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Dossier "Environnement"
Sommaire du PLM 158
| Les territoires de montagne
face au réchauffement
climatique |
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Sans établir pour l’instant avec
certitude la part du facteur
humain, les études scientifiques
en matière de climatologie ne
laissent désormais plus aucun
doute sur l’existence d’un
réchauffement notable de
l’atmosphère au cours des
cinquante dernières années. La
perturbation des précipitations
et la fonte des glaciers faisant
partie des manifestations
principales de ce réchauffement,
les territoires de montagne sont
particulièrement exposés, alors
même que les activités qui s’y
développent ne contribuent
pour ainsi dire pas au
phénomène. Le présent dossier
vise à mettre en lumière les
aspects par lesquels les élus des
collectivités montagnardes
pourraient se trouver impliqués.
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Constat
Des effets déjà perceptibles |
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Observé scientifiquement en tant que tel depuis une vingtaine
d’années à peine, le réchauffement climatique s’appuie sur
quelques certitudes désormais irréfutables.
La création du GIEC (groupe
d’experts intergouvernemental
sur l’évolution du climat)
remonte à 1988. Celui-ci constitue
un observatoire impartial de
l’ensemble des connaissances et
données objectives disponibles
relatives aux évolutions climatiques
et à la quantification des
gaz à effet de serre.
Son troisième rapport, rendu en
2001, établit un état des lieux en
cinq points, unanimement
acceptés, qui
conditionnent les négociations
internationales
en la matière.
En premier lieu, il est
acquis que les concentrations
de gaz carbonique
dans l’atmosphère
atteignent aujourd’hui
des niveaux jamais
vus depuis 420 000 ans
et évoluent depuis deux
siècles à une vitesse
jamais enregistrée depuis
20 000 ans. Cellesci
n’avaient oscillé
qu’entre 200 et 290
ppm (partie par million,
unité de concentration
en volume dans l’atmosphère)
durant les
420 000 dernières années,
et ont grimpé depuis la
moitié du XVIIIe siècle à plus de
360 ppm.
La température moyenne et globale
de l’atmosphère a connu une progression de plus d’un
demi-degré en un siècle. Et on
s’attend à ce qu’elle augmente
encore entre 1,4 °C à 5,8 °C d’ici
2100. C’est cent fois plus que les
variations naturellement imprimées
au climat de la terre à la
suite des glaciations.
L’homme responsable
au moins pour moitié
Une partie de ce réchauffement
n’est pas maîtrisable car il relève(entre le tiers et la moitié) des
fonctionnements biophysiques
planétaires. Tout le reste dépend
directement des politiques qui
seront adoptées en matière de maîtrise d’énergie ou d’environnement.
On sait désormais avec une
quasi-certitude (de 90 à 99 % de
probabilité) que le dérèglement climatique provoquera des
vagues de chaleur plus longues
et plus intenses, avec une élévation
particulière des températures
nocturnes, de même que les
précipitations seront de plus en
plus fortes, et surtout de plus en
plus variables d’une année sur
l’autre, en particulier dans les
latitudes moyennes. Dans une
période récente, de nombreux événements météorologiques
(tempêtes, inondations, vagues
de chaleur…) ou de fortes perturbations
des écosystèmes (floraisons,
migrations…) sont venus
corroborer ces affirmations.
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L’intégration
du réchauffement
climatique
dans la PRÉVENTION
DES RISQUES |
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Une étude universitaire effectuée l’an dernier pour le compte de
l’Institut polaire international, basé à Bruxelles, souligne qu’il n’existe
pas en France, à l’heure actuelle, de prise en compte du facteur « réchauffement climatique » par les autorités et documents impliqués
dans la prévention des risques naturels majeurs. Ainsi, qu’il s’agisse du
Bureau des risques géologiques et miniers (BRGM), des directions régionales
de l’environnement (DIREN, chargées de cartographier le risque
inondation et de centraliser la cartographie des aléas), des directions
départementales de l’équipement (DDE, qui intègrent la cartographie
des risques dans les documents d’urbanisme), ou des préfectures chargées
de la tenue du dossier départemental des risques majeurs (DDRM),
aucune étude ou intégration du phénomène n’est entreprise. Seul, le service
de restauration des terrains en montagne (RTM) en tient indirectement
compte en constatant les manifestations dans les relevés effectués
lors de l’élaboration des plans de prévention des risques (PPR).
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| Le milieu montagnard
en PREMIÈRE LIGNE |
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Le réchauffement constaté de l’atmosphère produira des modifications du fonctionnement
des écosystèmes montagneux. S’ils sont clairement identifiés, il est
encore bien difficile aujourd’hui de les quantifier.
Avec la perturbation des précipitations, c’est en premier lieu le cycle de l’eau
qui sera touché. Ainsi, la réduction de la couverture neigeuse est associée à
l’augmentation moyenne des températures minimales, tandis que l’on note un
accroissement du taux d’humidité dans les zones où augmentent les maximales.
Un réchauffement de l’air de 2°C correspond ainsi à un accroissement de
15 % du taux d’humidité. Le recul des glaciers reste probablement l’indicateur
le plus parlant, faisant la démonstration que la montagne est au premier rang
des modifications hydrologiques annoncées.
