« Pour une Europe audacieuse
envers la montagne »
Le Parlement de Strasbourg a rejeté le compromis laborieux et
austère auquel étaient parvenus les chefs d’Etat et de
gouvernement en décembre dernier sur les perspectives
financières de l’Union jusqu’en 2013. Les députés européens
ont bien eu raison de souligner, par leur censure, l’absence
flagrante d’ambition. Elles déçoivent en effet, tant par leur net
retrait par rapport aux actions engagées, que par leur
décalage au regard des enjeux et des attentes exprimés,
notamment par les nouveaux Etats membres.
Les négociations interinstitutionnelles qui se sont engagées
ne remettront certes pas substantiellement en cause
l’économie générale du compromis de décembre. Mais les
quelques milliards d’euros supplémentaires qui devraient
pouvoir être arrachés n’en seront pas moins les bienvenus.
C’est donc dans un contexte globalement à la baisse, et par
conséquent plus concurrentiel, que la montagne devra
défendre sa place dans les années à venir au sein des
politiques de l’Union européenne. Et si l’agriculture de
montagne semble jusqu’ici plutôt épargnée, il apparaît de
plus en plus clairement qu’elle risque de ne plus suffire à
maintenir nos territoires vivants et qu’une action affirmée de
développement rural à leur égard est indispensable.
C’est donc tout l’enjeu de la définition des programmes
opérationnels et des conventions interrégionales
de massif qui constitueront les chantiers majeurs
de l’année à venir et auquel les élus de la
montagne devraient une fois de plus répondre.
François Brottes,
député de l’Isère,
président de l’ANEM.