| Dossier : La gestion des déchets en montagne |
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Dossier "Environnement"
Sommaire du PLM 164
| Pourtant, que la montagne est belle... |
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Si les principes de base en matière de gestion des déchets sont applicables pour toutes les collectivités (l’objectif reste d’adopter une démarche globale qui intègre le système de collecte jusqu’à l’élimination des déchets), des adaptations au milieu montagnard sont indispensables pour sauvegarder la beauté des lieux. En effet, les zones de montagne, qui n’échappent pas à l’augmentation des déchets, ont une difficulté supplémentaire : la saisonnalité des déchets, les surcoûts de collecte et de traitement directement liés aux réalités géophysiques. |
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- Mouchoir en papier : 3 mois
- Pelure de fruit : 3 à 6 mois
- Filtre de cigarette : 1 à 2 ans
- Chewing-gum : 5 ans
- Canette : 200 à 400 ans
- Sac en plastique : 100 à 1 000 ans
- Morceau de verre : 4 000 ans
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| La nécessité d’une approche adaptée |
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En fonction des conditions naturelles (altitude, relief, climat) et du contexte socio-économique (habitat traditionnel dispersé, stations de sport d’hiver, refuges d’altitude, majorité de petites communes, variations saisonnières et fréquentation touristique), la gestion des déchets varie sensiblement en montagne.
Pour implanter avec discernement
les points de collecte, en
tenant compte de l’enneigement
notamment, il faut opérer une distinction
entre la typologie des
déchets en station de haute altitude
(déchets de chantiers,
suremballages, emballages alimentaires
des randonneurs,
skieurs et autres sportifs, matériel
usagé d’alpinisme, de randonnée
et de ski), et celle des stations de
moyenne altitude (production
importante de déchets verts et
résidus alimentaires).
En moyenne montagne, les
déchets verts prépondérants sont
collectés par ramassage en porte-à-porte. Le chalet-poubelle permet
de bien s’adapter à l’environnement et d’intégrer d’autres services,
tels que les boîtes aux lettres,
le téléphone, l’abri de bus.
S’agissant des zones de montagne
non accessibles par la route
(refuges d’altitude, sentiers), la
collecte se fait à des points dedépart ou d’arrivée. La prévention
des déchets par des campagnes
de communication est à
privilégier en faveur de ces sites
sensibles et très fréquentés.
Limiter les volumes à transporter
Ensuite, l’exploitation maximale
de tous les procédés de tri, de
compactage et d’élimination sur
place des déchets peut considérablement
réduire les coûts de transfert, par héliportage notamment. Plus globalement, savoir s’adapter aux variations saisonnières, c’est privilégier la fréquence de collecte des conteneurs, pour ne pas surdimensionner les équipements. Dans la mesure du possible, des techniques de traitement et d’élimination des déchets à proximité du lieu de leur production sont recommandées pour éviter des coûts exponentiels de transport en montagne. L’incinération ou la méthanisation ne sont retenues qu’en cas de fort tonnage. L’implantation de stations de transit, avec ou sans tri, permet le stockage maximal, avant évacuation. Aussi, le transport par voie ferrée ou ferroutage est parfois la bonne solution. Le compactage, le traitement par compostage des déchets verts (comme à Saint-Lary, dans les Hautes-Pyrénées) et la réutilisation sur place de certains matériaux, le broyat de verre et les granulats recyclés utilisés en substitution d’autres matériaux (comme dans le canton des Grisons en Suisse) sont aussi des solutions.
Le traitement à proximité n’est pas toujours possible
Aussi, le choix des techniques de traitement et d’élimination des déchets est-il également réduit par la spécificité du milieu : le traitement à proximité est l’idéal, même si l’implantation des installations en altitude n’est pas aisée. L’ADEME résume le sentiment qui anime les acteurs publics de la montagne face à la gestion des déchets : « Dans ces paysages grandioses que tous ont à coeur de préserver, toute dégradation due à la négligence et au manque de sensibilisation devient vite une agression visuelle et un danger pour l’environnement. » |
| Ordures ménagères : Le quatrième impôt local |
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L’Observatoire des finances locales analyse le poids financier de la gestion des déchets ménagers dans les budgets des collectivités(1) pour la France entière. Pour 2005, il l’estime à 4,78 milliards d’euros, soit une hausse de plus de 50 % en cinq ans.
