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Dossier "Finances locales"
Sommaire du PLM 162
FCTVA et marchés publics
L’illégalité d’un contrat n’entraîne
pas l’inéligibilité |
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Le Conseil d’État reconnaît l’éligibilité au fonds de compensation de la TVA (FCTVA) des dépenses réalisées en vertu d’un marché public illégal.
Les conditions d’éligibilité au FCTVA des
dépenses d’investissement des collectivités
territoriales sont bien connues. Objectives
et cumulatives, elles sont au nombre de
trois : la nature réelle des travaux financés ;
la réalisation effective des travaux par le
maître de l’ouvrage ; l’intégration des
ouvrages dans le patrimoine de la collectivité
publique.
À cet égard, le Conseil d’État vient de rendre
deux arrêts (7 novembre 2005 et
28 avril 2006), d’une portée pratique considérable
pour les collectivités territoriales.
Précisément, la Haute juridiction administrative
estime que le recours à un marché
public, fût-il un marché d’entreprise de travaux
publics, n’est pas de nature, par lui-même, à faire obstacle à l’attribution du
FCTVA. Surtout, elle considère que les
dépenses exposées en exécution d’un marché
public illégal sont éligibles au FCTVA.
En d’autres termes, l’illégalité du contrat est
sans incidence sur le droit à l’attribution du
FCTVA, dont est titulaire la collectivité
publique. En l’espèce, il s’agissait de dépenses
engagées par une commune en exécution
d’un marché d’entreprise de travaux
publics pour l’aménagement et l’entretien
d’un espace culturel.
Intégré dans le patrimoine
malgré l’annulation du marché
En se prononçant comme il le fait, le
Conseil d’État s’inscrit dans la droite ligne
de l’article 49 de la loi n° 2001-1275 du
28 décembre 2001 portant loi de finances
pour 2002.
Cet article, codifié à l’article L. 1615-1 du
code général des collectivités territoriales
(CGCT) dispose, en effet, que les dépenses
réelles d’investissement des collectivités territoriales,
concernées par l’annulation d’un
marché public, sont éligibles au FCTVA,
même si, ayant le caractère d’indemnité,
elles sont inscrites en section de fonctionnement
du compte administratif.
Le principe posé par le juge administratif
s’explique par le fait que, malgré l’annulation
du marché – mais cela vaut pour tout
type de contrat – la collectivité intègre de
facto un bien dans son patrimoine. Surtout,
la solution retenue illustre le pragmatisme
du juge.
Compte tenu, en effet, de l’extrême variété
et diversité des causes possibles d’irrégularité,
une solution inverse aurait eu pour
nécessaire conséquence d’obliger le préfetà refuser l’éligibilité au FCTVA sur la base
d’un simple doute quant à la légalité dudit
marché. |
Concertation avec les élus
Une nouvelle ère
pour les finances locales |
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À l’occasion de la première Conférence nationale
des finances publiques, le 11 janvier dernier,
le Premier ministre avait posé comme objectif de
cette concertation le renouvellement du cadre
des relations entre l’État et les collectivités territoriales,
autour de quatre axes concernant les
dépenses locales :
● l’accroissement des marges de manœuvre des
collectivités locales sur les compétences transférées
(personnes âgées, insertion, handicap, formations
sociales et sanitaires) ;
● une concertation sur les normes techniques ;
● une concertation effective par le biais de modalités
préalables aux décisions de l’État, telles que
les études d’impact, le renforcement des prérogatives
du Comité des finances locales et de l’association
des collectivités aux décisions relatives à la
fonction publique ;
● le renforcement du pilotage l’évolution globale
des dépenses locales (fixation d’une norme indicative
de cette évolution, dont le suivi par les assemblées
délibérantes et les citoyens sera accentué).
Afin de préparer cette concertation, les associations
d’élus ont reçu quinze fiches décrivant les
propositions faites aux collectivités pour chacun
des axes décrits ci-dessus. Les premières conclusions
feront l’objet d’un rapport présenté au
conseil d’orientation, qui devait se réunir début
juin, avant le débat d’orientation budgétaire pour
le projet de loi de finances pour 2007. |
Dotation de fonctionnement minimale
La réforme
mobilise les élus de l’ANEM |
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La réforme de la
dotation de fonctionnement minimale (DFM) désavantage les départements de montagne et provoque l’inquiétude
des élus. Un groupe de travail a été créé au sein du Comité des finances locales afin de réviser le dispositif
décrié.
