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Vie de l'ANEM
Réunion du massif des Pyrénées

Sommaire du PLM 163

Pierre Casteras :
«Les Pyrénées ne sont pas un capital
à gérer mais un patrimoine à faire prospérer»

Pierre Casteras, conseiller régional Midi-Pyrénées, est président de la Confédération pyrénéenne du tourisme.

PLM : Quel bilan faîtes-vous des pôles touristiques de montagne ?
Pierre Casteras : Ces pôles sont une véritable création, une nouvelle gouvernance, car ils dépassent les frontières classiques telles que la station. Je retiens avant tout la réussite du « travailler ensemble » pour un résultat enthousiasmant : sur la période en cause, 88 % d’augmentation du chiffre d’affaires pour la neige.
En 2005-2006, les stations du massif des Pyrénées ont généré 100 millions d’euros pour l’industrie du ski. Mais je suis aussi particulièrement sensible à l’investissement exemplaire de la région Midi-Pyrénées, à hauteur de 91 millions d’euros, pour financer 327 projets. L’effervescence d’idées a même amené la région à dépasser son engagement initial inscrit dans le CPER.
PLM : Face à ce bilan très encourageant, la situation estelle encore perfectible ?
PC : Bien sûr, il reste des actions à mener. A l’avenir, il s’agira d’améliorer l’accessibilité de la montagne et l’urbanisme des vallées. L’amoncellement de neige induit trop de personnes mais un patrimoine à faire prospérer» au même endroit, au même moment. Nous réfléchissons à l’élargissement de la saison, notamment via le thermoludisme qui permettrait d’offrir un cadre de vie dans la vallée, les personnes pourraient se soigner et se cultiver tout au long de l’année.
Les Pyrénées ne sont pas un capital à gérer mais un patrimoine à faire prospérer. Les Pyrénées n’appartiennent à personne ! Ce qui veut dire que les projets qui s’inscrivent dans le massif doivent répondre à la spécificité pyrénéenne et non pas être imposés.
Le dossier ours est flagrant à ce sujet. Aujourd’hui, la dynamique de soutien de l’économie montagnarde doit être en résonance avec les critères d’identité caractéristiques du massif.
PLM : Comment envisagez-vous l’avenir du tourisme dans les Pyrénées ?
PC : Il est essentiel de maintenir des industries séculaires dans les vallées, telles que Péchiney ou Lafarge. J’ose dire que l’industrie du tourisme des Pyrénées est un modèle de développement économique et les pôles touristiques de montagne un modèle de gouvernance économique locale. Il faut continuer ce mouvement de partage de l’espace, de la ressource et de la richesse de la montagne.


François Maïtia :
« Les Pyrénéens gardent les Pyrénées pour le bien de la France »

François Maïtia, vice-président du conseil régional d’Aquitaine, est le président du comité de massif des Pyrénées.

PLM : Vous avez à cœur de promouvoir l’avenir des Pyrénées. Etes-vous un homme écouté ?
François Maïtia : Le schéma interrégional d’aménagement et de développement du massif (SIADM) des Pyrénées est justement la photographie de ces montagnes à l’horizon 2015-2020. Une mouture finale de ce schéma, après de nombreuses réunions des groupes de travail, a été soumise au comité de massif, le 10 juillet, pour adoption.
Par la suite, effectivement, étant donné que, pour les assemblées régionales, le massif est une zone éloignée, d’un enjeu économique limité, je devrai aller convaincre l’ensemble des élus que tout euro investi en montagne l’est pour l’intérêt général.
Mais je prends mon bâton de pèlerin, je ne porte pas ma croix ! Les Pyrénées sont un lieu tant remarquable, qu’il est aisé d’en porter la fierté. Je me donne pour mission de faire entendre un message essentiel : les Pyrénéens gardent les Pyrénées pour le bien de la France.
PLM : Quel bilan faites-vous des CIM ?
FM : Concernant les masses financières, aucun des partenaires n’a tenu son engagement. Les engagements initiaux des régions n’ont pas abouti dans leur totalité. Par exemple, la région Aquitaine, faute de projets suffisants en nombre, n’a pas pu respecter ses engagements.
Peut-être faut-il y voir un manque d’animation mobilisant les différents acteurs sur le terrain. Mais c’est une procédure à ne pas abandonner. Les élus sont décidés à poursuivre l’aventure.
D’ailleurs, les CIM n’ont vraiment pas à rougir vis-à-vis des CPER.
PLM : Comment alors mobiliser davantage les régions dans la politique de massif ?
FM : Un investissement volontaire nécessiterait dans chaque région une « autorité massif », et aussi un service montagne qui rassemblerait plusieurs administrations, telles que l’agriculture, le tourisme, l’environnement, etc.
Autre carotte : la fongibilité de l’enveloppe financière. Si le commissaire de massif l’a obtenue en cours de période, les régions, face à l’Etat, sont davantage corsetées, devant flécher les euros sur des projets prévus et précis. Obtenir la fongibilité, d’une partie au moins des masses financières, renforcerait l’esprit massif.
PLM : Comment envisagez-vous l’avenir de la politique de massif ?
FM : Trois réflexions au sujet de la nouvelle génération de CIM.
Tout d’abord la hauteur non pas celle de cimes mais celle des crédits pour les CIM. Nous sommes attachés à certains principes : pour 1 euro de l’Etat investi, 1 euro de la région doit être engagé ; les crédits européens ne doivent pas être recyclés en crédits d’Etat.
Deuxièmement, il faut déterminer l’identité de l’autorité de gestion des programmes insérés dans les CIM.
En dernier lieu, concernant la cohésion de tous les acteurs, je suis inquiet de voir les régions agir chacune pour son compte, sans concertation avec ses partenaires.
Pour l’avenir, j’appelle de mes vœux la création d’un secrétariat commun pour les trois régions des Pyrénées, grâce au détachement d’un fonctionnaire. Elles doivent parler d’une seule voix, dans le cadre de l’entente interrégionale de massif telle que prévue par la loi pour le développement des territoires ruraux.

