis d’améliorer le réseau existant de routes forestières et de créer de nouvelles dessertes. Par ailleurs, pour répondre à la demande croissante en bois énergie, l’Office national de la forêt et la CTC ont initié l’exploitation de petits bois résineux en forêt territoriale.
Nous travaillons également en étroite coopération avec les communes forestières en maîtrise d’ouvrage conjointe sur les travaux de protection et de mise en valeur touristique des forêts publiques ( lutte contre l’incendie, Natura 2000. (Voir l’article ci-contre sur la forêt).
PLM : Et en ce qui concerne plus précisément la mise en valeur de la montagne ?
AS : Le comité de massif de Corse coopère avec les îles de la Méditerranée (Baléares, Crète, Sardaigne, Sicile) dans le cadre d’une convention « Montagnes de la mer Méditerranée » qui porte sur des opérations de sauvegarde et de mise en valeur à travers des échanges d’expériences et la promotion d’intérêts communs. J’ajoute que la lutte contre la désertification de l’intérieur, avec le maintien des activités agricoles et sylvicoles, est une préoccupation majeure de la CTC, c’est pourquoi nous menons d’autres actions.
(1) Loi du 22 janvier 2002 relative à la Corse. |
| Des programmes d’aménagement ambitieux |
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Bien que le massif de Corse soit le seul massif de la métropole à ne pas bénéficier d’une convention de massif, il connaît une programmation intensive. A l’origine, des fonds européens au titre de l’Objectif 1 pour la période 2000-2006 se sont combinés au contrat de plan Etat-régions (CPER), donnant lieu à un document unique de programmation (DOCUP), mais également à un programme exceptionnel d’investissements (PEI).
Fin août 2006, le taux de programmation du CPER s’élevait à 77,20 %. En revanche, son taux de paiement global n’était que de 36,22 %. Ainsi, le DOCUP, d’un montant total de 447 millions d’euros, dont 188,32 millions de l’Union européenne, est programmé à hauteur de 105,51 % (471,769 millions d’euros), dont 67,91 % sont payés.
La première convention d’application du PEI (481,78 millions d’euros) connaît également une programmation des crédits très encourageante (95,40 %, à savoir 459,607 millions d’euros, dont 274,463 millions de l’Etat). Là encore, seuls 25,66 % des crédits ont été payés, soit 123,619 millions d’euros.
Au regard du taux d’exécution de ces programmations, le risque est grand de voir ces crédits non utilisés reconduits pour les prochaines programmations. Pour la période 2007-2013, 1015 millions d’euros sont attendus pour la deuxième convention du PEI, et 86,815 millions ont été annoncés pour le futur contrat de projets Etat-région (1).
La logique massif intégrée au plan d’aménagement
La loi du 22 janvier 2002 donne compétence à la CTC (collectivité territoriale de Corse) pour élaborer un plan d’aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC). Il définit les principes de la localisation des grandes infrastructures et des grands équipements, fixe les objectifs du développement économique, social, culturel et touristique de l’île, et ceux relatifs à la préservation de l’environnement.
Le PADDUC vaudra schéma de mise en valeur de la mer, schéma régional d’aménagement et de développement du territoire, ainsi que schéma régional de transport. Il n’est pas dit qu’il vaudra également schéma de massif. Son contenu précis n’est pas encore connu, les élus de la montagne ne peuvent que le regretter.
(1) Chiffres du conseil exécutif de Corse, fin août 2006. |
| Une forêt de mieux en mieux protégée |
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La déclinaison du programme forestier national en Corse porte ses fruits, à travers le développement du bois énergie, une potentialité que la collectivité territoriale de Corse a su exploiter, tout en respectant les objectifs environnementaux. Ainsi, des emplois ont été créés et des incendies évités. L’exploitation par une société d’économie mixte locale des petits bois en zone de montagne (ramassés et transportés par des bûcherons rémunérés par la région), alimente le réseau de chaleur de Corte et les chaufferies des lycées de la commune. Cette exploitation est l’une des meilleures préventions des incendies. Il y a encore peu de temps, 20 000 à 30 000 ha de forêts brûlaient chaque année. Aujourd’hui, on en déplore plus que 5 000 ha. Protéger les territoires de montagne des incendies, c’est aussi encourager le tourisme dans ces zones. |
| Une agriculture particulièrement diversifiée |
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L’agriculture corse est une activité essentielle, comme partout en montagne, en termes d’aménagement. Elle représente 5 000 emplois sur 3 600 exploitations.
Elle est présente en montagne : élevage (porc, veau, brebis), oliviers, châtaigniers, production de spécialités locales (fromages et charcuterie). Elle est aussi présente dans les plaines et sur le littoral : productions végétales, viticoles, fruitières. La viticulture est la première production agricole de l’île.
Il est prévu de poursuivre le plan de relance de l’agriculture corse, à travers le contrat de projets Etat-région, les futurs programmes exceptionnels d’investissements (PEI) et les crédits européens.
Doté de 25 millions d’euros, ce plan, venant à expiration, a décliné des actions collectives en faveur de différentes filières : arboricole, viticole, animale (sécurité sanitaire), maraîchage et horticulture, agriculture biologique, valorisation des productions animales.
Ainsi, le projet EURIMED vise la création d’un logo d’identification des produits de qualité des îles Baléares, Sardaigne, Crète, Sicile et Corse (huiles, eaux minérales, vin, charcuterie, miel, fromages, confiserie…) afin de mettre l’agriculture au coeur du tourisme. |
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