L’observation ciblée de la situation
montre que, entre 2004
et 2006, les 24 départements
bénéficiaires de l’ancienne DFM
connaissent une évolution de
dotation de 15,9 %, et les 40
départements nouvellement
bénéficiaires de la DFM réformée,
de 51,08 %.
La DFM « ancienne formule »
prenait en compte le retard de
ces territoires, par le biais d’indicateurs
de pauvreté significatifs
et sélectifs. Aujourd’hui, conséquence
de la réforme, l’ensemble
des départements non
urbains sont éligibles à la DFM,
cette dernière se muant ainsi
progressivement en une dotation
forfaitaire, sans souci de péréquation.
Vers plus de péréquation
avec la densité de population
Au sein du groupe de travail,
Augustin Bonrepaux, député de
l’Ariège, et Pierre Jarlier, sénateur
du Cantal, entendent améliorer
le dispositif. Ce groupe s’est
réuni pour la première fois
le 24 avril dernier. Une très prochaine
rencontre permettra
d’analyser une étude faisant état
de la richesse précise des 64
départements en cause. Enfin,
une troisième et dernière
réunion doit se tenir mi-juin, à
l’occasion de laquelle la modification
du calcul de la DFM sera
proposée, en vue de la soumettre à l’approbation du Comité
des finances locales.
La densité de population pourrait être un critère à intégrer,
pour rendre, à nouveau, la DFM
outil de péréquation financière.
Car la notion de département
rural, retenue pour le calcul de
la nouvelle dotation, conduit à
regrouper des départements particulièrement
dissemblables(1).
Or, les charges territoriales lourdes,
voire supplémentaires, telle
la prise en charge de la voirie en
altitude, supportées par les
départements ruraux sont d’autant
plus pesantes que les territoires
sont peu peuplés.
(1) La densité de population est comprise
entre 14 habitants au km2 en Lozère, et
119 habitants au km2 dans le Calvados.
Les départements ayant une densité de
population inférieure à 50 sont les 24
départements bénéficiaires la DFM« ancienne formule », à l’exception de
l’Aude, auxquels s’ajoutent également
trois autres départements : l’Allier,
l’Aube, le Loir-et-Cher. Quant aux 40
départements nouvellement bénéficiaires
de la DFM, leur densité de population
se situe entre 47 (Allier) et 119
(Calvados). |
Nouvelles instances
de concertation
sur l’avenir des finances
publiques |
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Le décret du 5 mai 2006 prévoit, d’une
part, la réunion annuelle d’une Conférence
nationale des finances publiques, et d’autre
part, la création d’un Conseil d’orientation
des finances publiques.
Les travaux de la Conférence nationale
des finances locales(1), qui se réunira
chaque année, sont préparés et organisés
par le Conseil d’orientation des finances
publiques (2), qui remet un rapport chaque
année après l’adoption de la loi de finances
et de celle du financement de la
Sécurité sociale pour l’année, et avant la
Conférence nationale.
Ce Conseil d’orientation a pour mission
d’analyser la situation des finances
publiques en France, de formuler des
recommandations et propositions, de
respecter les objectifs de désendettement
et d’améliorer à la fois les règles de
gouvernance publique, mais aussi la
méthodologie des prévisions de recettes.
Le Conseil d’orientation se réunit au
moins deux fois par an, sur convocation
de son président (le Premier ministre).
(1) Composition : outre certaines personnes
qualifiées invitées, elle compte 52 membres
dont les représentants de l’Etat, des organismes
sociaux et du Parlement, le président du
Comité des finances locales, le président de la
Commission consultative sur l’évaluation des
charges, et les présidents des associations
d’élus (AMF, ADF, ARF), et deux autres élus
pour chaque association qui siégeront par
ailleurs au Conseil d’orientation.
(2) Composition : il est composé de 33 membres,
dont les représentants de l’Etat, du
Parlement et de six organismes sociaux déterminés,
le président du Comité des finances
locales, le président de la Commission consultative
sur l’évaluation des charges, deux représentants
par association désignés par les présidents
respectifs et trois personnalités choisies
par le Premier ministre, pour une durée de
trois ans, renouvelable une fois.
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