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La réunion du groupe national
loup du 13 décembre 2005 a dressé un inquiétant constat d’échec du protocole d’enlèvement au regard de la progression
des prédations. Les enseignements en seront tirés pour que le protocole 2006 soit plus opérationnel.
Le bilan de l’estive 2005 fait
apparaître une augmentation
spectaculaire du nombre d’attaques
(+44%) et du nombre de
victimes (+31%), principalement
sur le nord des Alpes (Savoie, et
surtout Haute-Savoie). L’augmentation
des prédations est également
notable sur la Drôme et
les Alpes-de-Haute-Provence,
tandis que l’Office national de la
chasse et de la faune sauvage
(ONCFS) considère qu’on peut
parler d’une baisse relative dans
les Hautes-Alpes (ce que contestent
les éleveurs…).
Au total, cela soulève la question
des limites des mesures de
protection des troupeaux,
sachant que la mesure «T » qui
les finance est correctement utilisée
(puisqu’en moyenne elle
finance un tiers des éleveurs en
moyens de prévention), et qu’au-delà,
on estime à 80 % le taux
d’éleveurs au contact du loup
munis d’au moins un moyen de
protection.
Le protocole d’enlèvement
2005 se solde donc par un échec. En effet, ses termes n’ont,
souvent, pas pu être appliqués
en raison de contentieux. Ceux-ci
ont fréquemment donné lieu à la suspension en référé des
arrêtés d’autorisation de tir, en
général pour des vices de forme.
Une opérationnalité à parfaire
Cet activisme judiciaire est principalement
le fait de la Société
protectrice des animaux (SPA)
au niveau national, les associations
environnementales et
France Nature Environnement (FNE) s’étant engagées à n’attaquer
aucune décision prise en
application du protocole. Une
analyse des causes juridiques de
cette inopérabilité a été présentée
aux membres du groupe
national.
Il en ressort que plusieurs termes
de l’arrêté interministériel
ou du protocole
sont ambigus, toutes les
ouvertures qui avaient été prévues pour que
les modalités les plus
adaptées soient arrêtées
sur le plan local, se sont
révélées des causes de
blocage opérantes
devant la justice. Les
membres du groupe se
sont accordés sur l’objectif
pour l’an prochain
de remédier à ces dysfonctionnements.
Toutefois, la question de
la régulation, soulevée par
Michel Bouvard, représentant
des élus de la montagne au sein
du groupe national, n’est toujours
pas à l’ordre du jour. Le
ministère a confirmé que la
priorité du protocole 2006 sera
d’être pleinement opérationnel
afin d’apporter les solutions efficaces
aux situations de crise
constatées localement. Il n’y
aura donc mention d’aucun
effectif global de loups à atteindre
et/ou à contenir.
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