|
|
|
Dossier :
Contractualisation 2007-2013 :
Les contrats de projets à
l’ouverture des négociations. |
|
Sommaire du PLM 163
 |
Alors qu’à la rentrée devrait
s’engager la négociation du
contenu précis des futurs
contrats de projets ainsi que
des nouvelles conventions
interrégionales de massif
pour la période de
programmation 2007-2013,
l’été commence sans
que l’ampleur des
enveloppes financières de
l’Etat n’ait été révélée.
Le cadre général de cette
négociation complexe, qui
tient compte à la fois du
calendrier et des politiques
communautaires, est connu
depuis le comité
interministériel pour
l’aménagement et la
compétitivité des territoires
du 6 mars. Une circulaire
du 24 mai est venue préciser
les modalités du volet
territorial des contrats
de projets. |
| L’articulation générale
des nouveaux contrats de projets |
|
 |
Les contrats de projets entre l’Etat et les régions viendront s’inscrire dans
une architecture complexe où ils devront composer avec un cadre communautaire
fixé par Bruxelles, et d’autres modes de contractualisation complémentaires
dont il faut espérer qu’ils ne soient pas concurrents.
La périodicité de la contractualisation
entre Etat et régions est
directement dictée par celle des
fonds structurels européens, afin
que les objectifs retenus par les contrats de projets s’articulent
clairement avec ceux de l’Union
européenne. Cela permet de
bénéficier d’une convergence des
financements de niveau européen,
national et régional.
Compte tenu du climat général de
restriction budgétaire, il y a donc
en principe peu de place (pour ne
pas dire aucune) pour des projets
qui s’affranchiraient de la stratégie
communautaire, tant en matière
de développement régional que
de développement rural.
Un cadre innovant
sur deux aspects
Les contrats de projets se distingueront
de leurs prédécesseurs, les
contrats de plan Etat-régions, sur
au moins deux aspects. Tout d’abord,
ils feront l’objet d’une
grande sélectivité en partie imposée
par le contexte budgétaire. La pertinence et l’efficacité prévaudront
dans le choix d’un nombre
de projets délibérément limité afin
d’éviter tout saupoudrage (un seuil
de 50 000 euros serait exigé pour
qu’ils soient éligibles). Certains
viendront prolonger ou compléter
les pôles d’excellence rurale.
Ensuite, ces contrats de projets
seront « environnés » de nouvelles
formes de contractualisation
s’adressant à d’autres cocontractants
(tels que les départements,
voire les entreprises nationales…),
ou bien se focalisant sur
des thématiques spécifiques (les
grandes infrastructures de
transports, notamment), ou territorialisées
(telles que les conventions
interrégionales de massif
ou de bassin hydrographique).
Ce n’est qu’une fois ce cadre composite
mis en place que les objectifs
ainsi retenus pourront être mis
en œuvre par le biais de programmes
opérationnels que souscriront
notamment les structures porteuses
de projets (intercommunalités,
pays, parcs naturels régionaux…). |
| Des contrats authentiquement
contraignants |
|
 |
Aux termes de la loi du 29 juillet 1982, sur les principes de laquelle s’appuie
la démarche contractuelle contemporaine, les contrats (de projets) « comportent
des engagements réciproques des parties » et « sont réputés ne
contenir que des clauses contractuelles ». Pourtant, l’incertitude demeurait
sur la force obligatoire et contraignante desdits instruments.
Opportunément, la juridiction administrative vient de lever toute ambiguïté
à cet égard. La cour administrative d’appel de Nantes, dans un arrêt d’assemblée
plénière, rendu le 30 décembre 2005 (Établissement public Loire),
admet, pour la première fois, qu’en revenant sur les engagements contractuels
qu’il avait pris en vertu des dispositions de la loi du 29 juillet 1982,
l’État était tenu de réparer le dommage qui en résultait pour son partenaire.
Il paraît difficile de ne pas voir dans cette décision la consécration du principe
de la force obligatoire des futurs contrats de projets. |
Contenu des contrats
Un resserrement des objectifs sur
la compétitivité des territoires |
|
 |
Les contrats de projets État-régions (CPER) voient leur
contenu déterminé par trois objectifs prioritaires,
conformément aux orientations stratégiques définies
et arrêtées aux Conseils européens de Lisbonne
(2000) et Göteborg (2001).
Les CPER s’articulent autour de trois objectifs, qui
se déclinent en thématiques particulières. Une
présentation synthétique peut en être faite :
La compétitivité et l’attractivité des territoires
● pôles de compétitivité
● recherche et enseignement supérieur
● grands équipements
● compétitivité des filières agricoles
● transport ferroviaire de voyageurs
● fret ferroviaire, fluvial et maritime
L’environnement et le développement durable
● changement climatique et énergies renouvelables
● eau et milieux aquatiques
● risques naturels et technologiques
● biodiversité
La cohésion sociale et territoriale
● emploi et formation professionnelle
● mutations économiques des bassins d’activités
les plus affectés
● rénovation urbaine
● handicaps des départements d’outre-mer
● développement des massifs de montagne
|
Volet territorial
La promotion de l’identité
des territoires infrarégionaux |
|
 |
Significative d’un renforcement des liens de partenariat
entre l’État et les différentes catégories de collectivités
territoriales, la contractualisation qui doit couvrir
la période 2007-2013, existe également à un
niveau infrarégional.
