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Sans réelle concertation avec les élus intéressés, le rapport Vallancien préconise la fermeture, « sans délai », de
113 blocs de chirurgie – 34 en zone de montagne – réalisant moins de 2 000 actes opératoires par an.
Déjà largement commenté, au
demeurant fortement contesté
par nombre d’associations
d’élus(1), le rapport du professeur
Guy Vallancien, remis au ministre
de la Santé et des Solidarités,
le 4 avril 2006, avait pour objet
d’évaluer, au regard des critères
de sécurité, de qualité et de
continuité des soins, l’activité
chirurgicale en France – à l’exclusion
des services de maternité.
Force est ici de constater
que l’évaluation entreprise ne
prend pas particulièrement en
compte la spécificité des territoires
de montagne, surtout leurs
contraintes naturelles.
Le rapport n’ignore pas le phénomène
climatique propre à la
montagne : il évoque, expressément, « les chutes de neige en
territoire montagneux », qui
seraient « en moyenne responsables
d’un arrêt temporaire de la
circulation cinq fois dans l’année
». Pour autant, semblable
contrainte n’est pas jugée déterminante,
aux motifs que si le
transport est difficile l’hiver entre
les petites communes et les hôpitaux
de proximité, « l’accès routier
entre ces mêmes hôpitaux et
un établissement plus important
est le plus souvent facile ».
Le rapport en conclut – hâtivement
sans doute – qu’il n’y a pas « de conditions géoclimatiques
qui, à elles seules, puissent justifier
le maintien d’un service de
chirurgie au-dessous des normes
d’activité et de qualité ».
Les Français divisés
sur l’organisation de l’hôpital
Il propose, en conséquence, la
reconversion des hôpitaux concernés
vers d’autres missions de proximité
: petite chirurgie de contention
et de suture superficielle, traitement
de la douleur, suivi postopératoire,
par exemple.
Pour parvenir à de telles conclusions,
le rapport avance notamment
les résultats d’une enquête,
réalisée pour les besoins de
l’évaluation, faisant apparaître
que 94 % des habitants de villes
dont le service de chirurgie a
fermé privilégient la qualité des
soins par rapport à la proximité
géographique. Pourtant, un sondage
TNS-Sofres, réalisé en avril
2006, auprès de 1 000 personnes,
pour la Fédération hospitalière
de France, devait révéler
que les Français sont nettement
plus divisés sur la question du
mode d’organisation de l’hôpital.
Il apparaît, en effet, que 49 %
disent souhaiter des grands hôpitaux équipés de manière optimale,
quitte à ce qu’ils soientéloignés du domicile, quand
45 % préfèrent la proximité à un
meilleur équipement…
(1) voir,
le communiqué de presse publié, à l’initiative
de son président
et de son secrétaire général,
par l’ANEM. |