 
COMITÉ DIRECTEUR
De nombreux sujets abordés et deux motions adoptées

Pour sa dernière réunion avant l’interruption de l’été, le comité directeur du 1er juin a été l’occasion de faire un large tour d’horizon des dossiers en cours et d’adopter deux motions sur des sujets d’actualité sensibles.

Outre la signature à l’ouverture de la réunion d’une convention de partenariat avec France Télécom, en la présence de Bruno Janet, directeur des relations avec les collectivités locales au sein du groupe, cette réunion a permis d’aborder un grand nombre de dossiers d’actualité sur lesquels l’association est mobilisée.
Ont ainsi été examinées les mesures introduites par les parlementaires de montagne lors du débat des projets de loi sur l’eau, ou portant engagement national en faveur du logement, la mise en chantier du code de la montagne, la préparation du décret relatif aux refuges ou encore les perspectives européennes de l’agriculture de montagne.
Sur la base d’un rapport de Jean Briane, ancien président de l’ANEM, l’évolution des relations entre l’ANEM, l’AEM et l’APMM a également fait l’objet d’un important débat visant à mettre au point une stratégie d’action et d’organisation harmonieuse entre les trois associations.

Prises de position sur l’ours et le service RTM

Deux motions portant sur des domaines distincts ont été adoptées. La première, réagissant à l’actualité du plan de réintroduction d’ours dans les Pyrénées, s’adresse prioritairement à la ministre de l’Ecologie en lui demandant de suspendre les réintroductions, en attendant la reprise d’une concertation réelle et approfondie. La seconde est destinée avant tout au ministre de l’Agriculture pour attirer son attention sur l’avenir budgétaire incertain du service de la restauration des terrains en montagne (RTM). Elle suggère que ce service puisse étoffer ses missions et redéployer ses compétences techniques unanimement reconnues, grâce à un financement interministériel (Ecologie et Intérieur notamment) et qui ne sollicite pas les collectivités locales (simples clients facturables) en tant que contributeurs directs.


Tribune libre
« La politique d’accueil
doit aller bien au-delà du projet d’entreprise »

Pierre Hugon, vice-président du conseil général de la Lozère.

«Pour la plupart de nos territoires de montagne, l’accueil de populations nouvelles et permanentes est devenu un passage obligé, faute, sous peu, de ne plus rien pouvoir sauver. C’est, en effet par des politiques d’accueil réussies que s’effectuera l’indispensable renouvellement des générations, pour une partie substantielle au moins. L’enjeu est donc d’importance, et il ne saurait être question, sur ce point, de ne pas être au rendezvous de la future convention interrégionale de massif, car la question présente une spécificité montagne très marquée. Il ne s’agit pas seulement d’offrir les conditions matérielles d’une installation d’activité à bon compte, telles que du terrain bon marché et des possibilités de connexion aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Pour que le résultat soit durable, il est impératif que l’environnement des projets le soit aussi. Cela ne concerne pas uniquement, loin s’en faut, l’environnement de l’activité, en couvrant ses besoins en conseils et en ingénieries diverses. Cela vise aussi, et peut-être, surtout, l’offre globale de qualité de vie à proposer aux nouveaux arrivants. Il faut être conscients que nos concitoyens candidats au « retour à la montagne » ont des habitudes et expriment des besoins différents de ceux des populations locales. Et ce sont ces besoins qu’il convient impérativement de satisfaire, en s’ingéniant à mettre au point, et en finançant, une offre de nouveaux services à la personne, afin que la montagne de demain ne soit plus perçue comme lieu de vie « rustique » et dépassé, mais au contraire, comme un milieu d’autant plus attractif qu’il ne se distinguera plus des autres que par la qualité remarquable de ses milieux naturels. »


 

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