Posé, dans son principe, par la circulaire du
Premier ministre du 6 mars 2006, le volet territorial
de la contractualisation est conçu en complément
des contrats de projets État-régions (CPER). Ses
modalités sont prévues par une circulaire du 24 mai
2006, par le délégué interministériel à l’aménagement
et à la compétitivité des territoires. La procédure
de négociation des futures conventions territoriales
fait une large place à la concertation avec les élus. Concrètement, le préfet de région devra
recueillir l’avis du conseil régional aux fins d’appréciation
de l’opportunité d’une démarche
contractuelle et d’identification de projets territoriaux
infrarégionaux, dont la convention territoriale
sera la traduction juridique. Elle aura pour objet des
opérations d’envergure limitée, et pourra intervenir
aussi bien en fonctionnement qu’en investissement,
alors que les futurs CPER seront concentrés
sur des opérations d’investissement.
Les hypothèses de partenariats sont au demeurant
nombreuses ; sont concernées les agglomérations,
les villes moyennes, les collectivités relevant d’une
intercommunalité dite de projet (EPCI, pays ou parcs
naturels). Enfin, les départements pourront également
intervenir, soit comme cofinanceurs, soit
comme maîtres d’ouvrage.
|
Pôles d’excellence rurale
Une première série
de projets labélisés |
|
 |
175 projets ont reçu en juin le label de « pôles d’excellence
rurale » (PER) qui devraient induire jusqu’à
25 000 emplois. Leur réalisation devrait constituer par
anticipation un complément des futurs contrats de
projets Etat-régions.
Le label «Pôle d’excellence rurale» est attribué à
un projet de développement économique, s’appuyant
sur l’emploi, le développement durable et
l’innovation technologique, situé sur un territoire
rural et fondé sur un multipartenariat de qualité,
entre des personnes publiques – collectivités locales,
EPCI, établissements publics comme les parcs
naturels régionaux (PNR) et des personnes privées
entreprises, associations). 175 projets ont été
labellisés en juin dernier, dont 78 relatifs au tourisme
et au patrimoine, 32 pôles concernant les
bioressources, 26 en faveur de l’accueil et les services,
27 concernant les filières technologiques. Ils
représentent un investissement total de plus de
570 millions d’euros, dont 128 millions d’euros de
l’Etat. Les entreprises privées partenaires se sont
engagées sur la création d’un peu plus de 7 000
emplois directs, et les emplois indirects sont évalués
par les porteurs de projets à 25 000. Le taux
maximum de subvention est de 33 %, sauf pour
les investissements effectués sur les communes
situées en ZRR où ce taux sera relevé à 50 %.
Ces PER peuvent être considérés comme un
complément des CPER, dont l’objet est également
le développement économique mais aussi
comme un concurrent, car les CPER contiennent
un volet territorial pour des projets infrarégionaux,
d’autant plus que certaines actions de PER
seront éligibles aux fonds européens (Leader
+ notamment). Le partenariat public/privé fait
certainement la différence entre les deux formes
de contractualisation de l’action publique locale. |
| Quelle place pour
les conventions de massif ? |
|
 |
Chaque massif aura-t-il droit à sa
convention ? Selon la loi, cela ne semble faire
aucun doute puisque l’article 9 de la loi montagne,
tel que l’a réécrit la loi relative au
développement des territoires ruraux,
affirme que « les conventions interrégionales
de massif traduisent les priorités de l’action
de l’Etat en faveur du développement économique,
social et culturel des différents massifs
de montagne ». C’est donc à tout le
moins une obligation qui incombe à l’Etat.
Mais d’aucuns se posent la question, en s’inquiétant
de deux facteurs : d’une part, l’inertie
ou la difficulté de certaines régions à s’entendre
entre elles sur un massif qu’elles partagent,
et d’autre part, les limites financières
d’une enveloppe qui laisseraient croire que
tous les massifs ne pourraient être servis,
d’autant plus que les bassins hydrographiques
sont susceptibles d’émarger aux
mêmes crédits…
|
| Une double
approche pour
les transports |
|
 |
Traditionnellement perçus comme l’enjeu
majeur de la contractualisation entre l’Etat et
les régions, la génération de contrats 2007-2013
qui s’annonce relègue les infrastructures de
transports à la seconde place en leur accordant
deux traitements distincts selon leur envergure.
La nouvelle approche des équipements de
transports dans les futurs contrats de projets
trouve son explication en bonne partie
dans l’évolution récente de la décentralisation
en ce domaine. Les réseaux ferroviaires
sont désormais en grande partie régionalisés,
et l’Etat a transféré récemment une
bonne part du réseau routier national. Par
conséquent, la notion même de réseaux
structurants d’importance nationale susceptible
de faire l’objet d’une contractualisation,
s’est considérablement réduite.
Les grands équipements relevant de cette
catégorie, de type TGV ou autoroute principalement,
devraient ainsi apparaître
en nombre très limité dans la contractualisation
2007-2013. Ils feront désormais
chacun l’objet d’une convention isolée,
s’adressant selon les cas à une seule ou
plusieurs régions concernées.
Selon les orientations arrêtées par le comité
interministériel du 6 mars 2006, les équipements
de transports apparaîtront également
dans les contrats de projets de
chaque région mais avec l’obligation de
s’inscrire dans une logique unique d’aménagement
des terminaisons de grands
réseaux. En d’autres termes, ne devraient être contractualisés en principe, que les travaux
d’infrastructure qui permettront d’accéder
aux TGV ou aux autoroutes de la
façon la plus pratique et intégrée possible. |
|
 |
|
|