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Vie de l'ANEM - Réunion du massif du JURA

Sommaire du PLM 162

Un accroissement significatif des crédits au tourisme

De l’avis unanime des élus présents à Champagnole, le développement d’une économie touristique et de loisirs de qualité est une priorité pour le massif du Jura ; 70 % des crédits de la prochaine convention interrégionale de massif y seront consacrés (contre 40 % dans la convention 2000-2006).
Bernard Mamet, maire des Rousses, devait présenter les principales caractéristiques de l’offre touristique du massif du Jura, et avancer par ailleurs quelques propositions. On retiendra plus particulièrement celle consistant à promouvoir l’identité de la montagne du Jura.
Estimant nécessaire d’assurer une plus grande notoriété au massif, Bernard Mamet appelle de ses vœux la création, à l’initiative des trois comités départementaux du tourisme (Ain, Doubs, Jura), d’une marque « Montagne du Jura ».


Françoise Vespa : « Les services à la population
contribuent au dynamisme économique de nos territoires »

Maire de Saint-Laurent-en-Grandvaux, et membre de la commission permanente du Comité de massif, Françoise Vespa revient sur la question des services à la population.

PLM : En quoi les services à la population soutiennent-ils la vitalité économique des zones rurales et montagnardes ?
Françoise Vespa : La vitalité économique des zones rurales et de montagne repose sur les forces vives de ces territoires, et je pense tout particulièrement aux jeunes actifs. C’est pourquoi, des mesures incitatives doivent être prises en faveur de l’installation des jeunes ménages. Deux exemples pour illustrer mon propos.
En premier lieu, l’offre médicale : je constate que les jeunes exerçant une activité dans le secteur médical ou paramédical sont fortement attirés par la Suisse, aux salaires plus attractifs. Cela est préjudiciable aux zones frontalières.
Cette situation appelle une politique volontariste : des aides financières devraient faciliter la création de maisons médicales, afin d’encourager l’installation des jeunes praticiens.
S’agissant, en second lieu, des commerces de proximité, j’observe que leur activité est parfois dépendante du tourisme, cependant que la cession des entreprises n’est pas toujours aisée.
L’impératif est là encore de ne pas perdre les forces vives de notre territoire. En ce sens, deux propositions peuvent être avancées : la mise en place de standards communs de dépannage, notamment pour les artisans, et le maintien de points de service public dans les commerces, afin d’assurer leur pérennité.
PLM : Les services à la population relèvent aussi de la politique d’aménagement du territoire. A cet égard, quelles difficultés rencontre le massif du Jura, et quelles initiatives peuvent être prises pour y remédier ?
FV : Le maintien des services à la population contribue, en effet, au désenclavement de certaines zones de montagne. Ainsi, en matière de transport : si l’état des infrastructures et la gestion du déneigement sont plutôt satisfaisants, et si le réseau routier ne semble pas poser de problèmes majeurs, la demande d’un transport à la carte des particuliers est forte. Il convient d’y répondre.
En second lieu, l’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) doit être facilité dans la mesure où elles peuvent favoriser l’installation de petites entreprises ; que l’on songe par exemple au télétravail. Le problème est que les opérateurs n’équipent que les zones rentables, tandis que seul l’opérateur historique est aujourd’hui présent dans le
massif du Jura.


L’ouverture du massif du Jura à l’international

La réalité transfrontalière est forte dans le massif du Jura. Pour preuve, on trouve 16 000 frontaliers en région Franche-Comté. Aussi est-il prévu, par les programmes européens 2007-2013, de soutenir la coopération transfrontalière.
Déjà, deux projets significatifs, présentés par Jean-Gabriel Nast, président du parc naturel régional du Haut-Jura, ont été initiés par le massif du Jura.
Le premier, engagé avec la Finlande, dénommé « Du virtuel au naturel », consiste en la création d’une banque de données sur l’offre touristique du Jura et de la Finlande, pour un coût de 248 000 euros.
Le second, intitulé « Mapemonde», associe le territoire des Dolomites, notamment la ville de Cortina d’Ampezzo. Il a pour objet la mise en valeur touristique, pour un coût de 545 000 euros.
Les réalisations rapportées révèlent que l’existence de bonnes relations transfrontalières ne repose pas nécessairement sur la proximité géographique des partenaires. Il est par exemple difficile, ainsi que le relevait Jean-Gabriel Nast, de monter des projets avec la Suisse.
Dans ces conditions, il peut paraître opportun de privilégier la voie de la coopération transnationale.


Pierre-Henry Pagnier :
« La valorisation de l’agriculture de montagne
bénéficiera à l’ensemble de l’économie du massif du Jura »

Exploitant agricole, Pierre-Henry Pagnier, 35 ans, est président de l’Association régionale du développement agricole et rural du massif du Jura (ARDAR), et membre de la commission permanente du comité de massif.

PLM : Quelles sont les caractéristiques des exploitations agricoles du massif du Jura ?
Pierre-Henry Pagnier : Globalement, l’agriculture dans le massif du Jura a de nombreux atouts. Elle a su, en particulier, tirer profit des quatre AOC laitières que sont le comté, le morbier, le mont-d’or, et le bleu de Gex.
Pour autant, d’un point de vue géographique, la situation est contrastée : on trouve, au nord, des exploitations laitières, essentiellement familiales ; en revanche, on assiste dans le sud (Haut-Jura et Ain) à une certaine désertification des zones agricoles.
PLM : Comment, selon vous, valoriser l’agriculture de montagne ?
PHP : Il conviendrait d’encourager la diversification de la production agricole, concentrée sur la production laitière.
L’ARDAR souhaite une filière viande sous dénomination «montagne », et œuvre en ce sens depuis un an. Les pouvoirs publics encouragent cette initiative, mais les industriels, chargés de la collecte et de la transformation du produit, sont encore réticents.
PLM : Vous estimez qu’il est nécessaire de préserver un paysage ouvert et de qualité. Qu’entendez-vous par là ?
PHP : Le massif du Jura offre un paysage caractérisé par une alternance de zones ouvertes et de zones boisées. De plus, l’accessibilité à ce paysage est grande (à pied, VTT, ou raquettes). Compte tenu de ces atouts, l’agriculture a un rôle à jouer pour maintenir la zone ouverte accueillante, valoriser le territoire et, ce faisant, soutenir le tourisme. Parmi les réalisations concrètes, on peut relever le Contrat de progrès pastoralisme, dont l’objet est de permettre l’occupation des estives.

 

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