Pour financer le service public d’élimination des déchets, les communes peuvent instaurer soit une taxe (TEOM) soit une redevance (REOM) d’enlèvement des ordures ménagères. La TEOM est acquittée par les propriétaires des biens bâtis qui peuvent la répercuter dans les charges locatives, alors que la REOM est directement recouvrée auprès de l’usager, quel que soit son statut. Globalement, le constat est le suivant : la REOM est principalement instaurée dans les petites communes, alors que les villes financent ce service, via la TEOM.
En 2005, 83 euros par habitant ont été acquittés au titre de la TEOM, et 71 euros au titre de la REOM. En 2001, ces montants étaient respectivement de 64,5 euros et 46,2 euros.
Cette évolution doit être regardée par rapport à trois critères : le produit perçu, l’augmentation du volume des ordures ménagères, et la somme des dépenses (investissement et fonctionnement) engagées par les collectivités pour la collecte et le traitement des déchets.
La facture reste importante
On constate dès 2004 un investissement accru des collectivités en faveur du développement de la collecte sélective et de la mise en conformité des incinérateurs aux nouvelles normes de rejets des émissions.
La facture reste importante pour le contribuable alors que les recettes issues de la vente des sous-produits du recyclage sont évaluées à 344 millions d’euros en 2004, soit 6,4 % de la dépense courante de la gestion des déchets. D’autres recettes sont envisageables via la cogénération (production d’électricité, de chaleur…).
Plus précisément, la TEOM représente 4,216 milliards d’euros, un poids élevé comparé au produit de la REOM, soit 450 millions d’euros. Ainsi, cette taxe devient le quatrième impôt local, derrière la taxe professionnelle (25,081 milliards d’euros), la taxe sur le foncier bâti (17,619 milliards d’euros), et la taxe d’habitation (13, 225 milliards d’euros), la taxe sur le foncier bâti atteignant 944 millions d’euros.
En 2005, en moyenne 83 euros
ont été acquittés au titre de la taxe et 71 euros
au titre de la redevance. |
| Ils ont récupéré les déchets à 8 000 mètres |
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Les problèmes environnementaux induits par le développement croissant du tourisme dans les hautes vallées himalayennes sont aussi étonnants qu’alarmants. Comment accepter que les amoureux de la montagne, adeptes de treks et de grands sommets, laissent derrière eux des déchets ?
A moins de 30 km de l’Annapurna, au Népal, lors d’une opération de nettoyage du camp de base (8 091 m) du sommet du Dhaulagiri (8 167 m) fréquenté depuis les années 50, et jamais nettoyé, d’innombrables déchets ont récemment pu être soustraits à ce site remarquable : bouteilles en verre et en plastique, boîtes de conserve, bonbonnes de gaz, piles, cordes, vêtements…
C’est grâce à ce genre d’initiative que les alpinistes et les randonneurs des cimes adoptent progressivement des comportements plus respectueux de l’environnement. Trois expéditions ont ainsi été menées sur ce site, avec huit jeunes alpinistes et amis issus d’écoles d’ingénieurs, cent un porteurs et Sherpas népalais, qui ont permis de collecter et traiter 3 720 kg de déchets (dont 620 kg de métaux et 180 kg de verre recyclés en Inde, 40 kg de piles traités en France, 2 880 kg de déchets brûlés dans un four construit sur place).
De même, en octobre 2003, une transhimalayenne (périple à pied ou en VTT) de Lhassa (Tibet) à Katmandu (Népal) a été organisée par la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), afin d’installer un four de traitement de déchets, moyen de produire de l’eau chaude sanitaire et de résoudre la difficulté de l’incinération en très haute montagne.
www.dhaulagueri.com
www.valeursvertes.com |
| Un équipement de COLLECTE informatisé |
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Lors de la collecte, une puce électronique placée sous la collerette du bac à déchets permet de connaître le volume de déchets émis par l’usager, ce qui rend possible une facturation proportionnelle à la production réelle de déchets. A terme, ce système incite à une modification des comportements allant vers plus de tri et une réduction de la production de déchets. Cet identifiant électronique résiste aux intempéries et températures extrêmes, ce qui en fait un équipement adapté aux conditions climatiques des zones de montagne.
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Tour de France 2006 : 37 TONNES DE DECHETS
récoltés sur l’étape de traversée des grands cols pyrénéens |
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De Tarbes à Val d’Aran Pla-de-Béret (Espagne), en passant par le Tourmalet, l’Aspin, le Peyresourde et le Portillon, les pouvoirs publics locaux et des associations se sont mobilisés pour collecter 37 tonnes de rebuts sauvages, grâce au déploiement de bennes et de sacs pour que, le soir même, toute trace de déchets ait disparu.
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