La végétation et la biodiversité devraient également évoluer pour s’adapter à
ces changements perceptibles (cycles végétatifs plus longs, modification des
ressources naturelles alimentaires disponibles…).
Enfin, la survenance des risques naturels traditionnels en montagne devrait
s’accroître, notamment les crues torrentielles et les avalanches, mais aussi les
vidanges de lacs glaciaires ou les chutes de séracs (blocs de glace se formant
sur les ruptures de pente d’un glacier), même si pour l’instant aucun lien direct
n’a pu être formellement établi entre les dernières catastrophes enregistrées et
le phénomène global du réchauffement climatique. |
Le plan climat
Rien pour
la montagne? |
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S’adressant prioritairement à l’écocitoyen, le plan climat, adopté
en juillet 2004, pour remplir les objectifs de réduction des gaz à
effet de serre souscrits dans le cadre du protocole de Kyoto, comporte
peu de mesures s’adressant aux collectivités. Certaines sont
toutefois à souligner.
En signant le protocole de Kyoto
en 1997, la France s’est engagée
à ramener d’ici 2010 ses émissions
de gaz à effet de serre à
leur niveau de 1990. Le plan climat
fait figure de plan d’action
pour y parvenir.
S’adressant prioritairement à
l’écocitoyen, le plan climatadopté en juillet 2004 rassemble
des mesures dans l’ensemble des
secteurs de l’économie et de la
vie quotidienne en vue de
gagner 54 millions de tonnes
d’équivalent CO2 par an à l’horizon
2010.
Des mesures incitatives
et disparates
Ces mesures, de nature incitative
pour la plupart, peuvent sembler
disparates, puisqu’elles comprennent
aussi bien la journée
d’action « En ville sans ma voiture », l’incorporation à hauteur
de 5,75 % de biocarburant d’ici
2010 dans les carburants, le
développement des énergies
renouvelables, l’obligation d’une « étiquette énergie » sur les véhicules
mis en vente, induisant un
bonus-malus sur leur valeur marchande,
ou encore l’institution à
compter de 2006 d’un diagnostic
de performance énergétique
préalable à toute vente ou location
immobilière…
S’agissant des secteurs économiques,
le plan comprend principalement
la mise en place
d’un marché de quotas d’émission
de carbone, afin de permettre
une amélioration des processus
industriels, ou encore l’amélioration
des pratiques agricoles
vertueuses, mais aussi sylvicoles,
les forêts faisant fonction de
puits de carbone.
Dans ce programme, les collectivités
sont concernées sur deux
aspects. D’une part, elles auront
la possibilité d’exonérer de taxe
foncière pendant deux à six ans
les propriétaires effectuant des
travaux d’amélioration de leur « étiquette énergie ». D’autre part,
elles seront incitées à mettre en
place des « plans climats territoriaux » se rattachant le cas échéant aux Agenda 21 locaux
préexistants.
Appel au volontariat
des collectivités
Les collectivités locales sont
appelées à prendre des initiatives
pour contribuer à atteindre les
objectifs affichés par le plan,
sans que pour autant des moyens
particuliers, notamment financiers,
ne leur soient affectés.
Un premier bilan dressé en
novembre dernier montre que le
dispositif envisagé permettra
d’atteindre l’objectif assigné,
même si les tendances de
consommation énergétique restent
inquiétantes, en particulier
dans les secteurs du bâtiment et
des transports.
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Gaz à
effet de serre
Comment opère
le réchauffement |
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Les gaz à effet
de serre ne sont pas exclusivement issus de la pollution. D’ailleurs,
leur présence est indispensable pour rendre la planète habitable.
Mais l’accroissement inquiétant de leur volume est lié au développement
des activités industrielles.
La température moyenne de la
planète correspond au solde de
l’échange entre le flux de rayonnements
qui lui parvient du
soleil et celui des infrarouges
qu’elle renvoie vers l’espace.
Dans cet échange, les particules
de certains gaz assurent la même
fonction que les vitres d’une
serre en interceptant une partie
des rayons infrarouges et en
démultipliant leur réflection. Ils
contribuent à l’élévation globale
de la température de l’atmosphère
pour la porter à une
moyenne globale de 15°C, alors
que sans eux elle n’atteindrait
que - 18 °C.
Le dioxyde de carbone
de loin le plus abondant
Si certains de ces gaz responsables
de l’effet de serre sont présents
dans l’atmosphère depuis
bien avant l’apparition de
l’homme, le gaz carbonique
(CO2), l’ozone ou le méthane
notamment, les activités humaines, à compter de l’ère industrielle,
ont provoqué un accroissement
exponentiel de leur
volume, et en ont généré de plus
complexes, tels que les HCFC ou
les CFC (hydro et chlorofluorocarbures),
destructeurs de la
couche d’ozone. De tous, le
dioxyde de carbone reste le plus
abondant, et les scientifiques
estiment que sa concentration
dans l’atmosphère a augmenté
de 30 % depuis l’ère préindustrielle,
sur une augmentation
globale des gaz à effet de serre
de 50 % sur la même période.
En France, les émissions de gaz à
effet de serre ont représenté
562,6 millions de tonnes équivalent
CO2 en 2004, soit 0,8 % de
moins que celles de 1990, mais
leur volume global au niveau
planétaire continue de croître. |
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